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Nationale

Un ex-gouverneur de Smara parmi les accusés

Un ex-gouverneur de Smara parmi les accusés

D’après l’enquête diligentée par le juge espagnol et comme rapporté hier dans nos colonnes, les crimes commis contre des citoyens sahraouis auraient été orchestrés par de hauts dirigeants, dont un ex-gouverneur de la province de Smara. Parmi les inculpés figure un ancien gouverneur de la province de Smara entre 1976 et 1978 qui a été plus tard directeur général de l’administration pénitentiaire de 2003 à 2014. 

Un militaire et un colonel de la gendarmerie royale sont, eux, accusés d’avoir torturé une jeune sahraouie, Hadram Abderrahman durant un mois et demi. D’après le document, elle a été « victime d’agressions sexuelles ».

Elle était aussi « attachée par les pieds et tête en bas pendant qu’elle était frappée à coups de bâton » ou « couchée nue sur une table et frappée jusqu’à ce que la peau se détache ». Certains d’entre eux auraient commis eux-mêmes des actes de torture sur les prisonniers sahraouis.

Le juge demande la recherche, la détention et la mise en prison, autrement dit la publication d’un mandat d’arrêt international, pour les sept premiers et a émis une commission rogatoire à l’encontre des quatre autres, afin que leur inculpation leur soit notifiée et que les autorités fournissent plus d’informations les concernant, car elles n’étaient pas visées jusque-là. Il cite également d’autres personnes, en expliquant qu’il n’a pour le moment pas de preuve pour les accuser.

Pour rappel, le juge espagnol Pablo Ruz demande que onze fonctionnaires marocains soient poursuivis pour « génocide ». Le 9 avril, Pablo Ruz, juge de la plus grande instance judiciaire espagnole, l’Audience nationale, a publié un arrêt sur les accusations portées par une association sahraouie à l’encontre de fonctionnaires marocains.

Suite à son enquête, il estime qu’il y a effectivement matière à juger onze fonctionnaires, policiers et militaires. Ces derniers seraient poursuivis pour « génocide ». Un crime contre l’humanité, donc. 

Le dossier se base sur des témoignages, des photos, et la fosse commune d’Amgala découverte en 2013. Il énumère des dizaines de crimes, et pour certains d’entre-eux, l’identité des personnes accusées de les avoir commis, entre 1975 et 1991.

Au total, le dossier comporte 50 chefs d’accusation d’assassinat, 76 de tentative de meurtre, 202 de détention illégale et 23 de torture (commis dans des centres de détention officiels). Les descriptions sont poignantes : décharges électriques sur les parties génitales, sévices sexuels…

Le juge considère que cette série d’actes peut être qualifiée de génocide, en se référant à la définition de la Convention de l’ONU de 1948. D’après ce texte, les coupables de génocide sont « ceux qui, dans le but de détruire, totalement ou partiellement un groupe national ethnique, social ou religieux, perpétuent l’un des actes suivants ». 

Et la liste des actes est longue : castration, mutilation, déplacements forcés, assassinats…, dont certains se retrouvent dans l’enquête. Et le juge espagnol estime qu’ « il s’est produit d’une manière généralisée une attaque systématique contre la population civile sahraouie de la part des forces militaires et policières marocaines ». 

De même, pour le juge Pablo Ruz, ces crimes ont été commis « en raison de l’origine ethnique des victimes avec la volonté de « détruire totalement ou partiellement ce groupe de population » et « de s’emparer du territoire du Sahara occidental ».

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