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Nationale

Journée sans achats: consommateurs et commerçants pas assez convaincus

Journée sans achats: consommateurs et commerçants pas assez convaincus

Depuis quelques mois, plusieurs produits alimentaires et nombre de produits agroalimentaires connaissent une forte hausse des prix. Des augmentations que les commerçants de détail imputent aux grossistes et au manque de contrôle sur les aliments.

Après les produits agricoles et les viandes rouges et blanches, les premiers à connaître une augmentation exponentielle, viennent les légumes secs qui ont connu une hausse vertigineuse, et enfin les fruits et légumes dont certains ont atteint des niveaux inégalés. Exit l’époque où les prix étaient fixés par l’administration centrale. Aujourd’hui, c’est la logique du marché qui prévaut avec l’un de ses principes, la liberté des prix. Soumis à la règle de l’offre et de la demande, les prix sont donc déterminés par le marché.

Et pour exprimer leur colère contre cette hausse des prix des produits de grande consommation, l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement, APOCE, en partenariat avec plusieurs autres associations, a appelé les Algériens à une journée sans achat et à boycotter le shopping et les courses durant la journée d’hier. En clair, la journée sans achat est une manifestation non-violente de boycott des achats pour protester contre la hausse des prix, l’exploitation des populations ou encore la perte des valeurs humaines.

Reprise internationalement par Adbusters, l’opération fut lancée en 1992 par le canadien Ted Dave avec le slogan « enough is enough ! « (Assez c’est assez !).
Un simple tour dans certains marchés et supérettes de la capitale donne les premiers résultats et premières constatations de cette journée sans achat : des centaines de consommateurs en quête d’achat et de consommation, des caddies pleins à craquer, surtout en ce jour de vacances.

Un client donne son point de vue : « Pourquoi se donner la peine d’adhérer à ce genre de phénomène quand il n’y a pas assez de volonté de la part de la société algérienne » ? « Je pense qu’il y a une absence totale de communication et de médiatisation ; si je l’avais su avant, je n’aurais rien acheté, car moi aussi je suis contre cette hausse des prix, et tout le monde d’ailleurs. Je trouve que c’est une bonne initiative, mais l’approche est peu modérée et calculée », confie un consommateur.

Le président de l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement APOCE, Moustapha Zebdi, a répondu aux déclarations de ces consommateurs : « Dans la capitale, le seul marché à ne pas être touché est celui de Birkhadem, par contre les marchés d’Alger-centre comme ceux de Bab El Oued, trois personnes sur dix n’ont pas répondu à cet appel ; ajoutons à cela une grande partie des gens âgés, sur lesquels on se remettra en cause prochainement pour les cibler ».

Certains commerçants ont déclaré qu’il n’y a aucun changement par rapport aux autres journées et que les gens continuent dans leurs habitudes comme si de rien n’était. Ils dénoncent à cette occasion le manque de contrôles des produits alimentaires, la hausse du trafic sur les aliments, et imputent aux grossistes, cette augmentation des prix. Une prise de conscience de la part du consommateur algérien et des commerçants, qui reste selon eux, malgré l’appel à cette journée sans achat, loin des espérances et de l’écho favorable attendu.

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