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L’OAIC : L’Algérie se détourne du marché français

L’OAIC : L’Algérie se détourne du marché français

L’Algérie vient de procéder à l’achat de plus de 600 000 tonnes de blé tendre auprès de plusieurs fournisseurs européens, pour combler son déficit interne, sans compter sur la France son principal fournisseur. La transaction, qui s’est conclue jeudi dernier, va limiter la dépendance de l’Algérie à l’égard du marché français du blé pour l’année prochaine, ont indiqué des négociants au Jeune Indépendant.

Cette livraison coûtera à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) entre 244.5 et 247 dollars la tonne en incluant le fret. La majorité de la commande sera livrée à l’Algérie en février 2015, tandis que la première tranche arrivera en janvier compte tenu du fait que l’OAIC avait déjà assuré l’approvisionnement du marché algérien en blé jusqu’à janvier prochain. L’OAIC est connue pour être l’un des plus grands importateurs de blé au monde. Jusqu’à ce jour, la plus grande part de ses importations était le blé tendre de France. L’Algérie importe en moyenne 5 millions de tonnes de blé de ce pays.

Cette transaction a été favorisée par la chute du prix du blé cette semaine dans les marchés européens. Le prix de la tonne, qui a perdu 9 à 10 dollars, a encouragé l’OAIC à importer plus de blé.
Les quantités achetées par l’Algérie sont estimées à 2.9 millions de tonnes pour 2014/2015, soit l’équivalent de 450 000 tonnes par mois, alors que les besoins, selon les négociants en blé tendre, sont estimés entre 400 000 et 450 000 tonnes par mois.

Le recours de l’Algérie à des fournisseurs européens va réduire sa dépendance à l’égard de la France qui a exporté vers l’Algérie plus de 7.3 millions de tonnes en 2013. Mais selon nos sources, l’OAIC a décidé de changer de fournisseur en optant pour des fournisseurs européens comme la Russie et la Lituanie, en raison de la mauvaise qualité du blé français cette année, à cause des conditions climatiques, notamment pendant l’été, qui ont impacté de façon considérable la qualité des récoltes. D’autres études françaises affirment également que 80% du blé exporté vers l’Algérie est de mauvaise qualité.

La France avait également procédé au mélange de son blé avec du blé meunier importé de Lituanie et du Royaume-Uni, pour honorer ses contrats avec ses clients, dont l’Algérie. Mais l’OAIC avait précisé qu’il n’accepterait aucune livraison de blé issu de mélanges de différentes origines. Le cahier des charges est clair : les céréales doivent provenir du pays d’origine. L’OAIC insiste particulièrement sur l’indice de Hagberg, qui mesure la qualité boulangère du blé et permet de déterminer s’il pourra être utilisé pour faire du pain. Une partie de la récolte française pèche justement par ce critère, ce qui a poussé l’OAIC à aller directement vers d’autres fournisseurs européens, à savoir la Lituanie, la Russie et le Royaume-Uni.

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