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Nationale

Quand l’OTAN «écoute» l’Algérie…

Quand l’OTAN «écoute» l’Algérie…

Le titre de la dépêche de l’APS interpelle. « Evolution qualitative dans les relations de l’Algérie avec l’OTAN ». Dans le texte, il s’agit de l’appréciation d’un responsable de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à l’occasion de la visite au siège à Bruxelles d’une délégation algérienne.

En effet, depuis quelques années, le rapprochement dans le cadre du dialogue méditerranéen a conduit, à l’automne 2014, à la signature d’un programme individuel de partenariat et de coopération (IPCP) signé entre l’Algérie et l’OTAN.

Pour autant, l’Algérie des non-alignés, jalouse de sa souveraineté et foncièrement attachée à une diplomatie de non-agression et de respect du droit international, n’est pas encore dans le giron de cette structure, comme l’ex-chef de la marine algérienne, le général Yaala M.T, l’a clairement exprimé : « L’alliance Atlantique a été créée en 1949 pour assurer la sécurité, la stabilité et la défense des pays de l’Europe de l’ouest et de l’Amérique du nord contre toute agression extérieure(…)

Après la fin des années 90, les actions ayant visé les intérêts occidentaux, notamment américains, au Moyen-Orient et en Afrique puis aux Etats-Unis mêmes en 2001, ont réorienté les activités de l’Alliance vers la lutte anti-terroriste. » Ce rappel sur la vocation de l’Alliance s’impose dans un contexte assez singulier où la coopération ne correspond pas toujours à des convergences de points de vue.

Antiterrorisme

En effet, qui aurait pu croire qu’Alger puisse entretenir de si bons rapports avec l’OTAN malgré ses positions mondialement connues et qui s’opposent sur le fond à l’agenda du Traité de l’Atlantique nord ? Coopération stratégique basée sur un capital d’expérience dans la médiation des conflits, respect scrupuleux du droit international et des fondamentaux de la diplomatie.

En plus d’une expertise indiscutable dans le domaine de la lutte antiterroriste acquises dans l’isolement des années 1990 et au prix d’un sacrifice humain et économique énorme. Une maîtrise du dossier que les Etats-Unis ne cessent de rappeler en prenant le soin de toujours entretenir les meilleures relations possibles avec l’Algérie, dont les services de renseignements savent faire preuve de solidarité régionale au sein de l’UFL, par exemple.

D’ailleurs, la visite de John Kerry en 2014 a été l’occasion pour le président de la République Abdelaziz Bouteflika de demander un peu plus de réciprocité dans les échanges d’informations antiterroristes, notamment l’imagerie de surveillance satellite etc…

Leçon libyenne

Mais ce qui confirme cette entente paradoxale, c’est aussi le réajustement de la position de l’OTAN vis-à-vis de la crise libyenne. Après la hasardeuse opération de 2011 qui a conduit au chaos actuel, l’OTAN a fini par écouter la thèse algérienne de non-ingérence et pour la promotion du dialogue en faveur d’une solution politique. C’est probablement ce qui explique que les appels à l’intervention ces derniers mois de la France, de l’Egypte ou de l’Italie n’aient pas reçu le soutien attendu.

Au contraire, Américains et Britanniques, membres très influents de l’OTAN, ont réitéré leur confiance en l’effort algérien de médiation. L’escalade politico-militaire à la frontière de la Russie, que constitue l’implication occidentale dans la crise ukrainienne, donne une idée de la détermination, parfois belliqueuse, de la coalition militaire transatlantique. En ce sens, l’Algérie fait bien de dialoguer avec l’OTAN tout en gardant son autonomie en matière de choix stratégiques de défense.

Quant à une éventuelle adhésion de l’Algérie à l’OTAN sur laquelle spéculent certains, on peut encore citer le général Yaala qui a déclaré : « Elle ne se fera jamais parce que nous ne sommes ni Européens, ni Américains du nord. Elle peut, tout juste, être destinée à sous-traiter des opérations militaires dans la région Nord Afrique à leur profit. » Edifiant !

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