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Nationale

50 000 contrebandiers en activité

50 000 contrebandiers en activité

C’est le plus grand nombre jamais atteint celui des contrebandiers qui sont très actifs aux frontières. De Bir El Ater à Tébessa en passant par Maghnia et Bab El Assa à Tlemcen, et de Oued Souf à El Oued, et la liste des villes frontalières est longue, la présence des contrebandiers se fait de plus en plus sentir.

Pas moins de 50 000 sont en activité aux frontières, selon une source sécuritaire bien informée. Celle-ci nous a indiqué que ce nombre considérable est appelé à augmenter, des familles entières étant souvent impliquées dans la contrebande. La fermeture des frontières avec le Mali, la Libye et une partie de la Tunisie, sans oublier bien entendu avec le Maroc, est l’une des raisons de cette montée fulgurante de la contrebande. Ajouté à cela, il y a la conjoncture, soit l’émergence de plus

en plus inquiétante du phénomène du terrorisme dans la région du nord de l’Afrique et le Sahel, ajoute la même source. Puis, en dernier lieu, le taux de chômage important qui frappe les jeunes et les pères de famille des régions du Sud en particulier et ceux des villes frontalières en général, sont aussi un facteur important ayant poussé la profilération de la contrebande.

Combien d’argent gagnent les contrebandiers et les trafiquants ?

Faisant partie du monde du chômage, beaucoup de jeunes algériens issus des villes frontalières, surtout celles du Sud, entre autres Tamanrasset, Bord Badji Mokhtar et El Oued, se sont retrouvés contrebandiers, car le « butin de guerre » est important. Les enquêtes menées par les services de sécurité ont mis au jour les dessous de la contrebande et du trafic de drogue.

D’après ces enquêtes dévoilées pour la première fois, les convoyeurs de drogue gagnent, dans chaque « mission » qui leur est confiée par les barons jusqu’à 100 millions de centimes chacun. Tandis que les contrebandiers touchent 10 millions de centimes pour chaque acheminement de marchandises hors du territoire algérien.

Convoyeurs de drogue et contrebandiers, longtemps traqués par les services de sécurité (GGF, PAF et douaniers), sont considérés comme richissimes. Comment alors le gain tiré par ces derniers de chaque livraison se traduit par des dizaines de millions de centimes ? Les convoyeurs de kif traité, eux, arrivent à gagner jusqu’à 100 millions de centimes par navette.

Du côté des contrebandiers, le gain n’est pas des moindres, ces autres « hors-la-loi » gagnent jusqu’à 20 millions de centimes pour chaque acheminement de marchandises, quelle que soit sa nature, vers les pays voisins. Les contrebandiers et les narcotrafiquants perçoivent de grosses sommes d’argent, versées par les barons de la drogue et les chefs de réseaux de la contrebande. Pour mieux expliquer le phénomène, il est important de donner quelques exemples concrets. Le 17 avril 2012, cinq tonnes de cannabis ont été saisies par les gendarmes de Saïda.

Elles étaient destinées au Mali. En traitant cette affaire, les gendarmes enquêteurs ont interrogé le convoyeur. Ce dernier a fini par avouer qu’il était chargé par des inconnus d’acheminer le cannabis vers la frontière algéro-malienne contre une somme d’argent estimée par lui à 100 millions de centimes. « J’ai reçu 50 % de la somme convenue et le reste je devais le percevoir une fois de retour à Oran », avait expliqué le jeune convoyeur aux gendarmes.

30 ans, l’âge maximum pour devenir un convoyeur de drogue

Qui sont ces transporteurs de drogue et comment les réseaux de trafiquants arrivent-ils à recruter autant de chauffeurs ? La réponse est fournie par les gendarmes, suite à des investigations confortées par les révélations des transporteurs de drogue arrêtés.

Les transporteurs de cannabis ne doivent pas dépasser 30 ans d’âge, exigent les réseaux de trafiquants, alors que le recrutement, lui, cible généralement les jeunes égarés, c’est-à-dire des chômeurs ou des récidivistes ayant déjà fait de la prison pour diverses affaires liées à la criminalité.

Un convoi de cinq tonnes de kif traité a été intercepté à Boubeker (Saïda). Le transporteur arrêté était un jeune de 21 ans. Il révèle avoir perçu 100 millions de centimes, versés par ses « recruteurs », lesquels lui ont promis la même somme s’il réitérait l’opération. Il s’agit là de faits réels dévoilés par le jeune conducteur, qui a fini par tout avouer. Des révélations fracassantes sur le « salaire » versé par ces recruteurs et la destination des 5 tonnes de drogue.

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