Agriculture: Les coopératives au cœur de la relance
Les hautes autorités du pays misent résolument sur le renforcement des capacités de l’économie nationale, avec un accent particulier sur l’agriculture, considérée comme un levier central pour accroître le produit intérieur brut et générer des taux de croissance soutenus. C’est ce qu’a affirmé, ce mercredi, le professeur d’économie Ahmed El Hidoussi.
Selon lui, malgré des ressources importantes, le secteur agricole demeure marqué par une évolution en dents de scie, alternant périodes de progression et phases de recul. Cette situation a conduit à l’adoption de nouvelles mesures lors du dernier Conseil des ministres présidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Parmi les décisions phares, figure la création de coopératives agricoles, sur la base des résultats du Recensement général de l’agriculture réalisé l’an dernier.
Le professeur d’économie a expliqué que ce recensement a mis en lumière plusieurs contraintes auxquelles font face les agriculteurs, notamment l’accès limité au matériel agricole moderne. Pour y remédier, il a été décidé de créer un Conseil national de la mécanisation et de confier au groupe public Agrodiv la mission de louer des équipements au profit des coopératives agricoles, dans l’objectif d’accélérer la modernisation de l’activité agricole.
S’agissant de la portée des coopératives, El Hidoussi a estimé que ce modèle constitue aujourd’hui « un choix à la fois stratégique et économique, adapté aux spécificités organisationnelles du secteur agricole national ». Il a souligné que cette orientation pourrait contribuer à réduire la facture des importations alimentaires, évaluée entre 9 et 10 milliards de dollars par an, renforçant ainsi la souveraineté alimentaire du pays et sa capacité à relever le défi de la sécurité alimentaire.
L’Algérie dispose d’environ 40 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 8,5 millions sont actuellement exploités, ce qui laisse entrevoir un potentiel important d’expansion agricole, a-t-il rappelé sur les ondes de la Radio nationale.
Le recensement révèle par ailleurs que près de 1,2 million d’investisseurs activent dans le secteur agricole, dont environ 70 % sont concentrés dans le nord du pays. Les superficies varient entre 4 et 8 hectares par exploitant, des surfaces relativement modestes comparées à celles du Sud, où les exploitations dépassent les 10 000 hectares par investisseur.
Dans le Nord, la majorité des exploitants s’apparentent davantage à des horticulteurs à petite échelle qu’à des investisseurs agricoles de grande envergure, en raison de capacités financières limitées ne permettant pas l’acquisition d’équipements modernes. Or, l’agriculture contemporaine repose sur une intensification de la production appuyée par la mécanisation, les technologies avancées et l’usage d’intrants adaptés, d’où, selon l’expert, l’importance des coopératives en tant que mécanisme de production collective favorisant la mutualisation des moyens, la complémentarité entre agriculteurs et une meilleure organisation des phases de semis, de récolte et de commercialisation, notamment en période de crise.
A ce propos, El Hidoussi a indiqué qu’un nouveau cadre juridique, régissant l’organisation et la gestion des coopératives agricoles, devrait voir le jour avant la fin du mois de mars prochain, conformément aux orientations du président de la République, visant à encadrer efficacement cette démarche stratégique et de consolider la modernisation du secteur agricole au service du développement économique global.