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Nationale

La crise en Libye: Nouvelle médiation algérienne ?

La crise en Libye: Nouvelle médiation algérienne ?

En déclarant que notre pays rejette toute intervention militaire étrangère dans la crise libyenne et qu’il privilégie une solution politique, notre ministre des Affaires étrangères vient sans doute de dessiner une nouvelle feuille de route pour notre diplomatie dans la région. « L’Algérie est disposée à rechercher un dialogue politique » a déclaré Ramtane Lamamra, tout en indiquant que notre pays fut le premier à appeler à la création du groupe des Etats voisins.

Pour de nombreux analystes, cette déclaration met en lumière le rôle prépondérant de notre diplomatie et renseigne déjà sur le degré ou le niveau de disponibilité stratégique de notre pays face aux défis sécuritaires et politiques des pays voisins. Selon des observateurs, quatre faits majeurs ont fait basculer les opinions et les positions de certains acteurs de la crise libyenne.

D’abord, la résolution de la crise tunisienne, l’an dernier, quand Alger fut au cœur d’une médiation entre les trois protagonistes politiques et chefs des deux blocs en conflit ; ensuite, l’implication algérienne dans les négociations entre le pouvoir central de Bamako et les factions armées des régions nord du Mali.
Troisièmement, l’affaiblissement des influences égyptiennes dans la région, notamment le rejet des sphères libyennes de la mouvance de l’Internationale des Frères musulmans de toute médiation de Sissi, tout comme ce dernier qui ne souhaitait pas inclure dans ses approches futures les partis politiques affiliés à cette Internationale qu’il combattait farouchement dans son propre pays. Enfin, les menaces réelles d’un déferlement de l’organisation EIIC (Etat islamique en Irak et en Cham), connue sous la sinistre appellation médiatique Daech, qui s’apprête à s’installer en Afrique dans le seul pays où les milices armées sont disponibles et ou l’Etat n’existe plus.

Ce sont ces quatre facteurs, ou donnes nouvelles, qui font réagir déjà des personnalités politiques libyennes. Ces dernières avaient appelé l’Algérie à s’impliquer davantage dans la crise interne ; certaines désespérées avaient invité la communauté internationale à venir avec troupes et bagages en Libye pour y instaurer la stabilité et la sécurité. C’est d’ailleurs, dans ces durs moments que certaines rumeurs faisaient état de l’implication de l’armée nationale dans les conflits qui faisaient rage dans la capitale libyenne.

Pourtant, il y a un mois, le groupe des Etats voisins, une structure « informelle » qui regroupe tous les pays frontaliers de la Libye, s’est mis d’accord sur quelques points essentiels : si les questions sécuritaires ont été laissées à l’Algérie pour y résoudre les fortes menaces et l’imbrication du banditisme international avec le terrorisme transnational, c’est au Caire que la question du dialogue politique a été échue. Quelques semaines plus tard, il semble que la donne a changé, puisque Lamamra affirme aujourd’hui que notre pays est plus que jamais disponible à favoriser le dialogue politique en Libye.

Un dialogue est-il possible aujourd’hui dans ce pays meurtri par tant de violences et de divisions ? Quelles sont les sensibilités libyennes qui croient aux influences algériennes ? Des observateurs libyens, de Tripoli ou de Benghazi, notamment dans la société civile, pensent que si de larges franges de la population civile libyenne avaient rejeté les milices et les groupes terroristes, en organisant des marches et des manifestations, c’est un signe politique fort en direction d’Alger.

Car, cette dernière refusait, depuis le début, l’implication des organisations et des milices armées dans la reconstruction des institutions de l’Etat libyen et surtout dans les approches de réconciliation ou de dialogue inter-libyen. Reste à savoir quelles seront les modalités de cette médiation algérienne qui se profile à l’horizon ? -Sera-t-elle regroupée, comme le suggèrent certains observateurs, en compagnie de la Tunisie et du Soudan ? -Sera-t-elle menée sous l’instigation ou la couverture de l’Union africaine ?

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