Reprise des négociations à Washington : Boulos met à nu la propagande marocaine
Le front Polisario et le Maroc vont se retrouver les 23 et 24 février à Washington pour un nouveau round de négociations. L’émissaire du président Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulous a invité les deux délégations pour un autre (le troisième) cycle de pourparlers, alors que le précédent a eu lieu récemment à Madrid, dans la capitale espagnole et le premier en janvier dernier aux Etats Unis.
Selon les affirmations du quotidien ibérique El Confidential, Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, sera également présent. C’est un signe important qui confirme que l’ONU maintient encore son regard sur ce dossier de décolonisation. Contrairement aux affirmations marocaines, ces négociations n’évoquent pas uniquement le plan d’autonomie proposé par Rabat, comme base de discussion.
Lors de son passage à la Conférence sur la sécurité de Munich, Massad Boulos a révélé à la télévision « Deutsche Welle » que « ce conflit prend du temps, mais il est déjà en voie de règlement et le processus peut être plus ou moins long ». « Nous espérons qu’il sera court », a-t-il ajouté. « Je suis évidemment optimiste », a-t-il conclu. Des sources diplomatiques estiment que Boulos espère qu’il parviendrait à un accord avant l’été.
D’autre part, démentant les propagandes mensongères du Makhzen, c’est Boulos lui-même qui a clairement indiqué que les négociations se déroulaient entre le Maroc et le Polisario, tandis que l’Algérie et la Mauritanie ne sont pas concernées. « Ce sont des voisins».
Il faut souligner que ces cycles de négociations constituent déjà une victoire diplomatique d’importance du Polisario, au moment ou Rabat à travers sa presse aux ordres qualifiaient ce mouvement de résistance d’organisation terroriste, en espérant que certains membres du Congrès américain et des lobbies connus tentent de l’inscrire sur la liste noire des organisations subversives et violentes. Voilà maintenant que Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères du Makhzen va de nouveau s’asseoir face aux représentants de ce mouvement sahraoui.
Selon les mêmes révélations, aucune confirmation que les deux parties négocient le plan d’autonomie. Même Boulos n’a ni confirmé, ni évoqué cet aspect du dossier.
Pour les Sahraouis, rien n’est laissé au hasard. Il n’est pas question de reculer sur le principe de base, qui est celui de la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Ce principe de l’option référendaire est immuable et non négociable pour les dirigeants sahraouis dans le respect des nombreuses résolutions des Nations Unis et du Conseil de sécurité. La mission onusienne chargée de concrétiser ce référendum, la Minurso, existe toujours et son personnel a maintenant l’expertise nécessaire.
Cependant, plusieurs dossiers sont en suspens et qui seront évoqués durant ces négociations entre le Front Polisario et le Maroc, notamment le sort des prisonniers politiques sahraouis détenus et le retour des réfugiés sahraouis qui vient en exil.
A propos des réfugiés, le même journal espagnol a indiqué que le comité chargé d’organiser le retour au Sahara occidental occupé des réfugiés des camps de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie) devra les accepter tous, soit près de 200 000 selon les recensements sahraouis et onusiens, et ne pas appliquer de restrictions arbitraires.