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Nationale

Hamel comme monnaie d’échange ?

Hamel comme monnaie d’échange ?

Le directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel est aujourd’hui, malgré lui, sous les feux de la rampe.

Il vient brusquement de se rendre compte que les efforts qu’il a déployés depuis son arrivée à la tête de la DGSN pour moderniser et restructurer ce corps de la police, estimé à quelque 200 000 hommes, ne peuvent suffire pour avoir une mainmise totale sur cette institution.

Et il vient de le vérifier à ses dépens. Sa visite avant-hier à Ghardaïa pour désamorcer cette crise qui couvait depuis longtemps, n’a pas freiné l’ardeur des marcheurs qui sont encore sortis hier dans ladite ville pour exiger, ni plus ni moins, que le départ de leur patron.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a répondu à leurs doléances en envoyant sur place le ministre de l’Intérieur Tayeb Belaïz. Le Premier ministre a décidé de dépêcher Belaïz dans la wilaya en vue de s’enquérir de la situation sur le terrain. La décision a été prise après la dégradation de la situation ces dernières heures et le décès de deux personnes.

Les éléments des Unités républicaines de sécurité (URS) se sont à nouveau rassemblés hier devant le siège de la sûreté de daïra, poursuivant ainsi leur mouvement de protestation déclenché dimanche en interpellant le ministre de l’Intérieur, et le Premier ministre, afin qu’ils interviennent pour la prise en charge rapide de leurs doléances. Le déplacement de Hamel ne semble pas avoir suffi à leur faire entendre raison.

Au cours de cette manifestation, les policiers ont brandi des pancartes par lesquelles ils revendiquaient clairement le départ du DGSN, tout en exigeant la présence sur place de Belaïz n’est exclu qu’on ait utilisé cette manifestation pour porter le coup de grâce au DGSN dont les divergences avec Tayeb Belaïz, le ministre de l’Intérieur, sont de notoriété publique.

Cette manœuvre semble dépasser les principaux acteurs, puisqu’on susurre que la lutte au sommet du pouvoir s’est relancée ces derniers jours. Et le nom de l’ancien chef du gouvernement sous Chadli, Mouloud Hamrouche, est murmuré comme étant celui le plus probable à succéder à Bouteflika. Et cette lutte au sommet du pouvoir a fait réagir le principal parti, le FLN qui accuse « quelques manifestants policiers de « troubler l’ordre public » et de « provoquer une anarchie » à travers des manœuvres contre le pays.

Cette sortie du FLN est aussi dirigée contre Ali Benflis qui, lui aussi, a réagi à la situation qui prévaut à Ghardaïa : « Les développements tragiques que vient de vivre cette partie précieuse de notre nation ne sont que la manifestation d’une crise profonde à laquelle une gouvernance mal inspirée, désinvolte et irresponsable n’a pas su ou n’a pas pu apporter une solution à la mesure de son ampleur et de sa complexité », écrit l’ancien chef de gouvernement dans un communiqué.

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