Intempéries: Les indemnisations en hausse
Les intempéries frappent fort les chantiers du secteur des BTPH (bâtiment, travaux publics, hydraulique). La Caisse nationale des congés payés et du chômage-intempéries (CACOBATPH) a enregistré plus de 2 500 arrêts de chantiers entre le 1er janvier et le 15 février 2025, contre 1 400 sur la même période en 2024. C’est ce qu’a fait savoir , ce mercredi, Mounia Sihem Benyounès, directrice centrale à la CACOBATPH.
Cette augmentation s’est traduite par le versement de 121 millions de dinars sur la période janvier-février 2025, contre 58 millions pour la même période en 2024, ce qui constitue une très forte hausse, selon la même responsable. Les interruptions de chantiers ont ainsi entraîné une augmentation des compensations versées aux employeurs pour les salaires des employés affectés. Mme Benyounès a aussi dévoilé le fait que le secteur du bâtiment reste le plus concerné, représentant 75 % du portefeuille de la caisse, suivi des travaux publics (4 %) et de l’hydraulique (2 à 3 %).
La durée des arrêts varie, a-t-elle indiqué, en fonction de la gravité des intempéries, allant de quelques jours à près de dix jours, et l’employeur dispose de 48 heures en vue de déclarer la situation afin de bénéficier de l’indemnisation. Par ailleurs, « les salariés doivent généralement justifier de 200 heures de travail dans le secteur », a-t-elle ajouté sur les ondes de la Radio nationale.
L’intervenante a aussi rappelé que la mission de la CACOBATPH est d’indemniser les employeurs lorsque les chantiers sont arrêtés pour cause d’intempéries – pluie, vent violent, neige, sable ou canicule – tout en assurant « le maintien de 75 % des salaires ». « Si les déclarations sont systématiques pour la pluie, la Caisse note encore une sous-déclaration pour la canicule », a fait savoir l’intervenante.
Elle a souligné que pour y remédier, des campagnes de sensibilisation annuelles sont menées auprès des employeurs, combinant actions de terrain et communication sur les avantages de la déclaration, dans le cadre de la norme ISO relative à la santé et la sécurité au travail.
Il convient de noter que la CACOBATPH a, de nouveau, obtenu en ce mois de février trois nouvelles certifications ISO : 45001 (santé et sécurité), 9001 (management de la qualité) et 14001 (environnement).
La numérisation constitue un autre axe majeur de modernisation. Selon Mme Benyounès, le portail TASRIHAT-COM permet aux employeurs de télé-déclarer leurs arrêts de chantier, transmettre leurs dossiers et percevoir les indemnités de chômage-intempéries, rendant le processus entièrement digital et sécurisé. De plus, un système de prélèvement automatique des cotisations a été mis en place en partenariat avec la Banque de développement local (BDL), offrant, selon ses propres termes, aux employeurs rapidité, transparence et sécurité des transactions.
Les contrôles sur les chantiers restent essentiels. La directrice a avancé que les inspecteurs de la CACOBATPH effectuent des visites programmées et inopinées, vérifiant la conformité des déclarations et des salaires. Au regard de ses observations, les indemnisations, à la fois élevées et rapides, témoignent de l’impact concret des changements climatiques sur le secteur économique et de l’importance de la CACOBATPH dans le soutien aux employeurs et aux salariés du BTPH.