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Nationale

Bouteflika maintient le cap des dépenses publiques

Bouteflika maintient le cap des dépenses publiques

L’avenir ressemble à un scénario catastrophe : un endettement de plus de 60 milliards de dollars en 2020 et des réserves de change épuisées en 2025. Evalué à 262 milliards de dollars et étalé sur cinq ans, le programme est axé essentiellement sur les secteurs de l’éducation, de l’enseignement et de la formation, de la santé et du logement.

Crise financière ou pas, le troisième programme quinquennal (2015-2019) doté de 262 milliards de dollars sera maintenu et les grands projets inscrits seront menés à leur terme.

C’est en substance le message adressé avant-hier par le président Bouteflika à son gouvernement sommé ainsi de parachever le programme quinquennal et insistant particulièrement sur la « maîtrise des coûts » des nouveaux projets. Le programme de Sonatrach, estimé à 90 milliards de dollars sur cinq ans, sera lui aussi maintenu.

Des projets inscrits au titre du deuxième plan 2009-2014 ont vu leur coût dépasser largement leur enveloppe initiale. Des surcoûts dus essentiellement à la non-maîtrise des prévisions budgétaires et aussi au laxisme de certains maîtres d’œuvres.

Le président Bouteflika maintient donc les dépenses publiques à travers les investissements destinés à résorber le chômage estimé, aujourd’hui, autour de 10%, malgré la chute du prix du pétrole qui a atteint un seuil critique de 56 dollars le baril.

Le président Bouteflika a affirmé que l’Algérie dispose d’une « certaine marge de manœuvre » pour faire face à l’actuelle crise du prix du pétrole qu’il a qualifiée d’inquiétante, appelant toutefois à la « rationalisation » de la dépense publique, des importations et de la consommation interne d’énergie.

L’Algérie dispose de près de 200 milliards de dollars de réserves de change. Un montant colossal qui permettrait de couvrir l’équivalent de trois années d’importations au rythme actuel (60 milliards de dollars par an).

Un Etat dépensier

Mais une baisse durable des prix du pétrole conjuguée à un maintien des importations à un niveau élevé affecterait la balance des paiements et donc les réserves de change. Bien qu’il soit conscient de la gravité de la crise pétrolière, le chef de l’Etat a pourtant décidé de poursuivre la politique d’investissements publics, qui demeure le moteur de la croissance et de la création d’emplois.

D’autre part, aucune remise en cause du projet de budget 2015, adopté en novembre par le Parlement, n’a été annoncée à l’issue de cette réunion. Notons que le projet de budget en question prévoit 109 milliards de dollars de dépenses et 57,8 milliards de recettes, soit un déficit de 52 milliards qui sera financé par le fonds de régulation des recettes (FRR) des hydrocarbures. Le président Bouteflika a indiqué que cette marge de manœuvre résulte également « des réserves de change constituées ».

Durant cette réunion, le chef de l’Etat a mis le doigt sur les économies à faire durant cette période de crise pétrolière. Confrontée une fois de plus aux fluctuations du cours du pétrole, l’Algérie prend conscience que son économie ne peut perdurer encore très longtemps.

Malgré les déclarations, l’État algérien n’a pas tout à fait établi de politiques de prudence et de rigueur budgétaires. L’Algérie de 2014 est aujourd’hui face à ses réalités. Subventions sur le carburant, l’électricité et le gaz, le lait, les céréales, aide à la création d’entreprise, au logement, augmentations des salaires des fonctionnaires.

En 2014, les transferts sociaux atteindront les 60 milliards de dollars. Soumis aux fluctuations du prix du baril, l’avenir ressemble à un scénario catastrophe : un endettement de plus de 60 milliards de dollars en 2020 et des réserves de change épuisées en 2025.

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