-- -- -- / -- -- --
Nationale

Menace terroriste: La leçon de Tiguentourine

Menace terroriste: La leçon de Tiguentourine

L’Algérie est-elle à l’abri d’un autre attentat terroriste de grande envergure comme celui ayant eu lieu un certain 16 janvier 2013
où la base de vie d’In Amenas, Tiguentourine, a été le théâtre d’une prise d’otages sanguinaire exécutée par les terroristes du groupe

« El-Moulathamoune » ? Une attaque qui avait fait 37 morts parmi les employés de Sonatrach et de British Petroleum dont un Algérien. Deux ans après, le temps est venu de rendre hommage aux victimes.

Le temps aussi de faire un retour sur les événements ayant secoué le site gazier de Tiguentourine et surtout d’en tirer les leçons pour que ce genre d’attaques terroristes ne se reproduise pas sur le sol algérien. Tiguentourine, 16 janvier 2013.

Cette ville du sud de l’Algérie, qui abrite un immense site gazier, un des plus importants du pays, est ciblée par une attaque d’envergure menée par un commando terroriste composé de plus de 30 kamikazes affiliés à la phalange des « Signataires par le sang », dirigée par le tristement célèbre Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Bou El Abbas ou encore Mokhtar « Marlboro ».

Les terroristes, après avoir pris pour cible un bus transportant des employés étrangers de British Petroleum, fort heureusement repoussés par les gendarmes d’intervention (SSI), se sont dirigés, par la suite, vers le site gazier de Tiguentourine où ils ont défoncé le portail, tuant un agent de sécurité algérien. C’est le début du cauchemar.

Des centaines d’employés de Sonatrach et de British Petroleum, algériens et étrangers, seront retenus en otages par les terroristes. Très vite, le commando terroriste s’est scindé en petits groupes de 5 à 6 éléments.

Chaque groupe gardait des dizaines d’otages dans chaque grande chambre et dans les couloirs du site gazier. Munis de ceintures d’explosifs, de kalachnikovs et de roquettes ainsi que de grenades, les terroristes étaient fortement armés et très déterminés à faire un véritable carnage qui restera gravé à jamais dans les annales des prises d’otages dans le monde.

Fort heureusement, les autorités militaires algériennes, très expérimentées dans la lutte contre le phénomène du terrorisme, ont géré cette prise d’otages avec une parfaite maîtrise. D’ailleurs, l’intervention des forces d’élite de l’ANP, de la Gendarmerie nationale et des unités spéciales, par hélicoptères et sur terre, a été menée avec une parfaite maîtrise. Durant 48 heures tout le site gazier était encerclé.

L’intervention des unités spéciales avait permis d’éviter le pire, d’éliminer les membres du commando (32 terroristes) et de sauver plus de 700 employés (algériens et étrangers). Toutefois, l’attaque terroriste a causé la mort de 37 employés, dont un Algérien et 36 étrangers. Deux ans après, les Algériens se souviennent toujours de cette triste attaque suivie par le monde entier.

Le grand travail des gendarmes experts de l’INCC

Les gendarmes experts ont expliqué, durant leurs interventions, comment les unités de l’INCC sont intervenues, ont identifié et traité les empreintes génétiques des cadavres des étrangers tués lors de l’attaque terroriste du site gazier de Tiguentourine.

En présence de spécialistes de nombreux pays, conviés à participer au séminaire organisé, il y a un an de cela à Alger, par le commandement de la Gendarmerie nationale, les gendarmes experts de l’INCC ont expliqué le grand travail accompli par les spécialistes de l’Institut de Bouchaoui, notamment par l’unité spécialisée dans l’identification des cadavres.

Cette unité a eu à intervenir après l’attaque terroriste de Tiguentourine en janvier 2013, où elle a procédé à l’identification de l’ensemble des victimes, mais aussi des terroristes dans des délais très courts et de manière telle que l’opération a suscité l’admiration des responsables et experts étrangers. A la suite de cet attentat terroriste du 16 janvier 2013, l’unité de la Gendarmerie nationale spécialisée dans l’identification des cadavres, constituée de 18 spécialistes, est arrivée sur le lieu de la prise d’otages le 18 janvier 2013, pour procéder aux opérations d’identification des cadavres, que ce soit ceux des victimes ou ceux des terroristes.

Le même jour à 7h30, les 18 gendarmes experts se trouvaient déjà à l’aéroport d’In Amenas et à 11h30, ils étaient à l’hôpital de cette ville pour entamer les prélèvements génétiques sur les corps des étrangers tués lors de la prise d’otages et identifier les auteurs de l’attaque, notamment leur nationalité, leurs armes et leur âge.
Une mission délicate dans la mesure où c’est la première fois que les gendarmes experts de l’INCC procèdent à une opération d’identification aussi vaste. Sur place, ils se sont scindés en deux équipes, composées chacune de 9 spécialistes.

La première équipe s’est chargée de la mission dite « post mortem » qui consistait à relever et codifier les corps et les restes des cadavres, en plus de la description des vêtements et des objets personnels appartenant aux victimes (tels que téléphones, documents, bijoux, montres…), de l’examen externe des corps, particularités morphologiques et anatomiques, et du prélèvement des empreintes digitales par live scan.

Quant à la deuxième équipe, elle était chargée de récupérer les échantillons prélevés par la première équipe mais aussi de recueillir des informations sur les otages tués et de prendre notamment contact avec leurs familles en vue d’obtenir des données qui serviront à la phase appelée « ante mortem ».
L’équipe post mortem, pour sa part, a été encadrée par deux gendarmes, des spécialistes en médecine légale, un odontologue, deux biologistes, deux spécialistes en empreintes digitales et enfin des gendarmes techniciens.

D’autre part, neuf autres gendarmes experts ont été mobilisés pour faire le reste du travail, entre autres, un gendarme gestionnaire de scène du crime, deux spécialistes en incendie-explosion, deux autres en examen de véhicules, un gendarme spécialisé en biologie, deux spécialistes en balistique et enfin un gendarme expert en électronique-informatique.

Rien n’a été laissé au hasard et tout a été passé au peigne fin sur le site gazier. Autrement dit, les étrangers tués lors de cette attaque, revendiquée par le chef sanguinaire Mokhtar Belmokhtar, ont tous été identifiés par les gendarmes enquêteurs de l’INCC.

Il en a été de même pour les terroristes ayant participé à l’attaque. Leur nationalité, leur âge ainsi que leurs armes ont été identifiés par les gendarmes experts. D’ailleurs, certaines armes utilisées par les kamikazes ont été reconnues grâce à leur numéro et leur origine (leur provenance).

A la morgue d’El-Alia

Quelques jours après la mission de Tiguentourine, les gendarmes chevronnés de l’INCC ont transporté les cadavres des étrangers ainsi que ceux des terroristes abattus par les services de sécurité à la morgue d’El-Alia. Sur place, les gendarmes experts de l’Institut de Bouchaoui ont accueilli des spécialistes étrangers, dépêchés par leurs gouvernements respectifs afin d’identifier leurs ressortissants tués lors de l’attaque du site gazier de Tiguentourine.

A la morgue d’El-Alia, deux experts algériens de la GN étaient présents, notamment un biologiste et un spécialiste en empreintes digitales. A leurs côtés, 18 experts étrangers étaient également présents, dont six Norvégiens (deux pathologistes, deux odontologues, un en empreintes digitales et un photographe), en plus de cinq spécialistes britanniques et sept autres japonais. Sur place, les 18 experts étrangers ont été surpris par le travail accompli par les gendarmes experts de l’INCC.

La technicité avec laquelle les gendarmes algériens ont agi, durant leur mission à Tiguentourine, a épaté leurs homologues britanniques, japonais et norvégiens. D’ailleurs, les résultats obtenus, suite aux prélèvements génétiques réalisés par les experts étrangers, ont été identiques à ceux des gendarmes de Bouchaoui. Sur ce plan, les experts étrangers ont rendu un vibrant hommage à leurs homologues algériens, et ce pour le grand travail accompli dans le cadre de leur mission de grande envergure, une première en Algérie. 

Fort de ses 32 laboratoires de criminalistique, 18 laboratoires de criminologie, 916 équipements techniques et scientifiques de pointe, 124 types de prestations, une unité d’identification criminalistique et une unité de la Gendarmerie nationale pour l’identification des victimes de catastrophes, l’INCC a pu réaliser des centaines d’opérations avec succès depuis sa création le 26 janvier 2004.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email