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Corruption : des dossiers chauds devant les juges

Corruption : des dossiers chauds devant les juges

La justice algérienne va examiner dans les prochaines semaines trois importants dossiers de corruption impliquant des sociétés étrangères. Des affaires ayant causé au Trésor public un préjudice évalué à plusieurs milliards de dollars partis en
pots-de-vin et rétro commissions.

Le premier dossier, examiné à partir de dimanche par le tribunal criminel d’Alger, est celui de l’autoroute Est-Ouest. Il met en cause seize personnes et sept sociétés étrangères dans des affaires de corruption, de blanchiment d’argent et de dilapidation de deniers publics.

Le procès, initialement prévu à la fin du mois de mars, a été reporté vu l’absence des avocats d’un des principaux accusés, le consultant international Chani Mejdoub, lequel possède la double nationalité algérienne et luxembourgeoise.

Le second procès, qui passera également devant le tribunal criminel d’Alger, concerne le groupe pétrolier algérien Sonatrach et implique les compagnies italiennes Saipem et allemande Funkwerk.

Ouvert en mars, il a été renvoyé au 6 juin à la demande de la défense, qui a exigé la présence de témoins ne s’étant pas présentés à la première audience. L’ex-PDG du groupe, Mohamed Meziane, deux de ses enfants et huit ex-directeurs exécutifs font partie des 19 accusés, dont sept sont en détention.

Ils sont poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, blanchiment et corruption dans le cadre de marchés conclus de gré à gré avec des compagnies étrangères, ce qui est contraire à la réglementation.

Meziane est soupçonné d’avoir accordé à Funkwerk Algérie des marchés de plus de 110 millions d’euros en contrepartie de cession d’actions à ses deux enfants. Il est aussi soupçonné d’avoir favorisé Saipem, filiale d’ENI, dans un contrat de 586 millions d’euros pour la réalisation d’un gazoduc entre l’Algérie et l’Italie. Le tribunal s’intéressera aussi à la rénovation d’un immeuble de Sonatrach à Alger.

D’un montant de plus de 64 millions d’euros, il aurait été confié de manière illégale à une entreprise étrangère.
Concernant l’autre scandale de corruption, celui appelé Sonatrach 2, il est toujours en cours d’instruction et implique l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Khelil, contre lequel un mandat d’arrêt international a été délivré.

Le troisième gros dossier judiciaire dans le chapitre corruption cette année aura pour théâtre la cour criminelle de Blida. Cette institution judiciaire abritera, le 4 mai prochain, un nouveau procès du groupe Khalifa. Pour rappel, Rafik Khalifa est détenu à Alger après avoir été extradé par Londres à la fin de 2013.

La faillite de son groupe (banque, transport aérien, immobilier, bâtiment, TV, etc.), qui employait 20 000 salariés en Algérie et en Europe, avait causé un préjudice estimé par des avocats entre 1,5 et 5 milliards de dollars à l’État et aux épargnants.

Djilali Hadjadj, président d’une association de lutte anti-corruption, ne considère pas pour autant que ces dossiers soient une volonté des autorités de lutter contre la corruption, mais juste un désir de se débarrasser de ces affaires qui traînent depuis des années et qui gênent.

Dans une déclaration à l’AFP, ce militant anti-corruption en veut pour preuve la non-convocation par la justice de ministres dont les noms sont cités dans ces affaires.
 

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