«Étudiez en Algérie» : Le pari international de Baddari
Après une première promotion jugée concluante, le ministère de l’Enseignement supérieur s’apprête à lancer une nouvelle vague d’inscriptions d’étudiants étrangers hors système de bourse. L’objectif est de renforcer l’attractivité des universités algériennes et générer des retombées financières durables.
L’Algérie veut faire de son université un pôle d’attraction régional et international. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, devrait présenter, dimanche prochain, le bilan détaillé de la première promotion du programme « Étudiez en Algérie », un dispositif permettant à des étudiants étrangers de poursuivre leurs études dans les établissements algériens à leurs propres frais, en dehors du cadre des bourses bilatérales.
Lancé en application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ce projet s’inscrit dans une stratégie d’ouverture maîtrisée, visant à valoriser l’offre de formation nationale et diversifier les ressources du secteur.
La plateforme numérique dédiée, mise en service en avril 2025, a suscité un engouement notable. Plus de 2 000 demandes ont été enregistrées au cours de la première année. Après examen des dossiers et vérification des critères d’admission, 415 étudiants ont été retenus. Ils sont issus de pays africains, européens et de plusieurs États arabes.
Cette première expérience est considérée comme positive par le ministère, tant sur le plan organisationnel que financier. Les recettes générées par ce dispositif constituent, selon les responsables, un levier supplémentaire pour soutenir la modernisation du secteur tout en préservant la qualité de l’encadrement pédagogique.
Le ministre Baddari rencontrera, à la Faculté des sciences de l’information et de la communication de l’Université d’Alger 3, un échantillon d’étudiants inscrits dans le cadre de ce programme. Cette première rencontre directe sera l’occasion d’écouter leurs impressions après le démarrage des cours dans les spécialités choisies.
Les discussions porteront également sur les conditions d’accueil, notamment l’hébergement en résidences universitaires ou en logement privé, ainsi que sur les aspects pédagogiques et administratifs. L’objectif affiché est d’identifier les éventuelles difficultés afin d’améliorer le dispositif lors des prochaines promotions.
Pour garantir le succès du projet, le ministère a mis en place un cadre réglementaire spécifique. L’arrêté n°31 du 25 mai 2025, modifiant un texte antérieur datant de 2023, a notamment permis la désignation des membres de la commission nationale de pilotage et des commissions régionales chargées de l’évaluation du label « Étudiez en Algérie ».
Ces instances regroupent des représentants des conférences régionales, des établissements universitaires et des services des œuvres universitaires, assurant ainsi un suivi coordonné à l’échelle nationale.
Par ailleurs, une cellule pédagogique et administrative dédiée a été mobilisée pour accompagner les étudiants étrangers : suivi des dossiers, orientation académique, conseils personnalisés et assistance dans le choix de l’hébergement.
Après le succès qu’a connu cette démarche, le ministère devrait annoncer prochainement l’ouverture des inscriptions pour une nouvelle promotion au titre de l’année universitaire à venir. Le but est d’accroître progressivement le nombre d’étudiants étrangers tout en maintenant les standards académiques.
Pour Kamel Baddari, ce programme représente une opportunité stratégique. Il permet aux étudiants internationaux de découvrir des filières d’excellence proposées par l’université algérienne, lesquelles, selon lui, rivalisent désormais avec celles de plusieurs pays développés.
Au-delà des chiffres, « Étudiez en Algérie » s’impose ainsi comme un instrument de diplomatie académique, contribuant à la promotion du savoir-faire national, à la valorisation du patrimoine culturel et au rayonnement international de l’enseignement supérieur algérien.