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Nationale

Ces délaissés de l’ombre

Ces délaissés de l’ombre

Ils sont nombreux à squatter les gares, les arcades des grands boulevards, ou encore les cages d’escaliers … Ils ont pour lit un carton ou des couvertures données par des âmes charitables. 

Enfants, femmes et hommes de tout âge se retrouvent dans la rue, occupent les trottoirs et les cages d’escalier, par centaines de milliers, pour une raison ou une autre. Fouettés par le froid ou terrassés par la chaleur, minés par l’indifférence des autres qui passent sans les regarder. Ce lourd silence ajoute un poids énorme au quotidien infernal où ils font face à la faim, au froid ou à la chaleur.

Les sans-abri, un drame à ciel ouvert. Des histoires et des parcours humains qui viennent se fracasser sur les sols humides des rues, des parcs publics ou encore dans des halls des immeubles.
Beaucoup succombent à ce fléau à cause de maladies, accidents cardio-vasculaires, hypothermie, maladies respiratoires, mais aussi à l’alcoolisme puisque l’alcool reste le seul moyen, pour certains, de retrouver une certaine chaleur dans un corps gelé.

Si le Croissant Rouge Algérien se bat contre la misère des rues, beaucoup d’associations le font aussi. Donner un repas chaud réchauffe le corps mais nourrit surtout ces laissés-pour-compte d’espoirs en un lendemain meilleur lorsque la froide indifférence tue plus que la baisse du mercure.

A l’entrée du parc Sophia, derrière la Grande Poste, en plein centre de la capitale et à quelques dizaines de mètres du siège du Parlement, une quinquagénaire ou peut-être moins la misère fait vieillir est est assise à côté de son fils Karim, 13 ans, les yeux rivés sur son manuel scolaire.

Karim était le premier de sa classe il y a deux ans, lance sa mère avec des larmes que le froid n’a pas pu arrêter. Karim est probablement l’un des rares enfants de la rue à occuper aussi un banc à l’école, contrairement à beaucoup de sans-abri de son âge dont certains errent dans le parc voisin de Port-Said en snifant de la colle dans des sachets qui constitue une sorte d’hallucinogène qui les fait planer loin de leur condition de paria. Miraculeusement, malgré son quotidien dur et douloureux, Karim obtient de bons résultats en classe.

Ce petit bourgeon de la société pourrait s’en sortir si véritablement les consciences venaient à se mobiliser. De leur petite maison à ciel ouvert Karim et sa mère voient défiler chaque jour les cortèges des députés ou des membres du gouvernement en route vers l’APN. Des bolides qui passent vite sans les voir. De nos jours, les députés ont le plus souvent le regard figé sur leurs Smartphones.

Lire aussi sur le thème l’entretien avec la présidente du CRA

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