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Nationale

Les chemins tortueux du dialogue politique

Les chemins tortueux du dialogue politique

Bien que l’ex-chef de gouvernement Mouloud Hamrouche ait encensé le projet du FFS, celui de la reconstruction du consensus national, il n’en demeure pas moins que cette idée risque de ne pas arracher l’unanimité recherchée par la direction politique du vieux parti de l’opposition.

Un consensus qui est déjà sévèrement critiqué par des partis et des personnalités regroupés autour de la Coordination nationale des libertés et de la transition démocratique, comme des partis islamistes et des partis démocrates et laïcs.

Pour la CNLTD, l’initiative du FFS est venue pour plusieurs objectifs : le premier est de faire sortir les sphères alliées au pouvoir de leur isolement politique et citoyen, de lancer des manœuvres d’arrière-garde en évoquant des consultations complexes et préliminaires, et enfin d’offrir des bouées de sauvetage au clan présidentiel, embourbé dans son projet de révision de la Constitution.

Pour la coordination des libertés, l’opposition a réussi à bâtir un large front d’unité et de solidarité, dont la convergence de vue primordiale est de faire pression sur le pouvoir actuel pour qu’il puisse accepter une nouvelle refondation de la République, basée sur un processus électoral libre, transparent et honnête.

Dans l’entourage de la CNLTD, il n’est pas question d’abandonner la feuille de route rédigée en juin lors du sommet de Zéralda, car il s’agissait d’une plateforme issue de consultations et de pourparlers entre plusieurs sensibilités idéologiques, d’un aboutissement de tractations et d’un partage de diagnostic de la crise politique algérienne.

« On ne peut faire table rase des réalisations accomplies jusque-là par des leaders de l’opposition, juste pour réentamer de nouvelles consultations », nous dit-on. Et pour enfoncer le clou, la CNLTD insiste sur le fait qu’un parti de l’opposition devrait focaliser son effort politique sur le pouvoir et les appareils politiques et partisans qui le soutiennent, et non pas sur des partis politiques de l’opposition. Le chef de Jil Jadid, Djillali Sofiane, le résume assez bien en déclarant que « la coordination cherche à aider le pouvoir à partir, alors que le FFS cherche à le garder et le maintenir ».

Dans cet enchevêtrement des déclarations et des contre-déclarations, la polémique va s’installer durablement, comme une sorte de « parasitage médiatique » sur des démarches politiques dont le citoyen ne comprend plus rien.

Déjà qu’il existe au moins cinq à six initiatives de sortie de crise, voilà que l’opinion publique est déroutée par celles du FFS et de la CNLTD, alors que le pouvoir semble vouloir relancer son projet de révision de la Constitution sur la base d’une entente nationale. D’ailleurs, des informations non confirmées font état d’une éventuelle relance du dialogue politique autour de cette révision, mais sur de nouvelles bases.

Pas de détails sur ce dossier, même si un message assez important du chef de l’Etat est attendu sur ce point précis à l’occasion des festivités de l’anniversaire du déclenchement de la lutte armée. On sait que Bouteflika avait insisté auprès de son chef de cabinet sur le caractère consensuel de la révision de la Loi fondamentale, et il semble bien que le rapport de synthèse promis par Ahmed Ouyahia pour fin août dernier serait rejeté sine die.

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