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Zarif et Kerry se retrouveront à Lausanne mercredi prochain

Zarif et Kerry se retrouveront à Lausanne mercredi prochain

Les grandes puissances et Téhéran reprendront ce mercredi leurs négociations sur le programme nucléaire iranien, ont décidé avant-hier les Etats-Unis et l’Iran après une semaine de tractations marathon qui n’ont pas permis de sceller d’accord avant l’échéance du 31 mars.

Le secrétaire d’Etat John Kerry, qui a passé cinq jours dans un palace de Lausanne avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, était hier à Londres pour consulter ses homologues français, allemand et britannique.

Le nucléaire iranien a fait en outre l’objet d’une conversation téléphonique entre les présidents Barack Obama et François Hollande, Paris étant considéré comme le plus intransigeant du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) dans les négociations avec la République islamique.

Les dirigeants américain et français ont souligné leur détermination à parvenir à un accord qui réponde « pleinement » et de manière « vérifiable » aux inquiétudes de la communauté internationale. Ils ont appelé l’Iran à agir « pour résoudre plusieurs problèmes qui demeurent », a insisté la Maison Blanche.

Les grandes puissances et Téhéran font tout pour trouver d’ici fin mars un accord dit « politique » qui garantirait que l’Iran n’ait jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions.
Mais les pourparlers quotidiens de plusieurs heures du couple Kerry-Zarif à Lausanne, rejoints par les autres pays du 5+1, n’ont rien donné. « On est assez loin d’un accord.

On n’y est pas du tout », avait asséné dès jeudi un négociateur européen. Les patrons des diplomaties iranienne et américaine sont alors convenus de reprendre les discussions à partir du 25 mars. Probablement de nouveau à Lausanne.

Aux yeux du vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, il est « maintenant nécessaire d’avoir plus de consultations et de coordination ». Le département d’Etat a estimé tout aussi « important de nous consulter à haut niveau avec nos partenaires », au cours d’une réunion hier en fin d’après-midi à Londres, entre John Kerry, le Britannique Philip Hammond, l’Allemand Frank Walter Steinmeier et le Français Laurent Fabius. John Kerry a également eu au téléphone le Chinois Wang Yi et le Russe Sergueï Lavrov.

La délégation iranienne est rentrée vendredi à Téhéran pour la fête du Norouz, le Nouvel An iranien. Jeudi soir, le président Obama, dans un message vidéo sous-titré en farsi à l’occasion du Norouz, avait appelé l’Iran à saisir l’« occasion historique de régler ce problème de manière pacifique », grâce à un accord sur son programme nucléaire en suspens depuis plus de 12 ans.

Mohammad Javad Zarif lui a répondu qu’il était « grand temps pour les Etats-Unis et leurs alliés de choisir : pression ou accord ».
Le groupe des 5+1 et l’Iran qui négocient dans ce format depuis 18 mois avaient conclu en novembre 2013 un règlement provisoire prolongé par deux fois.

En cas de règlement politique fin mars, les parties sont convenues de finaliser au 30 juin-1er juillet tous les détails techniques d’un texte complet. L’accord cadre politique fixerait les grands chapitres pour garantir le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes. Il établirait le principe du contrôle des infrastructures de l’Iran, la durée de l’accord et le calendrier d’une levée progressive des sanctions.

Sur ce dernier point, Téhéran et les 5+1 s’affrontent. L’Iran voudrait une levée en une seule fois et immédiatement des sanctions de l’ONU concernant la prolifération nucléaire ; ainsi que la suspension des mesures punitives prises par les Etats-Unis et l’UE qui étouffent Téhéran économiquement et l’isolent diplomatiquement.

Il y a aussi divergence sur la durée de l’accord, dix ou quinze ans, avec une période supplémentaire de surveillance, et sur la période dite de « breakout time », un an, qui laisserait assez de temps au groupe des 5+1 pour réagir si l’Iran violait ses engagements.

Autre point de discorde : la capacité d’enrichissement de l’uranium qui serait laissée à l’Iran et donc le nombre des centrifugeuses. Le chiffre de 6.000 a été évoqué.Le président Obama a promis qu’il ferait tout, y compris militairement, pour empêcher Téhéran d’avoir la bombe.

Mais depuis 2013, il mise sur la diplomatie et a fait d’un rapprochement avec ce pays une priorité. Ce qui met en rage Israël et le Congrès américain. D’où le discours guerrier de Netanyahu devant le Congrès, une entorse au protocole en usage, et la lettre de certains leaders du Congrès américain au Guide de la Révolution iranienne.

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