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Nationale

Agression et séquestration de syndicalistes à Sotraz

Agression et séquestration de syndicalistes à Sotraz
Un vrai malaise au sein de Sotraz

Les membres de la section syndicale UGTA de la Société de transport d’Arzew (SOTRAZ), ont été la cible, jeudi, d’une agression inédite perpétrée par d’anciens travailleurs contractuels de l’entreprise et quelques permanents avec la complicité de la direction générale, dans le but d’intimider les syndicalistes et les pousser à la démission, a révélé au Jeune Indépendant le Secrétaire général du syndicat de l’entreprise M. Mohamed Mourad Bendaha. L’agression condamnée par l’Union locale de la wilaya d’Oran aurait pu tourner au drame en causant mort d’homme.  La gendarmerie s’est déplacée sur les lieux pour constater les dégâts.

Les délégués de l’Union de wilaya d’Oran de l’UGTA, ont décidé de reporter les élections de renouvellement du bureau syndical de SOTRAZ, prévues jeudi dernier, après un refus injustifié de la direction générale de leur fournir le listing des travailleurs ouvrant droit au suffrage lorsque ces anciens contractuels étaient rentrés grâce des « invitations » fournies par la direction générale pour participer au suffrage par force, a indiqué vendredi M. Bendaha, expliquant qu’«une cinquantaine d’anciens  travailleurs contractuels ont pu illégalement prendre part à la réunion grâce à des invitations délivrées par la direction générale, et ce dans le seul but de discréditer le bureau actuel ».

Ces contractuels sont devenus des « mercenaires aux ordres du P-DG Abdellah Arar qui leur a fait miroiter un retour à l’entreprise à condition qu’ils dégagent l’actuelle direction de la section syndicale ».  Ces agressions font partie d’une série d’actes de gangsters orchestrés par un P-DG épaulé par des nervis qui l’encouragent dans cette voie nuisible à l’image de l’entreprise et du groupe Sonatrach, estime le syndicaliste.

«Après l’échec de leur plan, préparé la veille dans le bureau du P-DG et en sa présence, ces anciens employés, qui agissent sous l’instigation de la direction générale, se sont dirigés vers le bureau de la section syndicale, démolissant bureaux et chaises  avant de me maintenir en otage pour me forcer à signer ma démission», a fait savoir le SG de la section syndicale.

Bendaha

Le S.G Bendaha encerclé puis malmené par des « contractuels »  (capture vidéo)

« C’est un climat de terreur que veut faire régner le P-DG de SOTRAZ, Arar Abdallah, au sein de l’entreprise, pour terroriser et faire taire tous les travailleurs et à leur tête les syndicalistes qui luttent contre l’ouverture de l’entreprise aux lobbies privés, d’autant que ce P-DG a préparé un cahier des charges pour conclure des prestations avec des transporteurs privés et ce en dépit du refus du conseil d’administration », assure le syndicaliste.

Le même interlocuteur affirme aussi que le P-DG a signé des recrutements pour des chauffeurs suspendus pour gonfler le nombre des votants alors qu’en même temps il veut recourir au privé.

Il a également signalé que les syndicalistes ont tout fait pour éviter qu’il y ait un affrontement entre les travailleurs et ces personnes qui n’ont plus de relation de travail avec l’entreprise, mais le P-DG, qui a promis à ces anciens contractuels de les réintégrer à condition de dénoncer le syndicat et de l’accuser d’être la cause de leur fin de contrat, veut créer la zizanie pour détourner les regards de ses dérives et sa mauvaise gestion.

Le chargé des conflits sociaux à l’Union de wilaya d’Oran de l’UGTA, M. Mourad Arab, a dénoncé ces agressions contre des syndicalistes, qu’il a qualifiés de regrettables, estimant qu’elles ne pouvaient avoir lieu sans une complicité de la direction générale de SOTRAZ.

« Après avoir constaté la présence d’intrus parmi l’effectif de l’entreprise, nous avons exigé un listing complet des travailleurs, afin d’identifier les votants », a expliqué M. Arab au Jeune Indépendant, ajoutant que devant le refus de l’intérimaire du P-DG, Benaouda Kaddar, de remettre ce listing, les représentants de l’UGTA ont décidé de reporter le vote sine die.

«Il est nécessaire que toutes les conditions légales soient réunies pour mener à bien ce vote », a-t-il dit.

Pour mettre un terme à ces tentatives d’intimidation de la part de la direction générale de SOTRAZ, M. Arab a déclaré avoir demandé que la justice soit saisie, relevant qu’un rapport détaillé a été transmis à la direction générale de Sonatrach et à la Centrale syndicale à Alger.

Contacté par téléphone, un représentant de la direction générale a indiqué que le P-DG était absent et qu’il avait confié l’intérim par écrit à Keddar Benaouda.

« Comment peut-on laisser un PDG massacrer une entreprise devant le regard de l’Algérie entière ?», a lancé pour sa part un fonctionnaire de SOTRAZ, témoin oculaire de ce « carnage », qualifiant l’agression perpétrée contre les syndicalistes d’« acte d’incivisme et de barbarie ».

Préférant garder l’anonymat, ce fonctionnaire au sein de l’administration et des moyens (ADM) s’est interrogé comment « les anciens contractuels ont pu accéder à l’intérieur de l’entreprise sans que la sécurité les en empêche. On a assisté à des actes de violences sans précédent ».

Et d’ajouter : « Tout est prémédité par le P-DG, mais comme il se croit rusé, il s’est absenté aujourd’hui (jeudi dernier ndlr) et a laissé l’intérim au directeur Kaddar dans le but de se laver les mains de ce qui s’est passé ».

Des vidéos de l’incident circulent sur les réseaux sociaux montrant l’agression contre M. Bendaha ainsi que le saccage des bureaux de la section syndicale suscitant l’indignation des internautes. Le Jeune indépendant s’abstient de les publier en raison des insultes et des vulgarités proférées par les auteurs des agressions contre M. Bendaha. Les images le montrent entrain d’être agressé et trainé dehors par les assaillants.

Il convient de rappeler que toute personne étrangère à la zone industrielle doit être munie d’une invitation pour y accéder y compris pour les employés de Sonatrach externes à la zone.

Une mesure instaurée depuis l’attaque terroriste contre le complexe gazier de Tiguentourine, en janvier 2013. L’entrée de la zone est, depuis, sous surveillance policière. La zone est aussi truffée de caméras de surveillance où le moindre fait est enregistré.

Lire aussi Le PDG d’une filiale de Sonatrach sur la sellette



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