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Nationale

Le retour du sécuritaire entre Alger et Paris

Le retour du sécuritaire entre Alger et Paris

Le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, va effectuer ce dimanche une visite de deux jours en Algérie. Les dossiers qui fâchent entre Alger et Paris refont surface, l’extrémisme, et les extraditions ont toujours constitués des cartes que la France veut mettre dans la balance dans ses rapports avec Alger. Sa vision dans le traitement de ces dossiers correspond rarement à la philosophie politique de l’Algérie, qui articule ces actions dans une démarche dépouillée de toute atteinte à l’honneur des Algériens fussent-ils en situation irrégulière ou soupçonnés « d’extrémisme ».

Ce déplacement intervient à un moment où la situation politique en France connaît des crispations autour de la loi sur le séparatisme en France. En effet, une partie du dernier discours du président Emmanuel Macron, prononcé le 2 octobre dernier, évoque la nécessité de s’appuyer sur des modèles qui ont fonctionné ou qui devraient potentiellement servir d’inspiration quand il s’agira de construire l’islam de France. «Il est logique que le ministre de l’Intérieur français réfléchisse de manière convergente avec l’Algérie pour la formation des imams. Il est tout à fait normal, alors qu’il est question de certifier des imams en France, de voir comment des instituts de formation à vocation régionale et transnationale fonctionnent », souligne un spécialiste français. Il relève aussi, concernant le volet de l’organisation du culte, l’importance pour la France de l’organisation commerciale du petit et grand pèlerinage (omra et hadj). «A cause de la désorganisation, ces rituels posent un problème financier pour les populations musulmanes françaises. De ce point de vue, en plus de la formation des imams et la mise en place d’un islam des lumières, la manière dont l’Algérie organise les pèlerinages est aussi un modèle sur lequel la France veut s’appuyer», ajoute-t-il. De «nouvelles mesures» vont être arrêtées entre Paris et Alger pour renforcer le contrôle et la répression en ce qui concerne la lutte antiterroriste. Cette visite a pour but de renforcer les échanges de renseignements pour lutter notamment contre le terrorisme. L’objectif est aussi d’avoir une coopération plus forte entre les structures et institutions préexistantes, entre la Direction générale française de la sécurité intérieure (DGSI) et les services de sécurité algériens en vue d’ une meilleure connaissance des profils terroristes. 231 étrangers, majoritairement des Algériens, ont reçu un ordre d’expulsion émanant du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Selon plusieurs médias français, le ministre français de l’Intérieur a ordonné, vendredi dernier lors d’une réunion avec les préfets de France, l’expulsion de 231 étrangers, dont les ressortissants algériens figurant sur le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Le ministre français compte demander aux autorités locales de récupérer les ressortissants algériens radicalisés et en situation irrégulière en France, avant de rejoindre la Tunisie pour les mêmes raisons. Gérald Darmanin a également décidé que «le statut de réfugié accordé ne le soit plus de manière automatique», remettant ainsi en question le droit d’asile. Selon les médias français, 180 personnes actuellement emprisonnées sont concernées par la décision d’expulsion et 51 autres en liberté seront interpellées.

La coopération entre l’Algérie et la France permet de déjouer des attaques sur le territoire français et de prévenir de possibles attentats qui pourraient être commis par des personnes venant  de l’espace maghrébin. «C’est cette coopération que les deux pays cherchent à renforcer», a-t-il insisté, tout en soulignant que l’Algérie est un levier plus stable. Lors de sa courte visite dans la capitale algérienne, Gérald Darmanin rencontrera le ministre des Affaires religieuses. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique du président Macron concernant l’islam en France et son objectif d’encadrer et de contrôler davantage l’activité des associations islamiques et des structures d’enseignement coranique en France. Il y a une volonté de faire le point sur l’état des relations entre les deux pays sur le plan du culte puisque l’Algérie forme des prédicateurs qui sont envoyés en France dans le cadre d’accords bilatéraux conclus via le ministère des Affaires religieuses.

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