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Nationale

«Les priorités de la diplomatie algérienne : Résoudre les conflits nés à ses portes»

«Les priorités de la diplomatie algérienne : Résoudre les conflits nés à ses portes»

La politique étrangère algérienne n’a nullement l’intention de se départir de ses principes cardinaux qui énoncent que les conflits régionaux et internationaux, se doivent d’être traités dans un cadre de dialogue et par recours à la voie diplomatique.

Ce principe a été rappelé récemment lors du sommet arabe de Charm El Cheikh, par l’entremise du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Le chef de la diplomatie algérienne s’est attardé, en effet, sur le fait que la Constitution algérienne ne permet pas aux soldats de la nation de se battre en dehors du pays. Notre armée a pour tâche de défendre l’intégrité de l’Algérie. Point.

En dehors de cela, aucune partie extérieure ne peut prétendre à un éventuel déploiement de nos forces armées dans de lointaines zones de conflits, précisément au Proche-Orient et au sud de la Péninsule arabique. Cela d’autant qu’il s’agit d’une feuille de route qui servirait incontestablement les intérêts des puissances étrangères à la région, notamment en Syrie, au Yémen et en Irak qui subissent depuis des mois des situations chaotiques.

Le niet algérien serait-il le prélude à la révision de la copie qui suggérerait que la priorité absolue de notre diplomatie est de se repositionner au niveau régional ? Ramtane Lamamra l’a clairement défini devant les dirigeants arabes, récemment en Egypte. « Ne comptez pas sur nous. Allez voir ailleurs ! », a indiqué le ministre algérien des AE devant une assistance médusée. « Les délégations arabes s’attendaient certainement à ce que leurs doléances soient entérinées, sans discuter, par les Algériens. Ils en ont eu pour leurs frais.

L’Algérie n’est le vassal de personne », commente Mohamed Sibachir, enseignant à Sciences Po de Tizi Ouzou, contacté hier par le Jeune Indépendant. « L’Algérie a assez de problèmes à ses portes ; nos décideurs savent très bien où se situent les priorités ; je crois que notre diplomatie est à la veille d’un redéploiement sans précédent dans la recherche de solutions pérennes dans les pays voisins.

Il est attendu de notre pays une implication diplomatiquement agressive dans le rétablissement de la paix et de la quiétude en Tunisie, au Mali, et en Libye notamment », analyse notre interlocuteur. Et d’ajouter : « La priorité est de pacifier ces zones. Tous ces pays constituent des prolongements stratégiques de l’Algérie. La diplomatie algérienne, et cela est un principe né dans les maquis de la Révolution, est intrinsèquement contre toute ingérence étrangère à ses portes ».

D’autres analystes n’omettent pas par ailleurs de souligner qu’une diplomatie « forte » ne sera possible que si les litiges d’ordre régional sont l’objet d’une réelle prise en charge. « Il faut mettre fin à cette atmosphère conflictuelle qui prévaut au sein des pays du Maghreb. On ne sera fort que si nos relations avec le voisin sont fortes et empreintes de bonne volonté à aller de l’avant », relève un diplomate à la retraire.

Cet ancien ambassadeur dans nombre de pays arabes ne comprend pas que les pays du Maghreb n’arrivent toujours pas à se constituer comme un bloc homogène face aux ensembles régionaux de l’hémisphère nord, « alors qu’ils répondent au quart de tour lorsqu’il s’agit d’une convocation, dans le cadre par exemple, du 5+5 ». 

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