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Qui sont ces Algériens qui se soignent en France ?

Qui sont ces Algériens qui se soignent en France ?

« Le contentieux entre les services sociaux algériens et le département sanitaire français concernant une dette de 34 millions d’euros a été réglé », dixit le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El-Ghazi.

Au centre des préoccupations de la partie française en charge du dossier, les dettes contractées par la sécurité sociale algérienne ont suscité depuis au moins cinq années une polémique des deux côtés de la Méditerranéenne. Réclamé par les hôpitaux français, le montant a été sans cesse remis en cause par les services sociaux algériens.

En marge de la visite de travail effectuée en fin de semaine à Paris, Mohamed El-Ghazi a laissé entendre que le contentieux financier sur le remboursement des frais médicaux entre l’Algérie et la France a été apuré.

Des affirmations appuyées par la représentante du gouvernement français. Catégorique, El Ghazi a déclaré que « Les dettes qui existaient entre la Sécurité sociale algérienne et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont été payées et le contentieux apuré ».

Malgré l’existence de « beaucoup d’interrogations », a-t-il précisé à l’issue des entretiens avec la ministre française des Affaires sociales et de la Santé, et des Droits de la femme, Marisol Touraine.

Les représentants des deux gouvernements placent plutôt le débat ailleurs en se tournant vers l’avenir et le ministre algérien ne l’a pas caché. Il a ajouté à cet effet : « Nous avons pensé, pour l’avenir, pour que la Sécurité sociale algérienne soit liée par un contrat directement avec la Sécurité sociale française et non plus avec les hôpitaux français « .

« C’est la Sécurité française qui devra prendre, dans le cadre du nouveau contrat, les rendez-vous des patients algériens avec les hôpitaux français, afin d’éviter toute équivoque parce que nous avons relevé dans le dossier beaucoup d’interrogations « , a-t-il indiqué.

D’interrogations, il s’agit à n’en pas douter des cas d’Algériens qui se présentent tout seuls au niveaux des structures sanitaires françaises et qui se font soigner laissant une fois repartis des factures faramineuses, dans la mesure où il est facile en France comme en Algérie d’ailleurs de se présenter aux urgences puis de se faire orienter vers d’autres services pour des soins plus approfondis.

M. El-Ghazi a souligné que dans ce cadre, les deux parties sont tombées d’accord pour que « l’avenir soit meilleur « dans la coopération en matière de sécuritaire sociale.

Pour sa part, la ministre française a relevé « la qualité des échanges « entre les ministères des deux pays depuis plusieurs mois, indiquant que le contentieux entre les deux pays a été réglé et que « ce n’est plus un sujet de préoccupation « pour la partie française.

En 2014 la même ministre avait laissé entendre que sur les 34 millions de dettes, l’Algérie n’avait payé que 15 millions, qualifiant dès lors les discussions de « pas assez à son goût « , et qu’elle souhaitait « qu’elles reprennent de façon plus rapide et plus vigoureuse « au sujet du règlement de ces arriérés médicaux.

10% du déficit des assurances françaises ont été contractés par des Algériens

Il faut reconnaître que la partie française a toujours présenté l’Algérie comme étant le premier débiteur étranger des structures de santé françaises.Des milliers d’Algériens sont annuellement pris en charge dans les établissements hospitaliers français. Si d’aucuns reconnaissent le fait que parmi les malades algériens candidats aux soins qualifiés de précieux il ya souvent des privilégiés, il sont plutôt rare ceux parmi la population qui peuvent espérer une telle prise en charge.

En effet, au moment où certains parmi les gratifiés peuvent se permettre des « soins « en France au frais de la princesse pour une simple opération de chirurgie esthétique, il faut pour le citoyen lambda, et l’exigence d’une expertise médicale devant faire foi, être atteint d’un mal intraitable pour espérer une autorisation de se faire soigner dans un hôpital étranger.

Les multiples appels à l’aide, dont certains cas au bord du désespoir, dont font écho les médias algériens confirment en tous cas le mutisme affiché par les autorités en charge de certains dossiers médicaux, bien que des « décisions » souvent agitées devant les caméras ont de temps à autre été prises par le chef du département de la santé.

Certains citoyens n’hésitent toutefois pas à contourner la sécurité sociale et au lieu d’attendre le fameux quitus de l’organisme de couverture sociale synonyme de visa médical, il leur suffit pour cela de se faire procurer un visa touristique pour ensuite tenter de se présenter dans une structure hospitalière française dans l’espoir d’être pris en charge à la faveur des conventions existantes entre les deux organismes.

Une « technique « à laquelle ont pris conscience les hôpitaux français qui, désormais, exigent des garanties après le cas de Manil 8 ans médiatisé en 2012 à laquelle toutes les structures de l’Hexagone avait refusé une prise en charge tant que le contentieux financier, qui s’élevait alors à 34 millions d’euros, n’était pas réglé. Manil devait subir une opération de greffe de la moelle osseuse dont le coût avait été estimé à 200 000 euros.

Le gouvernement français, dirigé alors par la droite, avait en effet, à la veille de la campagne électorale pour les présidentielles de 2012, exigé le payement de l’ardoise contractée par la Sécurité sociale algérienne.

Un représentant du ministère des Affaires étrangères avait même parlé d’une dette contractée par les patients algériens qui s’élèverait à 600 millions d’euros dont les 34 millions comme frais de soins de ceux envoyés directement par la Sécurité sociale algérienne.

L’autre partie, soit près de 566 millions euros, aurait été contractée par des citoyens algériens lesquels avaient eu recours à des établissements hospitaliers français souvent sans honorer les factures d’hospitalisation. Des prises en charge que les autorités françaises avait estimé du ressort de l’Algérie qui doit être, selon eux, responsable du bien-être de ses citoyens.

A noter que les 600 millions brandis en 2012 par la France, au demeurant récusés par la partie algérienne, constituent, selon un rapport exposé la même année devant le Parlement français, 10% du déficit annuel de l’assurance maladie de toute la dette sociale française estimé alors à 6 milliards. Certains l’avaient qualifié de trouvaille française pour combler un déficit financier sur le dos d’une Algérie rassurée financièrement à la faveur d’une généreuse rente pétrolière … C’était en 2012.

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