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Nationale

Réunion de l’OPEP : La bataille des prix et des quotas

Réunion de l’OPEP : La bataille des prix et des quotas

Cela n’est pas arrivé depuis bien longtemps. Les Algériens, qu’on le veuille ou pas, seront suspendus aux résultats de la réunion de l’Opep, ou ce qu’il en reste du fameux cartel des pays exportateurs du pétrole. En effet, une réunion cruciale aura lieu demain au siège de l’organisation dans la capitale autrichienne, alors que le marché vit une chute vertigineuse des prix du baril.

Rien qu’hier dans les bourses occidentales et asiatiques, les prix ont encore baissé pour frôler les 75, 75 dollars, alors que le brent affichait une cote modeste au-dessous des 79 dollars. Partout, les notes des analystes et autres courtiers font état d’une dégringolade des prix dans le secteur des énergies, suite à une combinaison de plusieurs facteurs politiques, économiques et technologiques.

La baisse est la plus importante depuis très longtemps, puisque au bout de quelques mois, de juin dernier au mois de novembre, cette baisse des prix a atteint les 30%, soit des 105 dollars le baril au 80 actuels.

Une chute qui complique davantage les prévisions budgétaires de certains pays, comme l’Algérie, mais aussi des pays qui espèrent avec la vente au prix fort de son pétrole engager des plans de développement socio-économique ou entamer des restructurations internes coûteuses comme l’Iran et le Vénezuela. Cette chute est déjà perçue comme un dangereux indicateur d’une nouvelle crise économique mondiale qui se profile à l’horizon, puisque, selon des experts, le ralentissement économique du bloc occidental et des pays émergents a conduit à cette baisse des cours, en raison d’une forte offre constatée sur les marchés en face d’une demande stable ou réduite.

Une situation qui a favorisé un autre dérèglement du marché en raison de la spéculation dans le négoce au noir ou informel, notamment en Irak, en Syrie et au Yémen.
Selon des observateurs, la réunion de Vienne devrait consacrer pour l’OPEP une « toute petite réduction » de la production, afin de maintenir les prix à un « juste niveau » acceptable : comprendre que la décision attendue par les ministres du pétrole des pays membres est tout simplement de contenir la chute.

Selon The Economic Times qui se réfère à une note de Damien Courvalin, analyste chez la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, « l’Opep ne peut que commencer par réduire sa production de manière modeste car paradoxalement, l’Organisation a besoin de prix bas pour permettre à la production américaine de diminuer. Une importante hausse des prix permettrait aux producteurs américains de couvrir les frais de production très élevés du forage de pétrole de schiste et soutiendrait une croissance élevée de la production américaine ».

On sait que le schéma traditionnel du secteur des hydrocarbures a fondamentalement changé depuis que les Etats Unis sont devenus les premiers producteurs mondiaux. Un résultat du en grande partie à l’explosion de la production depuis deux ans grâce au schiste, affectant ainsi les prix et inondant le marché de l’offre.

Or, un accord sur une éventuelle stabilité des prix par le biais d’une baisse « symbolique » de la production dans les quotas de l’OPEP n’est pas acquis, car des pays membres refusent de baisser leurs quotas de production, comme la Libye, l’Irak ou l’Iran, alors que le bloc mené par l’Arabie saoudite veut casser la dynamique Russe puissante au Moyen-Orient.

Un effort de guerre qui pourrait s’étaler sur une décennie en raison des tensions stratégiques et régionaux. Pour des experts, un consensus est difficile à trouver, d’autant que d’autres facteurs exogènes à l’organisation influencent les cours. Un rapport de Reuters cité par The Economic Times signale que dans le cas d’un désaccord au sein de l’OPEP, cela pourrait avoir un effet encore plus négatif sur le cours actuel du pétrole.

Il ferait chuter le prix du baril de Brent aux alentours de 60 dollars : un prix catastrophique pour l’Algérie qui a engagé un coûteux plan de développement et a décidé de soutenir des dépenses sociales en nette augmentation dans le cadre du maintien de la paix sociale. Selon des experts nationaux et d’anciens hauts responsables de l’Etat, notre pays a besoin d’un baril de plus de 100 dollars fixé sur au moins cinq ans pour équilibrer son budget et maintenir un semblant de croissance.

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