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Nationale

Sansal ou le naufrage d’un mercenaire de la plume

Sansal ou le naufrage d’un mercenaire de la plume
Pour l'extrême droite Sansal s'avère un passager clandestin

En Algérie, on connaît bien le profil : le haut fonctionnaire zélé qui, après avoir profité pendant trente ans des ors du système et des privilèges ministériels, se découvre une vocation de « dissident » une fois la retraite assurée. Mais avec Boualem Sansal, on a atteint les sommets de l’acrobatie. L’homme qui vient de cracher sur la France après avoir renié les siens n’est pas un exilé, c’est un mercenaire du ressentiment.

L’Algérie l’a vu grandir dans ses arcanes. Pourtant, Sansal a choisi de jouer avec le feu, non pas pour défendre les libertés de ses concitoyens comme il le pérore au tournant de chaque plateau de télévision  bollorienne, mais pour mener une diplomatie parallèle secrète avec Tel-Aviv, au mépris total de la position de son pays. Un coup de poignard  à sa propre patrie qui n’était que le début d’une longue série.

Lorsqu’il a été incarcéré en Algérie pour des motifs irrécusables, la France s’est levée comme un seul homme. Emmanuel Macron lui-même est monté au créneau, transformant le cas Sansal en une affaire d’État, presque une cause personnelle. Aujourd’hui, on imagine sans peine le sentiment de déconvenue à l’Élysée.
Le président, qui pensait protéger un symbole des Lumières, se retrouve avec un ingrat qui quitte le navire en insultant le port d’attache.

Quant à Xavier Driencourt, son « ami » et ancien ambassadeur à Alger, qui a tant œuvré pour faire de Sansal la figure de proue de la critique anti-système algérienne, le réveil est brutal. Voir son protégé déclarer qu’il « déteste Paris » et que « la France c’est fini », c’est voir l’édifice d’une amitié politique factice s’effondrer sous le poids d’un cynisme sans bornes.

Le plus ironique reste le silence gêné de l’extrême droite française. Ils en avaient fait leur mascotte, l’Algérien « lucide » qu’on exhibait sur les plateaux pour valider toutes les théories sur le prétendu déclin de l’Algérie, les dangers de l’islam et de l’immigration algérienne. Pour eux, le choc est total : leur héros n’était qu’un passager clandestin. Ils pensaient avoir trouvé un allié de civilisation ; ils n’ont trouvé qu’un opportuniste qui s’empresse de fuir vers Bruxelles dès que le vent tourne, prouvant que son attachement à la France n’était qu’une question de circonstances et de confort.

Il est fascinant de voir cet homme, qui a soutenu la loi Yadan pour museler la critique contre le gouvernement sioniste de Netanyahou, venir aujourd’hui donner des leçons de liberté depuis ses valises prêtes pour la Belgique. Il n’aime ni l’Algérie qu’il caricature, ni la France qu’il quitte avec dégoût après l’avoir pressée comme un citron.

Le masque est tombé. Derrière les grands mots de l’académicien se cache un homme qui change de patrie comme il change d’éditeur. La France l’a naturalisé, l’a protégé et l’a adoré. Il la quitte sur un dernier crachat.

De ce côté-ci de la Méditerranée, on regarde ce spectacle avec un sourire amer. La France découvre enfin le vrai visage de celui qu’elle nous présentait comme une boussole morale. Monsieur Sansal s’en va ? Qu’il parte. L’Algérie a d’autres fils, plus dignes et moins bavards, pour porter sa voix. Quant à la France, elle apprendra peut-être — à ses dépens — qu’on ne bâtit rien sur l’ingratitude chronique d’un homme qui n’appartient à personne, pas même à ses propres convictions.



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