Système pédagogique et social : Le SATEF réclame une réforme profonde
Le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), réuni en Conseil national extraordinaire les 13 et 14 février à Tipasa, a dressé une plateforme de revendications articulée autour de quatre dossiers majeurs. Au centre des propositions, figure l’exigence d’une réforme en profondeur du système éducatif, avec notamment l’actualisation des manuels scolaires tous les cinq ans.
Pour le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, toute réforme crédible du système éducatif doit s’appuyer sur une révision régulière et méthodique des programmes d’enseignement, en adéquation avec les évolutions scientifiques et technologiques.
Selon lui, les dernières réformes ont mis en évidence un décalage entre les orientations annoncées et la réalité observée sur le terrain. Le SATEF estime que la modernisation du système éducatif passe impérativement par la production d’un contenu pédagogique national, adapté aux spécificités culturelles, sociales et économiques du pays, plutôt que par la transposition de modèles étrangers jugés inadaptés.
Le syndicat plaide également pour l’élaboration de programmes favorisant le développement de l’esprit critique, des capacités d’analyse et de résolution de problèmes chez les élèves, afin de mieux préparer les générations futures aux mutations du monde contemporain.
Parmi les propositions avancées figure la mise à jour des contenus des manuels scolaires tous les cinq ans, afin d’assurer leur pertinence et leur cohérence avec la réalité vécue par les élèves. Le SATEF appelle également à un allègement des programmes, estimant que leur densité actuelle pèse sur la qualité des apprentissages.
Le syndicat recommande par ailleurs une révision des rythmes scolaires ainsi qu’une réforme approfondie du système de formation des enseignants, considérés comme le socle fondamental de la qualité de l’enseignement. Il préconise l’instauration d’un système d’évaluation « efficace », fondé sur des critères objectifs permettant de mesurer réellement les acquis des élèves et d’apprécier leur niveau de maîtrise.
Sur le plan syndical, le Conseil a plaidé pour la révision de la loi 23-02 relative à l’exercice du droit syndical. Le SATEF estime que ce texte doit être amendé afin de garantir une action syndicale plus efficace et une protection réelle des représentants des travailleurs.
Le syndicat a également exprimé son soutien à la structuration de la Confédération des syndicats algériens au niveau des wilayas, dans le but de coordonner les actions et de renforcer la défense des droits socioprofessionnels des travailleurs.
Le volet social occupe une place importante dans la plateforme adoptée. Le SATEF appelle à la révision de la grille salariale à travers la modification du décret exécutif 07-304 et à une revalorisation substantielle de la valeur du point indiciaire, en proposant son relèvement à 120 DA au lieu de 45 DA actuellement.
Le syndicat réclame également la révision du régime indemnitaire propre aux corps de l’éducation, la revalorisation des primes et indemnités ainsi que l’augmentation des allocations familiales, inchangées depuis plusieurs années.
Il demande en outre l’intégration des corps communs du secteur de l’éducation, l’ouverture des statuts particuliers et la révision des régimes indemnitaires des ouvriers professionnels et des personnels des corps communs, afin d’améliorer leurs conditions de vie.
Statut particulier, médecine du travail et lutte contre la violence
Le Conseil national extraordinaire a insisté sur l’accélération des amendements du statut particulier des travailleurs de l’éducation, notamment pour les corps des services économiques et de l’encadrement pédagogique, en ouvrant des perspectives de promotion et en valorisant les diplômes.
Le syndicat appelle également à l’intégration des conseillers d’éducation issus du corps de l’encadrement en qualité de directeurs de collège, par la modification de l’article 158 du statut particulier.
Par ailleurs, la création de centres de médecine du travail figure parmi les revendications prioritaires, afin de prévenir les accidents et les maladies professionnelles et d’assurer une meilleure protection des personnels.
Concernant la violence en milieu scolaire, le SATEF a renouvelé son appel à l’adoption de mesures dissuasives protégeant les enseignants à l’intérieur des établissements éducatifs.
Enfin, le syndicat demande la révision des modalités de gestion des œuvres sociales, estimant que ces fonds nécessitent davantage de transparence et de contrôle. Il propose la mise en place de mécanismes alternatifs garantissant une gestion rationnelle et permettant aux travailleurs ainsi qu’aux organes de contrôle de s’assurer de la conformité des dépenses aux objectifs sociaux assignés.