-- -- -- / -- -- --


Nationale

Youcef Zerrarka : Le gardien de la mémoire nationale

Youcef Zerrarka : Le gardien de la mémoire nationale
Un immense talent s'en va

C’est avec une immense tristesse et une profonde douleur que nous faisons nos adieux, ce mardi 21 avril, à une figure médiatique et nationale d’exception. Il nous quitte physiquement, mais son empreinte demeure en nous. Aujourd’hui, nous ne rendons pas seulement hommage au journaliste et au responsable, mais au « fils adoptif de la Casbah », cet homme qui portait ses ruelles dans son cœur partout où il allait.

Youcef Zerrarka voyait en la Casbah bien plus qu’un simple quartier antique ; il la considérait comme l’âme vibrante de l’Algérie, le réservoir intarissable des récits de résistance et de fierté face à l’occupation française.

Véritable érudit, Youcef dévorait les livres d’histoire avec une insatiable curiosité. Pour lui, chaque date était un repère, chaque archive une boussole. Il ne ratait d’ailleurs aucune occasion, lors des fêtes nationales, pour replonger avec passion dans le récit historique de la nation.
Il ne se contentait pas de lire l’histoire, il la faisait vivre. Tel un chef d’orchestre de la mémoire, il battait le rappel  des historiens Mohamed Harbi et Benjamin Stora, ainsi que d’autres éminents chercheurs de renom.

Sa quête de vérité et sa passion pour la mémoire l’ont amené à côtoyer les plus grands. Il a entretenu des liens étroits avec des historiens de renom tels que Harbi et Stora, qui, au-delà de la collaboration intellectuelle, étaient devenus pour lui de véritables amis. Ensemble, ils ont exploré les nuances de notre passé notamment la nuit coloniale et  croisaient les regards pour éclairer le passé algérien et le transmettre avec rigueur et intégrité.

Mais Youcef n’était pas qu’un homme de dossiers ; il était un homme de culture et d’émotions. Grand mélomane, il était un fervent admirateur de la musique Chaâbi, trouvant dans les textes et les mélodies de El Hadj Mhamed el Anka, El Hachemi Guerrouabi et Amer Ezzahi l’écho de l’âme algéroise.

Pour lui, la Basse Casbah n’était pas qu’un lieu géographique, c’était un refuge spirituel. Il affectionnait particulièrement se rendre à Djamaâ El Kebir, dans ce lieu chargé d’histoire,  pour se resourcer en étant en communion avec son Créateur, loin du tumulte du monde.

Une visite à la Casbah n’avait de saveur qu’en sa compagnie ; avec lui, les pierres se transformaient en récits et les recoins en épopées. Il lisait son histoire comme on lit dans la paume de sa main, invoquant les noms de ses héros avec une immense révérence. Il a défendu la culture nationale avec la même ferveur qu’il a défendue l’histoire de l’Algérie, convaincu que celui qui n’a pas de racines dans « El Mahroussa » n’aura pas d’avenir.

Youcef s’en va aujourd’hui, et la vieille cité perd l’un de ses plus grands amoureux, un homme qui résumait dans ses paroles la fierté de « Dar Es-Soltane » et la profondeur de « Sidi Abderrahmane ».

Repose en paix, Youcef. Tu as accompli ton devoir avec loyauté. Ton souvenir restera aussi parfumé que la brise marine qui caresse les terrasses de cette Casbah que tu as aimée jusqu’à ton dernier souffle.

À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email