Visite du Pape en Algérie : Le printemps de la fraternité
L’histoire s’écrit parfois en silence, avant de briller sous les projecteurs de la diplomatie mondiale. La visite attendue en Algérie les 13, 14 et 15 avril 2026 du Pape Léon XIV devrait transformer un respect mutuel de longue date entre Alger et le Vatican en un événement planétaire : la première visite d’un Souverain Pontife sur la terre d’Algérie indépendante. Elle est perçue par les autorités des deux Etats comme un catalyseur majeur pour le dialogue interreligieux et la tolérance. Une commission été mise en place par le président de la république Abdelmadjid Tebboune pour préparer cette visite, témoignant de toute la considération qu’il accorde à cet auguste hôte de l’Algérie.
L’arrivée du Pape Léon XIV à Alger n’est pas qu’une simple visite d’État. Ce sera un acte de courage politique et spirituel qui viendra percuter de plein fouet les discours de repli et de haine qui saturent trop souvent l’espace médiatique méditerranéen notamment en France. Le Pape Léon XIV a lui-même déclaré que ce voyage s’inscrit dans une volonté de « poursuivre le dialogue et de tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman ». En choisissant l’Algérie comme première étape de sa tournée africaine, il envoie un signal fort : l’Islam et le Christianisme peuvent coexister dans un respect mutuel profond.
A Annaba où il compte s’y rendre durant son séjour algérien, le Pape ne vient pas en étranger. Il viendra saluer la mémoire d’un fils du pays, Saint Augustin, dont la pensée universelle irrigue encore aujourd’hui la philosophie et la théologie mondiale. En honorant ce Berbère devenu Père de l’Église, Léon XIV rappelle au monde une vérité souvent oubliée : l’Algérie n’est pas à la périphérie de l’histoire de la pensée, elle en est l’un des berceaux. Et comme l’a souligné le souverain pontife, Saint Augustin est respecté en Algérie en tant qu’enfant de la patrie. Ce socle historique commun facilite un dialogue basé sur l’identité et l’histoire plutôt que sur les seules différences dogmatiques.
A contrario, certaines voix, notamment au sein de l’extrême droite en France, s’évertuent à présenter l’Islam et l’Algérie comme des entités imperméables à l’altérité, cette visite offre un démenti cinglant. C’est aussi une preuve que le « vivre-ensemble en paix », prôné par la diplomatie algérienne à l’ONU, n’est pas un slogan creux, mais une réalité vécue.
Dans un monde numérique saturé de stéréotypes où l’Algérie est trop souvent réduite à des clichés migratoires ou sécuritaires par certains médias étrangers, voir le leader spirituel de 1,3 milliard de catholiques rendre hommage à la terre de leurs ancêtres est un puissant vecteur de fierté nationale. Ce voyage rappelle aux jeunes Algériens que leur pays est une terre de rayonnement intellectuel et spirituel — celle de Saint Augustin — et non une enclave isolée. En brisant l’isolement symbolique, le Pape Léon XIV offre aux nouvelles générations une fenêtre ouverte sur le monde, prouvant que l’identité algérienne, fière de sa foi musulmane, est assez solide et sereine pour dialoguer d’égale à égale avec l’universel. C’est un message d’espoir qui dit : « Votre histoire appartient au patrimoine de l’humanité, et le monde vous regarde avec respect.
Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, cet axe Alger-Vatican devient un pôle de stabilité. Léon XIV et le président Abdelmadjid Tebboune partagent une vision commune : celle d’une Méditerranée qui redeviendrait un lac de paix et non un cimetière ou une frontière infranchissable.
Cet événement est une invitation à changer de regard. Il nous rappelle que la religion, lorsqu’elle est portée par la sagesse et le respect, n’est pas un mur, mais un pont. En avril prochain, Alger ne sera pas seulement la capitale de l’Algérie, elle sera, le temps d’une visite, la capitale mondiale de la tolérance.
Il appartient désormais à chacun, sur les deux rives, de faire fructifier cet héritage pour que le message de paix de Léon XIV ne soit pas un instant éphémère, mais le début d’une nouvelle ère de compréhension mutuelle qui commencera le printemps prochain.