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Tunisie : Cinq partis d’opposition manifestent contre Kaïs Saïed

Tunisie : Cinq partis d’opposition manifestent contre Kaïs Saïed

Cinq partis d’opposition ont organisé le 4 juin un rassemblement de protestation devant le siège de l’L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (Isie) dans le cadre du lancement d’une « Campagne nationale contre le référendum ».  Cette action a été initiée par cinq partis politiques  à savoir Attayar, Al Qotb, Ettakatol, Al Joumhouri et le Parti des travailleurs, gravitant dans la mouvance de la gauche tunisienne.

Des figures de la scène politique tunisienne comme Hamma Hammami SG du Parti des Travailleurs, Ghazi Chaouachi, secrétaire général d’Attayar et Riadh Ben Fadhel, coordinateur d’Al Qotb étaient  présentes à cette manifestation.

La police a empêché ce rassemblement action en déployant un renfort important autour du siège de l’instance de surveillance des élections et a interdit l’accès aux lieux en plaçant des barrières métalliques. Les quelques militants ayant pu braver le dispositif ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes.

Pour les représentants de ces partis, il s’agit d’une agression caractérisée contre les libertés politiques car selon le représentant du parti Al Joumhouri, une demande de manifester avait été introduite auprès du ministère de l’intérieur qui a délivré une autorisation.
Certains participants à la manifestation ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire “Commission du président = Commission de la fraude”.

“La police (…) a utilisé des gaz lacrymogènes contre nous et nous a attaqués”, a déclaré le porte-parole du parti des Travailleurs tunisiens, Hamma Hammami.

Samedi 4 juin marque aussi le début du “dialogue national” organisé par le président pour élaborer la nouvelle Constitution. Il est boycotté par l’opposition, dont la puissante organisation syndicale UGTT, qui estime que des acteurs clés de la société civile et les partis politiques en sont exclus.

Il convient de signaler que l’Isie, dont le président a été nommé par M. Saied lui-même, avait commencé une campagne de sensibilisation au vote et a appelé les tunisiens à s’inscrire sur les listes électorales à partir du 3 juin, officiellement, mais les citoyens tunisiens ont commencé à recevoir des SMS les invitant de valider leur inscription au registre électoral à partir du 1er juin.

A côté des mairies et préfectures, des jeunes en tuniques rouges, couleur de l’emblème tunisien, invitent les citoyens à s’inscrire et les aident à le faire.

« Après le vote du calendrier du référendum lors de la réunion du conseil de l’instance, la période de pré-campagne débute ce 3 juin 2022 », avait annoncé l’Isie dans un communiqué émis ce vendredi. « Il est donc impératif d’appliquer les règles codifiées dans la loi électorale et surtout les articles : 57, 58, 152 et 172 » peut-on lire dans le texte.

L’Isie appelle à arrêter toute propagande politique exprimée sur tout support médiatique, vouée à diriger l’opinion publique vers un parti ou une personne, et ce dans les lieux publics et privés. En d’autres termes, les autorités tunisiennes se préparent à sévèrement à punir ceux qui appellent au boycott du référendum.

Un des griefs retenus contre l’Isie, qui jouait le rôle de garant de la transparence des élections, est le remplacement de son président par Kaïs Saïed en mai et une remise en cause de ce dernier de son caractère indépendant. Des membres de cette instance seront désormais nommés par le palais de Carthage.

Le 22 avril, M. Saied s’est arrogé le pouvoir de nommer trois des sept membres de l’Isie, dont le président. Le 9 mai, il a nommé Farouk Bouasker, ancien membre de l’Isie, président de cette instance en remplacement de Nabil Baffoun, qui avait critiqué le coup de force de juillet 2021.

Le référendum, qui aura lieu le 25 juillet prochain, promet une refonte de la constitution tunisienne et l’instauration de nouveaux mécanismes de démocratie directe promet le Président Saïed. Depuis le 25 juillet 2021, Kais Saied, assurant agir dans l’intérêt de la Tunisie face aux blocages politico-économiques, concentre tous les pouvoirs et dirige le pays par décret-loi, faisant craindre une dérive autocratique dans le berceau du Printemps arabe de 2011.

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