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Zelensky joue la stratégie de l’illusionniste

Zelensky joue la stratégie de l’illusionniste

A quoi joue l’Ukraine ? Les atermoiements du président Volodymyr Zelensky à propos des accords de Minsk en disent long sur la réelle volonté de Kiev de se positionner durablement dans le camp occidental et défier la Russie. Il semblerait qu’une feuille de route soit établie afin d’amarrer définitivement l’Ukraine au bloc atlantiste, ce qui compromet toute perspective de rapprochement et d’apaisement avec Moscou.

En effet, le président ukrainien sait utiliser les techniques des illusionnistes afin de tromper son monde. Et c’est ce qu’il a fait, il y a quelques jours, à propos des accords de Minsk et du format de Normandie, sensé ouvrir la voie au règlement pacifique du conflit en Ukraine.
L’ancien animateur et comédien, c’était la fonction de Volodymyr Zelensky avant son élection à la tête de l’Ukraine, tente de dédouaner son pays de toute action contraire aux accords de Minsk, et faire porter, par là même, la responsabilité de l’échec à son adversaire russe. Mais là où excelle Zelensky, c’est l’art de l’illusion ! En usant et abusant de la rhétorique de la paix, le chef de l’Etat ukrainien masque une stratégie de prise par revers de la Russie, où Moscou répondrait au délit provoqué de Kiev.
C’est ainsi qu’un haut responsable sécuritaire ukrainien a affirmé que son pays ne recourra pas à la force pour récupérer la Crimée. La raison ?Eviter un grand nombre de victimes parmi la population civile.
« Si nous avions eu aujourd’hui la possibilité de reprendre ces territoires [la Crimée, ndlr], peut-être que nous l’aurions fait. Nous comprenons que cela pourrait causer d’immenses pertes, au premier chef parmi la population civile. Nous ne pouvons pas l’accepter, il nous reste la voie diplomatique, ce sur quoi nous travaillons », a déclaré le secrétaire du conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense Olexiy Danylov dans une interview accordée à la radio Novoïé vremia.
Selon lui, la Crimée « retournera obligatoirement à l’Ukraine », mais les armes qui existent dans le monde moderne menacent de faire augmenter le nombre de victimes de façon exponentielle et excluent un scénario du « retour de la péninsule par la force ».
D’ailleurs, le président ukrainien évite de qualifier publiquement la Russie de pays « ennemi » ou d’« agresseur », ce qui s’apparente à un exercice de grand écart, au moment même où le discours officiel parle d’occupation de la Crimée par la Russie et de séparatisme des « pro-Russes » au Donbass.
A ce propos, l’ancien représentant spécial américain pour l’Ukraine, Kurt Volker, a admis publiquement dans une interview que cette rhétorique « pacifique » de Volodymyr Zelensky en public n’est que de l’hypocrisie, une couverture dont le but est de donner une meilleure image de l’Ukraine.

Zelensky et son allié Trump, unis contre la Russie

En réponse à une interview accordée au journal « Evropeïskaya Pravda », Kurt Volker n’est pas allé par quatre chemins. « Vous devez tenir compte du déroulement des négociations internationales. Et compte-tenu de celles-ci, la stratégie que Zelensky a choisie est, à mon avis, très intelligente. Son but est de montrer au monde que l’Ukraine essaye de résoudre le conflit. Que vous voulez la paix, que vous êtes prêts à négocier et que vous entrevoyez la possibilité d’un compromis. Que vous êtes prêts à vous rencontrer, que vous voulez échanger des prisonniers, que vous êtes très proactifs. Je pense que c’est une tactique raisonnable, car elle désamorce les accusations contre l’Ukraine », a déclaré l’ancien représentant spécial américain pour l’Ukraine.

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Ces propos sont confirmés par certains de ses compatriotes. « C’est un très grand ambitieux, un négociateur redoutable, un pragmatique qui peut être très dur avec ses équipes », affirme le politologue Ruslan Bortnik. « Son image de mec cool et sympa, c’est de la poudre aux yeux, ajoute l’ancienne députée de son parti Hanna Skorokhod. Il est aussi charismatique qu’autoritaire ».
C’est donc avec cette image d’un Obama ukrainien que Zelensky se présente à son peuple et au monde. L’image d’un homme de rupture avec son prédécesseur Petro Porochenko, comme l’a été, en apparence, Barack Obama avec Georges W. Bush.
Ainsi, Kiev semble s’agripper au rôle qui lui a été dévolu par le bloc atlantiste : créer une zone tampon entre l’Europe occidentale et la Russie, et créer suffisamment de nuisance à cette dernière pour la confiner géopolitiquement et l’épuiser économiquement. Un rôle que certains ukrainiens ont accepté pour leur pays depuis la Première Guerre mondiale, où les Autrichiens ont utilisé les populations ukrainiennes contre les Russes tsaristes puis bolcheviques et la Seconde Guerre mondiale où également certaines milices ukrainiennes avaient pactisé avec les nazis contre l’Union Soviétique. Il semblerait que l’histoire se répète depuis le coup de force de l’Euro-Maïdan de 2014 contre le président Viktor Ianoukovytch. Cela sans oublier les milices de mercenaires étrangers « la légion géorgienne » qui recèle des combattants américains ou le bataillon néonazi « Azov » dirigé par le député Andriy Biletsky.
Le président russe Vladimir Poutine a expliqué dans une récente interview les causes de l’exacerbation par les atlantistes des tensions entre la Russie et l’Ukraine. « Parce que toute union de la Russie et de l’Ukraine, ainsi que de leurs capacités et de leurs avantages concurrentiels, conduirait à l’émergence d’un concurrent, d’un concurrent de niveau international pour l’Europe et le reste du monde. Personne n’en veut. C’est pourquoi ils feront tout pour nous mettre de côté », a-il-il déclaré. Tout est ainsi dit. 

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