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Moscou veut désamorcer la tension au Sahara Occidental

Moscou veut désamorcer la tension au Sahara Occidental
Moscou prône l'option diplomatique

Moscou veut dégoupiller la lancinante crise au Sahara Occidental par des voies pacifiques. C’est le souhait avéré du ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement du conflit au Sahara occidental sur la base des principes universellement reconnus du droit international.

Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue marocain, Nacer Bourita, mercredi soir, M. Lavrov a appelé  “à renforcer” l’accord du cessez-le-feu  signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc et “à désamorcer la tension qui s’est développée ces derniers jours dans la zone tampon de Guerguerat.

Au cours de l’entretien, Sergueï Lavrov a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement des problèmes du Sahara occidental, un conflit vieux de 45 ans, “exclusivement par des méthodes politiques et diplomatiques fondées sur les principes universellement reconnus du droit international”.

L’appel de Lavrov accorde du crédit à la Russie dans sa posture à privilégier les options pacifiques et diplomatiques dans le règlement des conflits en cours dans les pays arabes.

Pour les sahraouis, en lançant son agression, le Maroc a sapé “toute chance de parvenir à une solution pacifique et durable de la question de la décolonisation du Sahara occidental.

Car sur le terrain, la situation est marquée par une vive tension. Selon  un communiqué militaire sahraoui,  des unités de l’APLS ont mené des attaques intenses le long du mur de l’humiliation et de la honte”, ajoutant que “durant la nuit de mercredi, plusieurs opérations de bombardement ont été exécutés, ciblant des sites de l’ennemi marocain”. Ces attaques ont causé des dégâts conséquents aux forces de l’ennemi, notamment dans le secteur de Oum Dreiga.

Ces opérations de bombardement ont aussi ciblé plusieurs sites de retranchement des forces d’occupation marocaines dans le secteurs de Haouza, Farsia et Oum Dreyga, lit-on dans le communiqué.

Sur le plan de la solidarité internationale, le Groupe de Soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’Homme au Sahara Occidental a condamné la rupture du cessez-le-feu dans le territoire non autonome du Sahara occidental de la part du Maroc et appelé l’ONU à assumer ses responsabilités quant à l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.

Selon un communiqué du groupe, le groupe de 252 ONG “condamne la rupture du cessez-le-feu en vigueur depuis 1991 dans le Territoire non autonome du Sahara occidental de la part du Royaume du Maroc qui n’a pas hésité à déployer ses troupes et son armement devant un groupe de civils désarmés qui manifestaient pacifiquement dans la zone démilitarisée de Guerguerat au sud-est du Territoire”.

Il “déplore vivement que la majorité des membres du Conseil de sécurité n’aient pas mesuré à sa juste valeur l’exaspération du peuple sahraoui qui attend depuis 1966 (rés. 2229-XXI de l’Assemblée générale ONU) l’organisation d’un référendum d’autodétermination, en application de la +Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux+ de l’Assemblée générale de l’ONU”.

Dans le contexte de la reprise du conflit au Sahara occidental, le Groupe de Genève appelle la Haut Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU à présenter un rapport sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental, lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’Homme, ainsi que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à “prêter une attention particulière aux violations des droits de l’homme, notamment le droit à l’autodétermination, qui résultent de l’occupation militaire du Sahara occidental de la part du Royaume du Maroc, en application du paragraphe opérationnel 5 de la résolution 74/140 susmentionnée”.

Enfin, il exhorte le Secrétaire Général des Nations Unies d'”assumer personnellement le rôle de facilitateur pour que la MINURSO, seule Mission des Nations Unies dont le mandat principal est la mise en œuvre d’un droit fondamental de l’Homme et des Peuples, puisse enfin organiser le référendum d’autodétermination du Peuple sahraoui et fermer ainsi un chapitre trouble de l’Organisation des Nations Unies.

Par ailleurs, trois autres organisations non gouvernementales suisses, (Comité de soutien au peuple sahraoui, l’Association pour un Référendum libre et régulier au Sahara occidental et le Bureau International pour le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental), ont condamné fermement l’agression militaire marocaine à Guerguerat. Selon un communiqué signé conjointement, cette agression constitue une grave violation du cessez-le-feu signé en 1991 par les deux parties au conflit.

Pour les comités signataires, il est temps que l’ONU, son Secrétaire général, le Conseil de sécurité et le commandement de la MINURSO considèrent la situation avec la plus grande urgence et prennent les décisions qui s’imposent : affirmer publiquement que le Maroc n’a aucune souveraineté sur le Sahara Occidental qu’il occupe depuis 45 ans et reprendre immédiatement l’organisation du référendum d’autodétermination, qui doit redevenir la priorité du Conseil de sécurité et donc de la MINURSO.

La MINURSO n’ayant pas de mandat de protection de la population civile, les signataires en appellent au CICR pour qu’il se rende immédiatement au Sahara Occidental occupé pour une intervention humanitaire.

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