Prévention des maladies cardiovasculaires : Appel à la mise en place d’unités de dépistage
Le Pr Djamel-Eddine Nibouche, chef de service de cardiologie de l’hôpital d’Hussein-Dey, a soulevé ce mercredi la nécessité de renforcer la prévention contre les maladies cardiovasculaires en instaurant des unités de dépistage.
En Algérie, où les maladies cardiovasculaires représentent la principale cause de mortalité, selon le Pr Nibouche, le renforcement de la prévention par le biais du dépistage est la meilleure réponse contre cette situation préoccupante. Il a assuré que « plus les malades sont pris en charge au stade précoce de la maladie, à temps, plus cela augmente leurs chances de survie ».
Intervenant sur les ondes de la radio algérienne, le spécialiste en cardiologie a annoncé que face à cette menace, le ministère de la Santé s’engage dans l’élaboration d’un « projet de loi-cadre de prévention contre les maladies cardiovasculaires ». Ce projet, en phase avancée au niveau ministériel, se veut être une approche multisectorielle visant à lutter efficacement contre les facteurs de risque liés à ces maladies, a assuré le cardiologue.
Parmi les facteurs de risque de ces pathologies, le Pr Nibouche a cité le tabac, l’hypertension artérielle (HTA), le diabète et l’obésité. Il a également mis l’accent sur la nécessité de prendre en charge le stress, notamment en milieu professionnel.
Il a affirmé que dans plusieurs pays du monde, le stress est quantifié et inscrit comme risque professionnel, appelant à son inscription en tant que tel en Algérie. Selon lui, cette mesure permettrait au médecin du travail d’identifier les postes à stress élevé. Une fois que le facteur de stress est identifié, le médecin pourra proposer des solutions pour réduire les accidents professionnels. Il a également expliqué que le stress au travail impliquant des troubles cardio-respiratoires est souvent associé à des facteurs tels que l’insatisfaction, la surcharge du travail, la perte de motivation et la non-reconnaissance du travail.
Concernant une prise en charge efficace des malades victimes de malaises cardiovasculaires, le professeur a insisté sur l’impératif du déploiement généralisé de défibrillateurs dans les principaux espaces publics, à l’instar des stades, des gares et des universités. Ce déploiement devrait être soutenu par des campagnes médiatiques. Celle-ci auront pour objectifs, d’une part, d’inculquer le fonctionnement des défibrillateurs et, d’autre part, de sensibiliser la population quant à l’importance de leur utilisation pour sauver des vies.
Le cardiologue a affirmé à ce sujet qu’il est très important d’intervenir dans un maximum de trois minutes dès qu’il y a une crise cardiaque afin d’éviter des séquelles lourdes ou, pire, la mort de l’individu.
En outre, il a préconisé le développement d’équipes d’intervention mobiles à travers tout le territoire national, composées d’urgentistes formés localement. Cette initiative nécessite une organisation spécifique des soins pré-hospitaliers, a souligné le professeur, plaidant pour une réflexion immédiate sur la création d’une organisation dédiée aux soins pré-hospitaliers malgré les défis potentiels.
En ce qui concerne la prise en charge des maladies cardiovasculaires en Algérie, le Pr Nibouche a confirmé l’existence de structures spécialisées. Il a ainsi affirmé que le ministère de la Santé a investi massivement pour la création de centres hospitaliers dédiés aux maladies cardiovasculaires.
Cependant, il a souligné « des déviations de leur objectif initial », perturbant leur fonctionnement. A titre d’exemple, il a cité deux hôpitaux où existent ces unités destinées à soigner spécifiquement les enfants atteints de maladies cardiaques, mais qui ont été déviées pour la prise en charge d’autres pathologies, changeant ainsi de vocation.
Par conséquent, ces changements ont perturbé le fonctionnement de ces structures spécialisées. Il a estimé, de ce fait, que des efforts sont nécessaires pour maintenir la qualité de ces structures spécialisées afin d’améliorer la prise en charge des maladies cardiovasculaires, qui représentent un enjeu majeur de santé publique en Algérie.