-- -- -- / -- -- --
Nationale

Manifestation scientifique sur le rôle de l’émigration algérienne

Manifestation scientifique sur le rôle de l’émigration algérienne

« La communauté algérienne à l’étranger pleinement engagée dans la lutte de libération nationale et toujours fière de son appartenance », tel est le thème de la manifestation scientifique de trois jours initiée par l’université Hadj Lakhdar de Batna et dont le coup d’envoi a été donné avant-hier, le 27 octobre 20I4.

Notons d’emblée que l’ouverture officielle de ce grand rendez-vous scientifique a été assurée par le wali, El-Hocine Maâzouz, et ce en présence d’une pléthore de hautes personnalités politiques et scientifiques et du monde de la révolution algérienne.

Etaient présents effectivement à cette cérémonie d’ouverture Chérif Abbas, l’ex-ministre des Moudjahidine, Mohand-Ousaïd Bélaïd, ancien ministre de la Communication, Hamraoui habib Chaouki, ancien ministre de la Culture, Ali Haroun, ex-cadre dirigeant de la Fédération FLN de France, Ahmed Arrad, ex-cadre de la Fédération de France et chercheur en histoire, Samir Chaâbna, ex-journaliste à l’ENTV en accréditation en France et actuel député à l’APN représentant la communauté algérienne en France et d’autres grandes figures du monde politique et scientifique.

C’est dans un air de grande fête que fut donné le coup d’envoi de ces journées d’étude. La fête a été marquée par un numéro folklorique spécifique à la communauté chaouie. En effet, les célèbres chants et danses des Aurès, les Imnayen (cavaliers) sur leurs superbes chevaux danseurs et les arquebusiers qui tiraient des coups de baroud ont impressionné le public.

Après ce numéro artistique qui renseigne fort sur l’âme de la communauté chaouie, El-Hocine Maâzouz et l’immense cortège l’accompagnant se sont directement dirigés vers la salle des expositions des archives. Les visiteurs se sont longuement attardés sur le stand octroyé par Ahmed Arrad tant les documents écrits et photographiques renseignaient à eux seuls sur la dimension de la guerre d’Algérie.

De la multitude des documents exposés, bon nombre d’entre eux étaient inédits. L’exposition a été assurée également par l’équipe des archives nationales et tant d’autres exposants ont attiré les regards et les curiosités.

L’étape suivante se déroula dans l’auditorium de l’université et fut marquée par des discours lus respectivement par le wali, le recteur de l’université Hadj Lakhdar de Batna, Samir Chaâbna et un jeune homme issu de l’émigration. Dans son allocution, El-Hocine Maâzouz a mis en avant l’importance de cette rencontre scientifique et a rappelé la disposition et l’aide des pouvoirs publics envers toute partie engagée dans la construction du pays. 

Quant aux communications, pas moins de quatre ont été programmées pour cette journée d’avant-hier. La première ayant eu pour thème « le rôle et le militantisme de la communauté algérienne et ses amis pour l’indépendance de l’Algérie », a été animée conjointement par Ali Haroun, historien et, rappelons-le, ex-dirigeant de la Fédération FLN de France, et l’intellectuel et ami de l’Algérie, Niels Anderson. 

Les deux conférenciers ont apporté un grand éclairage sur l’impact et le rôle de la Fédération de France. Ali Haroun a dévoilé la partie algérienne et Niels a, quant à lui, dévoilé la partie française. Selon Niels Anderson, beaucoup de Français dont des officiers supérieurs ont préféré subir des sanctions que d’exécuter des ordres qui pouvaient tourmenter à vie leur conscience.

C’est le cas d’un général mis en arrêt pendant 69 jours pour avoir refusé des actes de torture d’Algériens. Un autre militaire a fait fuir un prisonnier algérien condamné à mort et lui-même l’a accompagné dans sa fuite.

En arrivant à Tunis, ce déserteur français écrivit une lettre à son père où il lui expliqua la chose. « Si j’avais accepté que ce prisonnier fut assassiné, mon paternel, je n’oserais plus te voir en face », écrivit ce déserteur français. Notons également qu’Ali Haroun s’insurgea contre les falsificateurs de l’histoire. « Il y a des gens, dit-il, qui parlent des événements alors qu’ils ne les ont pas vécus ; ils n’étaient même pas présents sur ces lieux événementiels.

C’est à ceux qui ont vécu les événements de les raconter ! ». Dans l’après-midi, c’est le moudjahid Moh Clichy, participant aux événements sanglants du 17 octobre I96I, qui se retrouva à la tribune aux côtés des chercheurs Saïd Bezziane et Youcef Menasra pour faire la conférence autour du thème « marche pacifique dans une nuit sombre ». 

Le conférencier Moh Clichy expliqua même les origines du 17 octobre 1961, c’est-à-dire dans tout son contexte. Notons également que du côté des conférenciers algériens, la responsabilité des massacres était imputée au seul préfet de Paris d’alors, Maurice Papon.

Il a fallu l’intervention de Niels Anderson pour révéler ce que les jeunes universitaires algériens ont toujours soupçonné, à savoir que le préfet Maurice Papon n’était en réalité qu’un simple exécutant de la sale besogne. L’intellectuel Niels Anderson a révélé effectivement qu’une équipe de la DST avait son bureau juste à côté de celui du Premier ministre, Michel Debré.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email