Législatives: La course aux sièges est lancée
Fin du suspense. Avec la convocation des électeurs pour le 2 juillet prochain, la scène politique entre en ébullition. Entre préparatifs logistiques et alliances de dernière minute, les états-majors s’organisent pour la conquête des 407 sièges de la future Assemblée..
Avec l’annonce de la date des élections législatives, c’est le branle-bas de combat pour les partis politiques, la société civile et les institutions en charge du scrutin. En effet, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fixé la date du 2 juillet prochain pour ces élections, qui devront élire les 407 députés de l’Assemblée populaire nationale.
Le décret a été publié avant-hier, dans la soirée, dans le Journal officiel n°24. Ce décret présidentiel porte sur la convocation du corps électoral et la révision exceptionnelle des listes électorales, à compter du dimanche prochain, alors que la clôture de cette opération est fixée au dimanche 26 avril.
Trois faits marquants vont caractériser ces législatives. D’abord, elles auront un cachet assez particulier, en raison d’abord des nouveaux dispositifs qui encadrent les élections et les nouvelles lois adoptées récemment sur les partis politiques, le code électoral et le découpage territorial. Pratiquement, toute l’architecture politique et électorale a été modifiée. Ces changements ont été opérés afin de consacrer une meilleure transparence dans la pratique politique, qui a été souvent ternie par des comportements négatifs de corruption ou de nomadisme opportuniste.
Le second fait est que ces élections sont très attendues par les observateurs et les acteurs politiques eux-mêmes. D’abord, il s’agira d’un défi majeur pour ces formations, appelées à lutter contre le fléau de l’absentéisme électoral. La mobilisation de l’électorat national, généralement assez bas depuis plus de vingt ans et dont les partis ainsi que toute l’armada médiatique tentent d’améliorer le taux de participation, est devenue un véritable enjeu politique de l’heure. Les précédentes législatives de 2021 ont été marquées par un taux de participation de seulement 23 %.
Il convient de noter que ces élections ont été boycottées par plusieurs partis politiques, comme le Front des forces socialistes, le Parti des travailleurs, le Rassemblement pour la culture et la démocratie, ainsi que par Jil Djadid. Cette fois-ci, ces partis, qui font partie des mouvances de l’opposition, ont décidé de participer en force à ces élections, ce qui risque de changer grandement la cartographie électorale, et certainement la composante humaine de la future Chambre basse du Parlement, apportant ainsi un nouveau souffle à la campagne électorale et même au sein de l’hémicycle.
Il est donc attendu une bataille électorale et politique assez serrée, qui tranche avec les élections anticipées de juin 2021, lesquelles ont vu le parti du FLN obtenir 98 sièges, suivi du MSP et du RND.
Enfin, ces élections surviennent dans une conjoncture géopolitique et sécuritaire très délicate. Des guerres et des tensions dominent l’actualité internationale, dont les incidences sont réelles sur l’Algérie, avec notamment l’instabilité politique qui règne dans tout le pourtour de la bande sahélo-saharienne (notamment au Mali, au Soudan et en Libye) et les menaces des hordes terroristes. D’où l’appel de la classe politique nationale à la mise en place d’un front commun, solide et uni, pour faire face à ces périls qui menacent la stabilité et la paix, et créent une atmosphère de déstabilisation de tout le voisinage du pays.
Par ailleurs, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a annoncé, hier, le lancement de la révision exceptionnelle des listes électorales. Elle invite ainsi les citoyennes et citoyens non inscrits sur les listes électorales, ou ayant atteint l’âge de 18 ans à la date du scrutin, à se rapprocher des communes de leur lieu de résidence afin de procéder à leur inscription, sous réserve de remplir les conditions légales requises.
De même, les électeurs ayant changé de résidence sont appelés à actualiser leur inscription en se présentant auprès de la commission communale de révision des listes électorales de leur nouvelle commune, munis des pièces justificatives nécessaires, notamment un document d’identité et un justificatif de domicile. Les opérations se déroulent de 9 h à 16 h.
Concernant les Algériens établis à l’étranger, inscrits auprès des représentations diplomatiques et consulaires, ils sont également invités à effectuer les démarches nécessaires auprès des commissions compétentes au niveau de ces structures, selon les mêmes procédures en vigueur.
L’Autorité nationale indépendante des élections précise que les citoyens peuvent vérifier leur situation électorale ou introduire des demandes d’inscription et de radiation en ligne via la plate-forme numérique suivante : https://services.ina-elections.dz.