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Nationale

Des passeports francais pour 40 millions de centimes

Des passeports francais pour 40 millions de centimes

Un réseau de faussaires composé de quatre membres, dont deux sœurs, spécialisés dans la fabrication de faux passeports français, a été démantelé à Annaba par la Gendarmerie nationale.Selon cette dernière, l’un des membres du réseau a porté l’identité d’un ressortissant français en recourant à la falsification du passeport de la victime ainsi que de sa nationalité, et ce à des fins diaboliques.

Le présumé trafiquant, le nommé B. Dj, a déboursé la somme de 40 millions de centimes pour se procurer les documents de la victime d’origine française, décédée il n’y a pas longtemps à Annaba et qui n’est autre qu’un enfant appelé Stéphane, a-t-on encore indiqué.

Dans le cadre d’une enquête ouverte par la Section de recherches de la Gendarmerie nationale d’Annaba juste après le démantèlement d’un réseau de trafic de véhicules, les enquêteurs sont tombés sur un autre réseau, cette fois spécialisé dans le trafic de faux documents officiels et administratifs français. L’affaire a commencé le 11 août passé lorsqu’une voiture de légère a été dérobée à la corniche d’Annaba.

Les gendarmes enquêteurs, en réussissant à récupérer le véhicule qu’ils ont retrouvé caché dans un atelier de réparation mécanique sise au centre-ville de la commune de Sidi Ammar, ont découvert l’existence d’un réseau de trafic de faux passeports français.

Poursuivant leurs investigations, les gendarmes ont également récupéré une autre voiture en date du 6 novembre passé, après que les membres du réseau eurent remplacé la plaque d’immatriculation par une autre fausse. Ce n’est pas tout, les enquêteurs ont exécuté des perquisitions dans les domiciles des trafiquants (après avoir identifié ces derniers).
C’est le cas du nommé B. Dj, 40 ans, qui réside à Bouni.

Il a été arrêté et la perquisition de son domicile a permis aux gendarmes de découvrir des documents administratifs, dont un passeport appartenant à un citoyen français nommé L. S., âgé de 40 ans, né à Toulouse en France et qui s’est installé, voilà quelques années, dans la commune de Bouni à Annaba.

Les gendarmes ont donc saisi un passeport français établi en 2010 par le consulat de France à Annaba, une carte d’identité délivrée en 2008 dans la daïra de Bouni, un permis de conduire délivré en 2009 à Bouni, une carte bancaire française d’une validité d’un an, et enfin une carte de séjour française valable jusqu’au 22 décembre 2015.

L’interrogatoire qui a tout divulgué

Lors de son interrogatoire, B. Dj. a tenté de faire croire aux enquêteurs que les documents français lui appartiennent et qu’il possède une double nationalité (algérienne et française). Cela a mené les gendarmes à procéder à la vérification des documents retrouvés dans l’appartement du présumé trafiquant. Le résultat auquel ils sont arrivés est qu’il s’agit de fausses pièces (faux passeport, fausse carte d’identité, etc.).

En poussant davantage leur enquête, les éléments de la Section de recherches d’Annaba sont arrivés à la conclusion qu’il s’agissait d’un réseau de trafic de faux passeports français, mieux, du même réseau qui est derrière les vols des véhicules commis dans les plages de ladite wilaya.

Le présumé trafiquant B. Dj. a fini par céder face aux preuves flagrantes des gendarmes enquêteurs avouant tout. Il a révélé que le réseau a commencé son activité en 2008 lorsqu’une femme, la nommée A. S. Kh, s’est présentée à lui pour lui proposer un plan de trafic de faux passeports. Cette femme a une sœur (nommée A. A), ex-émigrée en France qui s’est installée à Annaba voilà quelques années de cela.

A.S. Kh a profité de cette situation de sa sœur du moment qu’elle possédait son livret de famille, et voulait utiliser les noms de son époux et de son fils (nommé Stéphane, mort en Algérie et enterré à Sidi Salem) pour falsifier des passeports et autres documents administratifs à des fins financières. C’est ainsi que A.S. Kh. a proposé à B. Dj de lui vendre le livret de famille pour qu’il arrive à avoir la nationalité française, en contrepartie de 40 millions de centimes

B. Dj a accepté l’offre de la femme tout en lui donnant la somme fixée. Il a commencé les démarches auprès du consulat de France à Annaba pour retirer un extrait de naissance de l’enfant Stéphane, et ce dans le but de falsifier le document et de l’utiliser pour fabriquer une fausse carte d’identité française portant son nom.

Le tribunal de Toulouse en France a ainsi donné son accord pour l’envoi d’un extrait de naissance de l’enfant Stéphane via le consulat de France à Annaba, suite à la demande effectuée par B. Dj.

Après toutes ces révélations, les gendarmes ont décidé d’aller encore plus loin dans leurs investigations. Une enquête a été menée, cette fois, dans le quartier de Sidi Salem relevant de la commune de Bouni, où les gendarmes ont ciblé la famille A. S. Kh pour obtenir plus de renseignements.

La perquisition du domicile et les 5 000 euros

Dans ce quartier, ils ont appris que la famille A. S. Kh avait bénéficié, il y a quelques mois, d’un nouveau logement à la Cité Bouzaâroura, toujours dans la commune de Bouni, dans le cadre du relogement des familles nécessiteuses.

Les gendarmes ont très vite localisé le nouveau domicile de la famille A. S. Kh. Munis d’une autorisation du procureur de la République, ils ont procédé, le 7 novembre dernier, à une perquisition dans ce domicile. A. A., la sœur de A.S. Kh, âgée de 54 ans, a déclaré aux enquêteurs qu’effectivement son fils Stéphane est né en 1974 et qu’en 1980 il est mort, toutefois sans que sa famille déclare son décès.

Pourquoi la maman de Stéphane n’a pas déclaré son décès le jour même ? Les enquêteurs ont pu trouver la réponse à cette question du moment qu’ils ont découvert dans l’appartement de sa mère un relevé de compte du défunt Stéphane à la BNA (Banque nationale d’Algérie), où la somme de 5 000 euros était sur le point d’être retirée par A. S. Kh avec la complicité de sa sœur, de B. DJ et d’un autre acolyte qui a été arrêté par la suite.

Les quatre présumés trafiquants ont été présentés, mardi, devant le tribunal d’Annaba pour faux et usage de faux, trafic de faux documents administratifs et constitution d’un groupe de malfaiteurs. Ils ont été écroués.

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