Musée des arts et traditions populaires de Médéa : Une qaâda dédiée au haïk
Le musée public national des arts et traditions populaires de Médéa a abrité une qaâda consacrée à la présentation du haïk comme « tenue traditionnelle médéenne » et comme un héritage ancestral qui doit être absolument préservé.
Organisé par la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Médéa, l’événement, qui s’est tenu mercredi dernier, a mis en exergue les différentes facettes d’un vêtement de femme qui a, de tout temps, été considéré comme une marque d’élégance et de féminité, et un moyen de se protéger des regards à l’extérieur du domicile.
Ayant été porté par les femmes de la région du Titteri durant des siècles, le haik n’est que rarement visible dans nos contrées actuellement, et encore moins dans les espaces publics des grandes cités urbaines depuis l’arrivée il y a quelques années de nouvelles tenues venues d’ailleurs.
C’est sous le slogan «le haik, élégance et honneur » que la direction de la culture et des arts a lancé l’initiative de mettre à l’honneur ce vêtement dans le but de sa réhabilitation, en organisant pour ce faire une qaâda à l’ancienne, typique à l’ex-capitale du Titteri, avec la participation de deux associations féminines.
Car « le haik fait partie des symboles de l’identité culturelle de la femme algérienne d’une manière générale et de la femme médéenne d’une manière particulière. A Médéa, différents types de haiks sont portés dont, entre autres, haik Mramma qui demeure le plus répandu, haik Achaachi, haik Sefsari, haik nylon en plus des ceintures que les femmes utilisent selon l’occasion et l’âge », a-t-on affirmé lors de la rencontre.
Activant dans le domaine de la préservation du patrimoine culturel propre à la cité médéenne, l’association Dalya des traditions et coutumes de Médéa, l’association Djouher de l’artisanat traditionnel et des métiers ont, conjointement, animé l’événement auquel ont été invités des personnalités locales et des figures emblématiques de la culture,
Selon Nacéra Bellazougui, présidente de l’association Dalya des traditions et coutumes de Médéa, « le haik a toujours une valeur sacrée au sein de la société médéenne parce qu’il ajoute au charme de la femme d’autant plus si le haik est de type Mramma qui, d’ailleurs, fait partie des atours lors des cérémonies de mariage ».
C’est dans un décor à l’ancienne installé dans le patio de l’établissement public que les présidentes des deux associations ont restitué une qaâda médéenne à l’ancienne, montrant à l’assistance la manière dont se vêtent les femmes et la manière dont s’agencent les pans du haik.
La femme peut mettre une voilette pour couvrir la moitié inférieure de son visage ou garder son visage découvert ; elle reçoit ses invités dans une salle de séjour où sont installés des tables basses fabriqués en cuivre et des canapés couverts de tapis et garnis de coussins. Telles ont été les scènes restituées lors de la qaâda.
Pour la directrice de la culture et des arts de Médéa, Salima Gaoua, la haik est un legs ancien qui doit être mis en valeur parce qu’il constitue un pan de notre patrimoine culturel et de notre identité nationale. Il a été utilisé comme moyen de résistance et de préservation de la culture et de l’identité contre les tentatives d’occidentalisation des femmes algériennes durant la colonisation.