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Nationale

Disponibilité de l’eau dans le Grand Sud: La déminéralisation pour un développement durable

Disponibilité de l’eau dans le Grand Sud:  La déminéralisation pour un développement durable

La déminéralisation de l’eau dans le Grand Sud s’impose plus que jamais comme solution stratégique, à la lumière de la décision présidentielle de lancer des stations à Tindouf et Tamanrasset. L’expert en agronomie et en hydraulique, le Pr Brahim Mouhouche, est revenu, ce lundi, sur cette orientation, précisant qu’il ne s’agit pas d’un dessalement classique comparable à celui pratiqué sur le littoral, mais d’un procédé de déminéralisation des eaux souterraines.

M. Mouhouche a expliqué que « ce n’est pas une désalinisation mais une déminéralisation », soulignant que la salinité des eaux souterraines dans ces régions varie entre 5 et 10 grammes par litre, contre 35 à 40 grammes pour l’eau de mer. Selon lui, la différence est majeure en termes de consommation énergétique. « Enlever 35 grammes par litre demande beaucoup d’énergie. Au Sud, il suffit de diminuer légèrement le sel pour que l’eau devienne directement utilisable », a-t-il indiqué, lors de son intervention à la Radio nationale.

L’expert estime ainsi que cette option est « plus économique et plus rationnelle », notamment parce qu’elle évite le transport de l’eau sur 400 à 500 km, ce qui représenterait un coût énergétique considérable. Il plaide, à ce titre, pour l’installation de stations de déminéralisation à proximité des zones de consommation, alimentées par les énergies solaire et éolienne, abondantes dans le Sahara.

M. Mouhouche a, par ailleurs, rappelé l’important potentiel hydrique du Sud algérien, évoquant « 50 000 milliards de mètres cubes d’eau » contenus dans les nappes souterraines. Une richesse qui, selon lui, exige une gestion rigoureuse, d’autant que l’agriculture demeure « un gouffre de consommation d’eau ».

Pour illustrer cette réalité, il précise qu’un kilogramme de blé nécessite environ 3 000 litres d’eau, contre près de 150 litres pour un kilogramme de pomme de terre. Ces chiffres mettent en lumière les arbitrages à opérer dans les choix de cultures, dans un contexte où la maîtrise de la ressource hydrique devient stratégique.

Les récentes précipitations ont permis une nette amélioration du taux de remplissage des barrages à l’échelle nationale. Sur les 81 barrages que compte le pays, huit ont atteint 100 % de leur capacité et 58 dépassent les 50 %, selon les données relayées par l’expert. « La moyenne générale devrait dépasser les 60 % », a-t-il anticipé.

Il nuance toutefois cette embellie en rappelant que tous les barrages ne se remplissent pas intégralement chaque année. Certains ouvrages, à l’instar de celui de Beni Haroun, peuvent assurer l’alimentation en eau sur plusieurs années. « Il y a des barrages qui, une fois remplis, peuvent tenir entre trois et cinq ans », a-t-il expliqué.

Le Pr Mouhouche a également insisté sur la complexité du choix des sites de barrages, qui repose sur plusieurs critères, notamment une pluviométrie suffisante, un bassin versant adapté, une configuration géographique resserrée, afin de limiter le coût des digues, l’absence de pollution et la proximité des zones d’usage. « Ce n’est pas facile de choisir un site de barrage », souligne-t-il.

Abordant la question des importations agricoles, notamment du blé tendre, l’expert reconnaît que « l’autonomie à 100 % » reste difficilement atteignable. Il appelle néanmoins à une réduction progressive des importations, en diminuant « un petit peu chaque année », tout en rappelant que l’agriculture nationale couvre déjà près de 75 % des besoins alimentaires du pays.

Pour lui, le développement du Sud représente une partie de la solution, grâce à la disponibilité en eau et aux nouveaux partenariats agricoles. Mais la condition demeure inchangée, « S’il n’y a pas d’eau, l’agriculture n’existe pas », conclut-il, résumant ainsi l’enjeu central des politiques agricoles et hydrauliques nationales.



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