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Nationale

La douane sur le qui-vive

La douane sur le qui-vive

L’émergence des groupes armés, l’intensité des combats et la longévité de la fermeture des frontières avec la Libye, le Mali, la Tunisie et le Niger ont permis aux contrebandiers, qui se comptent par milliers, d’intensifier leurs activités malgré la présence, importante, des forces de sécurité déployées aux frontières, voire sur les « fronts ».

L’année 2014 a enregistré un record en matière de saisies de marchandises, d’armes, de drogues et, surtout, d’interceptions de convois de contrebandiers sur le point de franchir les frontières algériennes pour aller vers les pays voisins avec des tonnes de denrées alimentaires, de fer, de carburants, de matériaux de construction, ou encore avec des cargaisons d’armes et de cannabis, à bord de camions et de véhicules tout-terrain.

Les frontières algériennes ont connu, cette année, un regain d’activités sans précédent des réseaux de la contrebande, où un record en matière de saisies de marchandises a été réalisé par les services de sécurité tous corps confondus.

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, les gardes-frontières (GGF) relevant de la Gendarmerie nationale ont réussi à saisir un nombre impressionnant de tonnes de cannabis. Plus de 100 tonnes de kif traité ont été récupérées par les GGF aux frontières.

Ces quantités s’ajoutent à d’autres saisies par les éléments de la Police des frontières (PAF) et les douaniers, mais surtout par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) qui se sont mobilisées dans la grande lutte contre les narcotrafiquants.
Outre les drogues, les forces de sécurité sont parvenues à saisir plus de 100 tonnes de denrées alimentaires destinées aux groupes armés au Mali, en Tunisie et en Libye, cela sans oublier les réseaux de contrebande subsahariens qui tirent aussi profit de cette situation.

Les réseaux de contrebande ont, durant l’année 2014, amplifié leurs activités en élargissant leur champ d’activité pour atteindre d’autres zones jusqu’ici épargnées par le phénomène. Il s’agit des zones désertes telles que Tamanrasset et Illizi où le trafic d’or, cette fois, a pris de l’ampleur, selon un constat récent fait par la Gendarmerie nationale.

A Tébessa, El Oued, Tlemcen, El Bayadh, Bordj Badji-Mokhtar, Khenchela, Adrar, Timiaouine, ou encore dans les zones enclavées du grand désert algérien, la contrebande a progressé cette année, et ce d’une manière très inquiétante.

Le choix des contrebandiers se porte sur la production nationale, comme le blé, le carburant, la farine, la semoule, le corail, l’or, le ciment, l’huile de table, les câbles électriques et les cheptels. En tonnes et ou en millions de litres, ces produits sont évacués, sous une escorte armée assurée par les contrebandiers, vers les pays voisins.

L’émergence des groupes armés, l’intensité des combats et la longévité de la fermeture des frontières avec la Libye, le Mali, la Tunisie et le Niger ont permis aux contrebandiers, qui se comptent par milliers, d’intensifier leurs activités malgré la présence, importante, des forces de sécurité déployées aux frontières, voire sur les « fronts ».

Chaque jour, l’ANP communique sur des arrestations, des saisies et des interceptions de convois appartenant à des contrebandiers, parfois sur l’élimination de terroristes et la récupération de lots importants de drogue.

Cela n’a jamais été enregistré depuis des décennies, ce qui confirme la montée inquiétante de la contrebande aux frontières. Cette contrebande qui fait nourrir, faut-il le souligner, des milliers de familles pour de nombreux contrebandiers, pendant que d’autres l’utilisent à d’autres fins. En d’autres termes, beaucoup de contrebandiers utilisent ce créneau de trafic pour faire parvenir de la nourriture et du carburant aux réseaux terroristes qui, eux, sont implantés à quelques dizaines de kilomètres du territoire algérien.

Alors que d’autres contrebandiers arrivent même à « exporter » des tonnes de drogue vers la Libye, le Mali, le Niger et la Tunisie pour atteindre ensuite le Moyen-Orient et l’Europe. Ce sont là des constats des services de sécurité algériens après des enquêtes menées lors de chaque opération de saisie de drogues. La situation est alarmante aux frontières alors que l’année 2015 sera là dans quelques jours, une année qui risque d’être plus « agressive » contre l’économie nationale du moment que la contrebande est toujours considérée comme étant l’ennemi juré de l’économie de tout pays. 

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