-- -- -- / -- -- --
Nationale

16 000 nouveaux enseignants ont fui leurs postes

16 000 nouveaux enseignants ont fui leurs postes

En dépit des efforts consentis par l’Algérie dans le domaine de l’éducation en allouant des budgets importants, la réforme du système éducatif n’a pas atteint ses objectifs. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) met en avant le manque d’expérience des nouvelles recrues de l’éducation. Plus de 24 000 nouveaux enseignants font des cours aux élèves sans avoir été formés, dénonce le syndicat.

La ministre de l’Education nationale avait affirmé que les postes d’enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2014 par des concours, faute de candidats, mais ils le seront par d’autres voies. Une réforme décriée par le CLA qui souligne que plus de 24 000 stagiaires expérimentent les conséquences catastrophiques de cette réforme qui a servi à supprimer des emplois à la rentrée dans le second degré et à imposer une conception du métier, réduite à l’application de quelques « bonnes recettes ».

Selon le syndicat, beaucoup d’entre eux, ont d’ores et déjà, après quelques semaines de cours, le sentiment de ne plus pouvoir faire face. 16 000 enseignants fraîchement recrutés ont déserté l’école, deux mois après la rentrée scolaire, selon les statistiques officielles révélées par la fonction publique hier. Soit 2 enseignants sur 3 ont déposé leur démission, indique le CLA. Les raisons de cette fuite : les candidats reçus au concours national de recrutement doivent assurer un service à temps plein tout en se formant à leur nouveau métier, explique le syndicat. Un rythme dense que le CLA dénonce.

« Chaque semaine, 18 heures de cours, une quarantaine d’heures de préparation, plusieurs heures de formation obligatoire. C’est un rythme infernal », dénonce le conseil des lycées.
Parmi ceux qui, malgré tout, ont tenté l’aventure, 50% des enseignants du premier degré et 45% de ceux du second degré disent songer à quitter ce métier en raison du stress, relève encore la même source.

« On ne peut continuer d’ignorer cette réalité qui se traduit par le risque, dès à présent, de voir des stagiaires renoncer à la carrière qu’ils ont choisie », déclare le CLA, soulignant que cette réforme est un mépris pour le métier de l’enseignant.

« Pour faire réussir les élèves, à la fois un haut niveau de qualification et de formation professionnelle. Nos métiers comme l’avenir de la jeunesse, méritent davantage de respect et d’ambition ». « Ceci sans parler des conditions dans lesquelles l’enseignant exerce son métier (surcharge des classes, discipline, manque de moyens pédagogiques, intrusion des parents d’élèves dans le travail pédagogique harcèlement de la tutelle par des arrêtés qui augmentent la charge de travail de l’enseignant) », lit-on dans le communiqué du CLA.

L’abandon de la réforme actuelle, ainsi qu’une formation didactique et pédagogique renforcées, s’effectuant sur le temps de service, délivrée par des formateurs, sont l’une des solutions « urgentes » proposées par le CLA afin de « limiter le mal qui ronge l’école ». « Une vraie formation au métier d’enseignant qui permettra un aller-retour entre la théorie et la pratique, Formation qui doit être assurée par l’ENS », explique le CLA.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email