Solidarité nationale : Les grandes orientations sociales pour 2026
Achèvement des textes réglementaires, nouvelles structures nationales, cartographie sociale globale et renforcement de l’investissement social, tels sont les principaux points présentés par la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, devant la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Mme Mouloudji a présenté devant la commission une feuille de route sociale qualifiée d’« ambitieuse » pour l’année 2026, faisant savoir que les priorités pour l’année en cours sont « l’achèvement des textes d’application des réformes engagées, la création de nouvelles structures nationales, l’élaboration d’une cartographie sociale globale du pays et le renforcement de l’investissement social ».
Dans ce cadre, la ministre a annoncé, ce mardi, l’inscription de 18 nouvelles opérations d’investissement, ainsi que 66 opérations de réhabilitation et d’équipement d’établissements spécialisés, et ce pour une enveloppe financière globale dépassant 1,5 milliard de dinars.
Mme Mouloudji a tenu à affirmer que son département œuvre à « consolider durablement les acquis sociaux » à travers une politique sectorielle globale reposant sur « le ciblage précis, la transparence dans la gestion et l’actualisation des cadres juridiques et réglementaires », en cohérence avec le programme du président de la République. Elle a souligné que « l’objectif est de garantir une vie digne et de renforcer l’inclusion sociale et économique ».
La ministre a rappelé que la protection des personnes aux besoins spécifiques demeure une priorité stratégique. A ce titre, elle a mis en avant la loi n° 25-01 du 20 février 2025, qui consacre « une approche intégrée combinant prévention, protection sociale et protection judiciaire », tout en garantissant l’accès de cette catégorie à l’ensemble des domaines de la vie. Douze textes réglementaires ont été élaborés pour assurer la mise en œuvre effective de cette loi.
Dans le prolongement de ces réformes, les conditions d’accès à l’allocation forfaitaire de solidarité ont été révisées au profit des personnes aux besoins spécifiques sans revenu, permettant un élargissement du nombre de bénéficiaires.
Sur le plan de l’éducation et de l’enseignement spécialisés, le secteur dispose actuellement de 242 établissements et de 30 annexes, en plus de l’ouverture de 1 645 classes d’intégration scolaire durant l’année scolaire en cours. Une circulaire ministérielle conjointe a été publiée afin de garantir la continuité du bénéfice de l’allocation forfaitaire de solidarité pour les jeunes aux besoins spécifiques lors de leur orientation vers la formation professionnelle.
Réduction portée à 80 % et gratuité généralisée
Mme Mouloudji a indiqué qu’un Centre national de l’autisme a été créé par décret présidentiel, parallèlement à la préparation du lancement de centres spécialisés à l’échelle nationale et de programmes de formation au profit des professionnels et des associations.
En matière d’insertion professionnelle et économique, la ministre a fait état de l’accompagnement de milliers de projets au profit des personnes aux besoins spécifiques, notamment à travers le lancement d’un guide électronique dédié à l’insertion économique. A cela s’ajoute la mobilisation de plus de 1,06 milliard de dinars en 2026 pour l’acquisition d’équipements et d’aides techniques. Les avantages liés au transport ont également été renforcés, avec un relèvement des réductions à 80 % et la généralisation de la gratuité du transport urbain.
Abordant les questions liées à la famille et à la femme, Mme Mouloudji a rappelé le lancement d’un plan national de protection et de promotion de la famille, appuyé par la création de 229 espaces d’écoute et d’orientation à travers 58 wilayas, soutenus par la plate-forme numérique Sanadoukom. Elle a également évoqué le programme Famille productive, destiné aux familles sans revenu, ainsi que la plate-forme Taswiq dédiée à la commercialisation des produits des femmes rurales.
Dans le cadre de l’autonomisation de la femme, la ministre a mis en avant l’installation du Conseil national de la famille et de la femme, la mise en œuvre de programmes d’insertion économique ainsi que le déploiement d’une stratégie nationale de protection des femmes victimes de violence pour la période 2025-2030, soutenue par la plate-forme Himayati.
La ministre a conclu son exposé en assurant de la poursuite des efforts en matière de prise en charge des personnes âgées, de protection de l’enfance, d’accompagnement des enfants assistés et de versement de l’allocation scolaire aux élèves issus de familles nécessiteuses, parallèlement à l’élargissement des programmes de développement social pilotés par l’Agence de développement social.
Lors du débat, les membres de la commission ont appelé à « un passage d’une approche solidaire à une approche fondée sur le droit », soulevant plusieurs préoccupations liées à la revalorisation des allocations sociales, à l’amélioration des conditions professionnelles des travailleurs du secteur, à la protection de l’enfance ainsi qu’à l’adaptation des politiques sociales aux mutations sociales et à la cherté de la vie.
Parmi les autres propositions, les parlementaires ont plaidé pour un plus grand soutien à la femme rurale, l’octroi de microcrédits aux femmes au foyer, la prise en charge du problème du logement au profit des femmes divorcées et des veuves sans revenu ainsi que la révision de l’allocation couffin du ramadan.
Les parlementaires ont également appelé à l’élargissement des centres psychopédagogiques, la création de cellules d’écoute pour les familles en conflit ainsi que l’encadrement juridique de la protection de l’enfance face aux nouvelles formes d’exploitation.