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Nationale

Vers une régularisation des refugiés en Algérie

Vers une régularisation des refugiés en Algérie

La situation administrative des migrants africains installés clandestinement en Algérie va changer incessamment. En effet, le gouvernement algérien est décidé à leur faciliter la tâche et se dit prêt à leur accorder une carte de résidence et un contrat de travail. D’après différentes études d’organisations humanitaires, il y aurait 30 000 clandestins subsahariens présents en Algérie.

Une partie des migrants a recours aux faux passeports maliens, puisque des accords de libre circulation existent entre Alger et le Mali (et le Niger également) pour des durées de 90 jours. L’an dernier, des sources sécuritaires révélaient que 70 % de ces migrants se stabilisent désormais dans le pays. Depuis le déclenchement du conflit au Mali, début janvier 2012, une partie de la population s’est réfugiée en Algérie. Au Niger, l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire entraînent des départs massifs de familles entières.

Le renforcement du contrôle aux frontières libyennes, récemment fermées par Alger, ajouté à la multiplication des exactions contre les Subsahariens en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi, contraignent les populations à se diriger et à s’installer prioritairement en Algérie. Proche des frontières malienne et nigérienne, Tamanrasset est le principal point de passage permettant aux immigrés clandestins de se rendre vers les grandes villes du nord du pays. Les migrants d’Afrique de l’Ouest ayant transité par la ville malienne de Gao traversent la frontière algérienne soit au niveau de Bordj Badji Mokhtar, soit à Tinzaouaten.

Dans le premier cas, ils suivent l’axe occidental qui les mène au Maroc en passant par Reggane, Adrar, Béchar et Maghnia. À partir de Tinzaouaten, ils rejoignent Tamanrasset, véritable plaque tournante qui accueille aussi les migrants venus d’Afrique orientale et centrale via Agadez au Niger, et d’où les flux se diffusent dans trois directions : vers Adrar, pour continuer ensuite sur l’axe occidental, vers In Salah, le long du grand axe central de l’autoroute Transsaharienne menant à Alger via Ghardaïa, ou vers Djanet, à l’est, pour gagner la Libye et tenter éventuellement la traversée vers l’Italie via les îles de Lampedusa ou de la Sicile.

Mais l’époque où les migrants ne faisaient que traverser l’Algérie pour prendre le chemin de l’Europe est révolue. Le pays est devenu une terre d’immigration pour les clandestins venus du Mali, du Niger, du Nigeria et d’autres États subsahariens. Il existe aujourd’hui des camps, voire des quartiers de migrants subsahariens dans les villes du sud du pays comme Tamanrasset, Ouargla, Ghardaïa où il y a beaucoup de chantiers et où les migrants peuvent trouver du travail.

L’Algérie est aussi le dernier couloir vers l’Europe. Le chemin le plus commun pour ceux qui veulent passer de l’autre côté de la Méditerranée consiste à arriver par le désert, à traverser l’Algérie jusqu’au nord à franchir la frontière marocaine puis gagner l’Espagne. Mais face au durcissement des politiques migratoires européennes, de plus en plus de migrants s’installent en Algérie. L’Algérie est donc un pays qui accueille ce que l’on appelle des flux migratoires mixtes.

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