Algérie – Niger : Un nouveau souffle
Soutenu par le projet de gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures.
Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. transsaharien (TSGP), le regain de complicité diplomatique entre Alger et Niamey agit sur plusieurs fronts, à commencer par le contrôle sécuritaire renforcé, le développement économique et la solidarité régionale. C’est ce qu’a indiqué l’expert en géopolitique et en géoéconomie Arslane Chikhaoui, commentant la visite du président nigérien, Abdourahamane Tiani, en Algérie, marquant le début d’une nouvelle ère de coopération entre les deux pays.
L’analyste Arslane Chikhaoui a affirmé que ce déplacement « de travail et d’amitié » traduit indubitablement une volonté politique fermement établie de hisser la coopération bilatérale à un niveau supérieur et de consolider la confiance entre les deux Etats. « Cette confiance renouvelée constitue, d’ores et déjà, le socle du retour des relations algéro-nigériennes à la normale », a-t-il renchéri dans une intervention à la Radio nationale.
Au regard de ses observations, les deux pays n’avaient d’autre choix que de s’entendre, en vue d’éviter l’exploitation par certains pays extra-africains de « maintenir le continent dans une situation de sous-développement extrême ». « Si certains Etats développés ont instauré des aides au développement, l’Algérie, quant à elle, a opté pour la solidarité dans le cadre du bon voisinage », a-t-il poursuivi. Cette approche permettrait, selon lui, de stabiliser, dans une certaine mesure, la zone de l’ouest du Niger (épicentre de violence et d’insécurité au Sahel), en particulier la région des trois frontières (Niger, Mali, Burkina Faso).
Dans le même registre, l’intervenant a tenu à relever que les deux chefs d’Etat avaient réitéré leur attachement aux principes fondamentaux de « non-alignement » régissant les rapports bilatéraux, notamment en ce qui concerne le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures, outre l’impératif de faire preuve de solidarité face aux menaces communes. Il a expliqué que ces notions, « héritées de l’histoire diplomatique algérienne et du non-alignement, demeurent structurantes dans la doctrine régionale ».
Revenant en détail sur la situation régionale, l’intervenant a considéré que ce rapprochement possède une portée symbolique et stratégique majeure pour l’ensemble du Sahel. Il a, à cet égard, rappelé que les crises politico-militaires et les conflits de faible intensité avaient fragilisé l’espace sahélo-saharien, alimentant, subséquemment, un climat d’incertitude sécuritaire.
Dans ce contexte tendu, la reprise de la coopération algéro-nigérienne contribuera, de son point de vue, à « réduire les risques d’instabilité et à contenir les menaces transfrontalières, surtout dans les zones du Sud-Ouest nigérien soumises à de fortes pressions sécuritaires ». Sur la même lancée, l’expert n’a pas manqué de souligner la nécessité impérieuse d’articuler « développement économique et sécurité », dans le but de lutter, de manière optimale, contre le terrorisme, le narcotrafic, les trafics d’êtres humains et d’armes, en sus des migrations irrégulières. Il a, en ce sens, soutenu que l’absence de stabilité freinait le développement, tandis que le sous-développement favorisait l’extension de l’instabilité et l’augmentation des flux migratoires vers les pays voisins et vers l’Europe, tout en rappelant que l’immigration intra-africaine est bien plus importante (80 %).
Sur le même volet, Arslane Chikhaoui a mis en exergue le rôle pivot de l’Algérie en tant qu’acteur central de stabilisation dans l’espace sahélien. Ce positionnement repose, a-t-il expliqué, sur une « diplomatie de proximité », autour de dimensions économique, énergétique et minière, venant favoriser l’approche globale du pays dans la région. « Cette stratégie consiste à préserver un espace d’intérêts communs face aux influences d’acteurs extrarégionaux et s’inscrirait dans une vision de stabilité durable pour la région sahélo-saharienne », a-t-il relevé.
Par ailleurs, l’intervenant a évoqué la relance du projet de gazoduc transsaharien (TSGP), qu’il considère comme un levier structurant du partenariat économique et énergétique entre les deux pays. Soutenu par le Groupe Sonatrach, ce projet prévoit d’acheminer le gaz du Nigeria vers l’Europe via le Niger et l’Algérie. Ce pipeline s’étend sur plus de 4 000 kilomètres, constituant l’un des projets énergétiques majeurs reliant l’Afrique au marché européen. « Par ce projet, l’Afrique se prend en charge », a-t-il affirmé. « Ce projet dépasse la seule dimension énergétique pour devenir un outil de stabilisation territoriale, grâce à la création d’emplois locaux et au développement économique des zones frontalières, historiquement considérées comme des espaces naturels d’échanges humains et commerciaux », a-t-il ajouté. M. Chikhaoui a précisé que le Niger pourrait bénéficier directement du projet par l’entremise des redevances financières ou des services écosystémiques, représentant un investissement durable pour son économie.
Cette approche, a-t-il estimé, s’éloigne des anciennes logiques d’exploitation, au bénéfice d’un partenariat présenté comme « équilibré et mutuellement avantageux ». Au demeurant, ce projet, a-t-il indiqué, renforce la position de l’Algérie comme acteur énergétique incontournable et comme passerelle stratégique entre l’Afrique et l’Europe. L’analyste est d’avis qu’au-delà du retour sur investissement économique, ce projet illustre une vision concrète de coopération africaine, reflétant la capacité du continent à répondre, de manière autonome, à ses défis économiques et géopolitiques.