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Nationale

Deuxième vague de Covid-19 : le retour des classes compromis

Deuxième vague de Covid-19 : le retour des classes compromis

La courbe des contaminations au nouveau coronavirus repart à la hausse en Algérie,  à quelques jours de la rentrée scolaire, faisant planer le risque d’une deuxième vague, qui frappe déjà de plein fouet de nombreux pays, dont ceux du voisinage.

Après un court répit, les chiffres des nouveaux cas d’infection à la Covid-19 augmentent depuis dix jours pour atteindre les 200 cas de contaminations en 24 heures, selon les chiffres officiels. L’Algérie recense près de 54 000 cas positifs et plus de 1 840 décès depuis l’apparition du premier cas le 25 février dernier.

Un décompte ramené à la baisse depuis que les cas détectés présumés positifs par radio des poumons (cas TDM+) – une méthode longtemps utilisée faute de tests disponibles et représentant selon les rapports de l’Institut national de la santé publique (INSP) plus de 70 %  de la proportion de cas diagnostiqués – ne sont plus pris en compte.

Pour le Dr Amina Mimouni, réanimatrice à l’hôpital de Béni Messous, la hausse enregistrée dernièrement est le résultat d’un relâchement et d’une sorte de laisser-aller parmi les citoyens desquels dépend la stabilité de la situation sanitaire.  « Les gens ne respectent plus les gestes barrière depuis la levée partielle des mesures de confinement », explique-t-elle, appelant à plus de vigilance, surtout dans les endroits publics clos.

Réaffirmant l’impératif de l’implication des citoyens dans la lutte contre le coronavirus, la spécialiste a insiste sur le rôle des médias dans la sensibilisation et l’accompagnement de la population dans ce contexte extrêmement délicat.

La situation épidémiologique en matière de Covid-19 n’est plus stable. Plusieurs wilayas enregistrent de plus en plus de cas de contamination, à l’instar de la wilaya de Aïn Témouchent, où les autorités locales ont décidé, avant-hier, de fermer tous les magasins, grandes surfaces et d’interdire toutes les activités commerciales et sportives dans les communes des daïras de Béni Saf et Oulhaça pour faire face à cette éventuelle deuxième vague.

Pour le bon déroulement de la reprise des cours, le gouvernement, qui tenait jusqu’ici un discours rassurant, a mis en place des plans exceptionnels d’organisation pédagogique et sanitaire afin d’éviter la propagation du coronavirus au sein de l’école. Mais cela est-il suffisant ?

La rentrée des classes s’annonce compliquée cette année, particulièrement pour les parents qui s’inquiètent pour leurs enfants qui doivent rejoindre les bancs de l’école le mercredi 21 octobre.

Le spectre de la propagation du virus dans le milieu scolaire hante les parents d’élèves, et la batterie de mesures imposées aux établissements scolaires semble ne les rassurer qu’à moitié.

Nabila, mère au foyer, a choisi d’inscrire sa fille dans une école privée qui, pour elle, garantit l’application de la distanciation physique nécessaire et la mise à disposition du matériel adéquat pour éviter la contamination.

«Après concertation avec mon mari, notamment en ce qui concerne le budget familial, nous avons opté bon gré mal gré pour l’inscription de notre fille de six ans dans un établissement privé», confie Nabila au Jeune Indépendant.  « On doit se serrer la ceinture pour la santé de notre fille », ajoute-t-elle.

Pour sa part, Karim, un fonctionnaire de 42 ans, estime que l’école publique est la mieux adaptée en cette situation de crise sanitaire » puisque, selon lui, l’Etat mettra tous les moyens nécessaires à la disposition des écoles publiques pour une bonne prise en charge des élèves.

Habiba, quant à elle, a jugé qu’il était trop tôt pour les élèves de reprendre l’école.  « J’ai beau avoir acheté tout le nécessaire pour protéger mon fils contre une infection à la Covid-19, je ne suis pas rassurée d’envoyer mon enfant à l’école. Pour moi, il est encore trop tôt », explique-t-elle.

Les craintes sont fondées. En France, ce sont 24 structures scolaires qui sont actuellement fermées pour cause de cas de coronavirus.  Nos voisins marocains et tunisiens ont également vu le nombre de cas d’infection à la Covid-19 exploser, atteignant des pics de plus de 3 000 cas de contamination en 24 heures.

Afin d’éviter que les scénarios marocain et tunisien se produisent en Algérie, la population est plus que jamais appelée à respecter scrupuleusement les mesures barrière, notamment la distanciation et le port du masque, seuls moyens pour faire face à une éventuelle deuxième vague et endiguer la pandémie, auquel cas les autorités devront  durcir les restrictions pouvant aller jusqu’à un reconfinement.

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