71e anniversaire du martyre de Didouche Mourad : Le legs des chouhada, un rempart pour la nation
À l’occasion de la commémoration du soixante-et-onzième anniversaire du martyre du commandant emblématique Didouche Mourad, tombé au champ d’honneur le 18 janvier 1955, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tachrift, a appelé ce samedi, depuis Constantine, les générations actuelles à s’approprier l’héritage des martyrs de la Révolution, à en tirer les leçons de courage et de détermination et à faire de ce legs un véritable rempart pour la nation.
Tachrift a affirmé que cette commémoration dépasse largement le cadre d’un simple hommage, déclarant que « ce rendez-vous mémoriel n’est pas une cérémonie de circonstance, mais un moment de fidélité à notre histoire et à notre mémoire collective ». Il a précisé qu’il s’agissait d’« une halte de conscience avec une école authentique de lutte et de sacrifice, incarnée par un chef d’exception », et ce à l’occasion d’une conférence historique consacrée à la figure du chahid Didouche Mourad, chef de la zone Nord-Constantinois et l’un des fondateurs de la lutte armée du 1ᵉʳ novembre 1954, qui s’est déroulée dans l’amphithéâtre principal de la Faculté des arts et de la culture de l’Université du moudjahid Salah-Boubnider, à Constantine.
Rendant hommage à la stature révolutionnaire de Didouche Mourad, Abdelmalek Tachrift a rappelé que le chahid appartenait à cette génération fondatrice qui a su transformer la colère du peuple algérien en un projet politique structuré et une lutte organisée. Déclarant que « Didouche Mourad a su conjuguer l’audace révolutionnaire à la sagesse politique, l’engagement total au sens élevé de la responsabilité », il a ajouté que son parcours demeure une référence pour toutes les générations.
Le ministre a également mis en avant la portée intemporelle du message légué par ce martyr emblématique soutenant que « Didouche Mourad nous a laissé un véritable code de valeurs ». Il a précisé que « l’Algérie se construit par la détermination des hommes et ne se préserve que par les sacrifices des fidèles ». Pour M. Tachrift, cette vérité fondamentale constitue l’un des piliers de la conscience nationale et un rempart contre l’oubli, la banalisation ou la déformation de l’histoire ».
Evoquant la mémoire collective, le ministre a rappelé que « les épopées des martyrs et des moudjahidine resteront à jamais gravées dans la conscience de la nation, inscrites à l’encre de la dignité, de l’honneur et du sacrifice ». Il a ajouté que « les sacrifices consentis par les artisans de la Révolution ne relèvent pas du passé figé, mais d’un héritage vivant, porteur de sens et de repères ».
Abdelmalek Tachrift a, par ailleurs, mis en garde contre les lectures superficielles ou opportunistes de l’histoire nationale. Martelant que « la mémoire révolutionnaire est un dépôt sacré qui exige rigueur, fidélité et responsabilité », il a soutenu que « la préserver, c’est protéger l’unité nationale et renforcer l’immunité morale de la société ».
S’adressant particulièrement aux jeunes générations, le ministre a appelé à une lecture lucide et approfondie de l’histoire. Il a affirmé qu’« il est du devoir des générations d’aujourd’hui de lire ce riche héritage historique avec discernement et clairvoyance », estimant que cette lecture doit permettre « de comprendre l’ampleur des défis actuels et de mesurer la continuité entre les combats d’hier et les enjeux d’aujourd’hui ».
Consolider les fondements de l’État national
Abdelmalek Tachrift établit un lien direct entre la fidélité à la mémoire révolutionnaire et la dynamique actuelle de construction nationale. Il a affirmé que « les défis que connaît l’Algérie aujourd’hui doivent être affrontés avec la même foi, la même résilience et la même détermination que celles qui ont animé nos martyrs ». Il a inscrit cette démarche dans le cadre des réformes et des transformations engagées sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, évoquant « des efforts soutenus et continus dans différents secteurs afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple algérien et de consolider les fondements de l’Etat national ».
Dans une autre séquence marquante de son allocution, le ministre est revenu sur une étape déterminante de l’histoire révolutionnaire, celle de la création, en 1960, de l’état-major général de l’Armée de libération nationale (ALN).
Rappelant que « cette institution a constitué l’un des piliers stratégiques de la révolution algérienne », il a souligné qu’elle a joué « un rôle central dans l’organisation, la planification et la poursuite de la lutte armée contre le colonialisme ». Il a ajouté que l’état-major général a également été un creuset fondamental pour la formation de cadres compétents et disciplinés. Assurant que « ces cadres ont été préparés à assumer, après l’indépendance, la lourde responsabilité de la reconstruction de l’Etat national, de l’édification de ses institutions et de la défense de sa souveraineté », il a mis en exergue la continuité entre l’action révolutionnaire et la construction de l’Algérie indépendante.
Il convient de noter qu’au-delà de l’hommage au héros, cette commémoration s’est affirmée comme un moment de réflexion sur la continuité entre les combats passés et les défis contemporains, rappelant que la fidélité à la mémoire nationale reste un devoir sacré pour chaque citoyen. L’évocation de Didouche Mourad a ainsi pris la dimension d’un rappel structurant s’inscrivant dans une démarche de transmission, de clarification et de réappropriation de l’histoire nationale, avec la forte conviction que la révolution nationale demeure une référence vivante, un engagement permanent et une responsabilité collective que chaque génération se doit d’assumer avec loyauté, conscience et fidélité aux idéaux de Novembre.