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Nationale

Caïd Essebci, l’héritier de Bourguiba, remporte l’élection

Caïd Essebci, l’héritier de Bourguiba, remporte l’élection

Le compagnon de route et élève spirituel de feu Habib Bourguiba, Beji Caïd Essebci, qui vient de boucler ses 88 ans, est sorti hier vainqueur au deuxième tour d’un scrutin présidentiel marqué par l’agressivité de son rival, le président sortant Marzouki, soutenu par l’appareil d’Ennahda, qui a manqué terriblement aux règles de la bienséance et de la politesse envers son aîné.

Béji Caïd Essebsi a obtenu plus de 1,7 million de voix au second tour de dimanche dernier, contre plus de 1,3 pour son rival (44,32% des suffrages), a déclaré le président de la commission électorale (ISIE), Chafik Sarsar, cité par l’agence officielle TAP. Béji Caïd Essebsi est le premier président élu démocratiquement depuis l’indépendance en 1956.

L’ancien Premier ministre a déjà gagné il y a un mois les élections législatives puisque son parti Nidaa Tounes a obtenu la première place avec un score de 40%.

En attendant donc la confirmation officielle du résultat définitif, -le clan de Marzouki va sûrement déposer des recours- la Tunisie amorce un virage à 380°. Depuis fin 2011, année de la déchéance de Ben Ali, réfugié depuis en Arabie Saoudite, la Tunisie était gouvernée par une troïka menée par le mouvement islamiste Ennahda.

Durant les trois ans de règne, la situation sécuritaire s’est dégradée au point que des groupes terroristes ont réussi à faire assassiner deux figures emblématiques de la gauche tunisienne, le Mouvement populaire, Chokri Belaïd et Brahmi. En plus, la situation économique est des plus aléatoires pour des millions de Tunisiens qui ont vu leur pouvoir d’achat s’amenuiser au fur et à mesure. 

Des millions de Tunisiens sont dans le carreau et n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Les investissements publics et privés sont aujourd’hui quasi nuls.

Pour Caïd Essebci, la partie est loin d’être gagnée

La Tunisie a dû demander de l’argent au FMI pour payer ses fonctionnaires. Mais cette institution a conditionné son aide à la stabilité politique du pays. Avec la victoire du parti démocrate, Nidaa Tounes, et celle de Caïd Essebci à la présidence de la République, le FMI serait maintenant plus enclin à prêter de l’argent à un pays qui suffoque économiquement depuis deux années consécutives. Mais sur le plan politique, ce pays voisin de l’Algérie, qui a exporté sa « révolution du Jasmin » à d’autres pays arabes, a réussi un véritable coup de maître. En deux mois, il a réussi à organiser trois scrutins, malgré les menaces des groupes terroristes qui ont juré de mettre à feu et à sang la Tunisie.

C’est un véritable pied de nez que les Tunisiens ont fait à cette bête immonde qui menace la stabilité des pays de l’Afrique du Nord. Mais la victoire de Caïd Essebci, qui a promis de visiter l’Algérie pour sa première sortie à l’étranger, est toutefois relative au vu des défis qui attendent le futur président de la République. En pleine campagne électorale, des citoyens du Sud, instrumentalisés par le camp rival, sont sortis dans la rue crier leur désarroi pour des propos attribués à Essebci, lequel s’est défendu de fort belle manière d’avoir prononcé de tels propos à l’égard des citoyens du sud du pays.

Mais à l’inverse, il pourra compter sur le soutien sans faille du prochain gouvernement qui sera désigné au début du mois de janvier prochain. Le prochain exécutif sera constitué en majorité de membres de son parti Nidaa Tounes et de quelques personnalités issues de partis l’ayant soutenu lors de la présidentielle. Le président Caïd Essebci, qui doit donc composer avec les difficultés de l’heure, a déjà reçu les félicitations du président Bouteflika qui sera son très fort allié dans la région.

A l’époque où il était à la tête du gouvernement, après la fuite de Ben Ali, il a été reçu par le chef de l’Etat et une deuxième fois, lorsqu’il a lancé son parti Nidaa Tounes. En élisant Caïd Essebci, les Tunisiens ont montré qu’ils ne font pas de confusion entre le religieux et le politique.

Le retour de l’ordre ancien avec ses normes répressives est quasi impossible. La société tunisienne a radicalement changé. Les gens ont goûté à la liberté de parole, ils se sont habitués à l’existence d’une presse libre et de contre-pouvoirs. 

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