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10 000 patients en attente d’une greffe rénale

10 000 patients en attente d’une greffe rénale

Au moins 10 000 patients dialysés sont en attente d’un greffon en Algérie, a indiqué, hier, le professeur Tahar Rayan, chef de service néphrologie du CHU Naffissa Hamoud (ex Parnet), faisant état d’un cruel et « énorme déficit » de reins à greffer.

La greffe rénale en Algérie accuse un retard très important du fait, notamment, d’une insuffisance de dons. Une sensibilisation permanente au don des organes à partir de donneurs cadavériques constitue la solution idéale pour le développement de la transplantation rénale, a estimé le Pr Rayan, lors de son passage hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne.

La résolution du problème de transplantation rénale, auquel sont confrontés, constamment, les insuffisants rénaux chroniques, passe par « l’élargissement du cercle des donneurs, limité actuellement à la seule famille du malade », ne cesse de recommander le spécialiste.

En effet, ils sont environ 1,5 million d’Algériens à souffrir de diverses pathologies rénales, a fait savoir le Pr Rayan. Parmi les 20 000 sous hémodialyse, 10 000 sont dans l’attente d’un improbable donneur pour pouvoir faire l’objet d’une vitale transplantation rénale.

Certes, le nombre d’intervention chirurgicale sur des insuffisants rénaux a augmenté par rapport aux années précédentes, mais cela reste encore trop peu pour venir en aide aux milliers de patients algériens. « Seulement 165 l’ont été durant l’année 2015, par suite d’un don effectué par un parent « , a indiqué le Pr Rayan.

Il signale que depuis 1986, date à laquelle a été effectuée, au CHU de Constantine, la première greffe rénale, seulement 1 600 opérations ont pu être réalisées par les établissements hospitaliers nationaux maîtrisant la technique de transplantation.

Pour illustrer l’extrême détresse des personnes en attente d’un don de rein, le professeur Rayan signale que, chaque année, vient s’y ajouter une centaine d’enfants espérant une transplantation de ce précieux organe.

Problème de mentalité

Le Pr Rayan explique la difficulté de se procurer des organes à greffer par le refus des familles de personnes décédées à consentir à un prélèvement sur leur cadavre, bien que, indique-t-il, la législation algérienne, tout autant que la religion musulmane, qui le considère avec bienveillance, autorisent cette pratique.

Il s’agit, selon lui, d’une question de mentalité, qui amène à développer, sans cesse, des actions de sensibilisation de longue haleine à travers tout le territoire.

Il faut dire que les Algériens n’hésitent plus à faire don d’un organe à un membre de leur famille dans le besoin mais, lorsqu’il s’agit d’un don anonyme, ils restent définitivement plus sensibles. Il reste encore difficile de convaincre une famille de prélever un organe dans le corps d’un proche en situation de mort encéphalique.

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