-- -- -- / -- -- --


Nationale

Criminalisation du colonialisme : Tebboune mobilise l’Afrique 

Criminalisation du colonialisme : Tebboune mobilise l’Afrique 
Mettre fin à l’impunité.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé, ce dimanche, les pays africains à se mobiliser pour faire reconnaître le colonialisme comme crime contre l’humanité et inscrire sa pénalisation dans le droit international, et ce lors d’une réunion de haut niveau tenue en marge de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, à Addis-Abeba.

Le président Tebboune a affirmé « le soutien plein et constant de l’Algérie à toutes les initiatives de la Commission de l’Union africaine et de ses organes juridiques spécialisés », œuvrant à inscrire explicitement le colonialisme parmi « les crimes internationaux les plus graves ». Dans un message lu en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, il a souligné qu’une telle démarche permettrait de « consolider les principes de responsabilité, de mettre fin à l’impunité et de jeter les bases d’une justice historique équitable ». La rencontre était consacrée à l’examen des implications juridiques de la qualification du colonialisme comme crime contre l’humanité, ainsi qu’à la requalification de certaines pratiques liées à l’esclavage, à la déportation forcée et à la domination coloniale en actes pouvant constituer un génocide contre les peuples africains. Les débats se sont appuyés sur l’étude approfondie élaborée par la Commission de l’Union africaine pour le droit international.

Le chef de l’Etat a salué « une étude rigoureuse et d’une haute tenue scientifique », y voyant « une contribution qualitative majeure à l’édification d’une pensée juridique africaine collective ». Il a souligné que ce travail « met en lumière les conséquences juridiques directes de la reconnaissance du colonialisme comme crime contre l’humanité » et ouvre la voie à « une relecture normative des pratiques d’asservissement, de déplacement forcé et de domination systémique »

Le président Tebboune a également appelé à « une reconnaissance internationale claire et sans équivoque » de la nature criminelle des pratiques ayant marqué la traite, la déportation, l’épuration ethnique, la torture et les politiques d’oppression systématique. Des pratiques qui, selon le chef de l’Etat, « se distinguent par leur ampleur et leur brutalité dans l’histoire contemporaine ».

Dans ce contexte, l’Algérie a fait part de sa disponibilité à mettre à la disposition des instances africaines compétentes « l’ensemble des archives, preuves matérielles et témoignages historiques en sa possession », forte d’une expérience coloniale ayant duré plus de 132 ans. Le message présidentiel a évoqué « les crimes massifs perpétrés pour étouffer la résistance du peuple algérien », y compris l’usage de méthodes prohibées par le droit international.

L’Appel d’Alger, matrice d’un front africain

Le président Tebboune est également revenu sur l’initiative conjointe de l’Algérie et de la Commission de l’Union africaine ayant abouti à la tenue, les 30 novembre et 1er décembre 2025, d’un colloque international sous le thème : « Crimes du colonialisme en Afrique : vers la consécration de la vérité historique et la criminalisation du colonialisme ». Cette rencontre s’est conclue par l’adoption de l’Appel d’Alger, qui recommande notamment la reconnaissance officielle des crimes coloniaux, leur inscription explicite dans le droit international ainsi que le renforcement des mécanismes de documentation et de préservation de la mémoire africaine.

Dans la même dynamique, l’Algérie s’est félicitée de l’adoption de sa proposition visant à instituer une Journée africaine dédiée à la mémoire des martyrs du continent, célébrée chaque 30 novembre, afin de « transmettre aux générations montantes la conscience des sacrifices consentis pour la liberté et la dignité ».

Sur le plan interne, le président Tebboune a qualifié de « pas souverain déterminant » l’adoption le 24 décembre 2025, par le Parlement algérien, d’une loi criminalisant le colonialisme subi par l’Algérie. Il a précisé que ce texte a pour objectif de « fixer les responsabilités juridiques, préserver la mémoire nationale et consacrer le principe d’imprescriptibilité des crimes graves ».

En conclusion, de son intervention, le président de la République a déclaré que « les sacrifices de millions d’Africains pour la liberté et la dignité ne sauraient être relégués à l’oubli ni dilués dans des récits tronqués ». Pour Alger, « la reconnaissance de la vérité historique n’est ni un exercice de mémoire sélective ni un contentieux du passé, mais une exigence morale et juridique », condition d’un ordre international fondé « sur le droit et l’équité, plutôt que sur le rapport de force ».

Il convient de noter que la réunion consacrée à la criminalisation du colonialisme a été marquée par un large soutien à la déclaration présentée par l’Algérie, saluée comme une contribution concrète aux efforts africains œuvrant à faire reconnaître le colonialisme comme un crime et à ouvrir la voie à des réparations.

Les participants ont estimé que l’initiative algérienne s’inscrivait dans une dynamique continentale de réappropriation de l’histoire et de défense de la dignité des peuples africains. Plusieurs intervenants ont souligné que la question des réparations ne relevait plus du seul registre moral, mais constituait désormais une exigence politique et juridique portée collectivement par les Etats africains.

Un hommage appuyé a également été rendu au président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Les participants ont exprimé leur gratitude pour « son engagement constant en faveur de la sécurité, de la stabilité et du développement du continent », ainsi que pour son attachement affirmé à la préservation de la mémoire africaine. Ils ont mis en avant le rôle actif de l’Algérie dans les dossiers stratégiques africains, notamment en matière de paix et de justice historique.

Dans le prolongement de ces discussions, il a été proposé d’adopter le 30 novembre comme « Journée africaine du souvenir des martyrs et des victimes africaines de la traite transatlantique, du colonialisme et de l’apartheid », et ce afin d’inscrire durablement dans le calendrier continental un moment de recueillement et de mobilisation autour des tragédies qui ont marqué l’histoire du Continent africain.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email