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Nationale

Yennayer à Béjaïa : Une coutume célébrée dans sa dimension sociale

Yennayer à Béjaïa : Une coutume célébrée dans sa dimension sociale

Comme chaque année, le nouvel an berbère 2971 a été célébré un peu partout aux quatre coins de la wilaya de Béjaïa. Des festivités culturelles, artistiques, sportives et culinaires ont été organisées par le mouvement associatif, les APC, les établissements culturels et maisons de Jeunes. Les activités préparées pour l’occasion ont débuté plusieurs jours avant.

Ce qui a marqué le nouvel an de cette année, c’est le retour en force, dans certaines localités, du rite ancestral «timechret ou lawziaâ», ou encore offrande. Cette action de solidarité et de fraternité rassemble les habitants d’un même village qui sacrifient plusieurs têtes de bœuf et les partagent ensuite, sans oublier les plus démunis.

Il s’agit de faire renaître yennayer dans toute sa dimension sociale. Ce rite permet, en effet, aux gens de se rassembler, de renforcer les liens de fraternité, d’union et de solidarité entre les gens, comme ce fut le cas par le passé. Il s’agit de suivre le chemin des aïeuls qui ont adopté ce mode de vie pour survire à l’adversité et faire face à la dureté de la vie, ne comptant que sur leur propres efforts, l’effort des bras. C’est ainsi que l’Association du village sud (Tazmalt) a organisé une timechret en faveur des habitants.

Cinq bœufs ont été sacrifiés et la viande a été répartie. Ces bœufs ont été financés par des bienfaiteurs très attachés à cette coutume ancestrale. L’Association du village nord de la ville lui a aussi emboîté le pas en égorgeant plusieurs bœufs dont la viande a été équitablement répartie. Une troisième association a fêté, elle aussi, yennayer à sa façon.

Il s’agit de Tagmat ou Union du quartier Tiouririne qui a, de son côté, organisé une cérémonie de remise symbolique des clefs d’une bâtisse réalisée par les fonds de l’association en faveur d’une famille démunie. Pour cette occasion, un spectacle pour enfants a été animé par un clown. Plusieurs associations ont fait de même à travers la wilaya.

C’est le cas de deux associations de bienfaisance de la ville de Béjaïa. Il s’agit des associations des quartiers Ihaddaden Ouffella et Takliaât, qui ont sacrifié plusieurs bœufs dont la viande a été répartie en faveur des démunis et des habitants, et ce dans un esprit de solidarité, de convivialité, de fraternité et surtout d’union. A Oued Ghir, près de Béjaïa, l’Association des vétérans de la commune (ASOG) a choisi de réunir le public de la commune lors d’un tournoi de football inter-quartiers et de mettre de l’ambiance à l’occasion de ce nouvel an, avec le concours de l’APC.

Elle a regroupé les équipes des villages de la localité, dont Amaâdane, Ibachiren, Taourirt Larbaâ et Oued Ghir-Centre. Côté officiel, l’APC, la direction de la culture et la direction de la jeunesse et des sports ont célébré yennayer au niveau de la casbah de la ville. Le programme, qui a été placé sous le thème de «Yennayer : unité et cohésion sociale», avait prévu des chants traditionnels de la troupe folklorique Emilira de Béjaïa, des déclamations poétiques, la visite d’expositions et une collation.

A la bibliothèque principale, des expositions ont été mises en place, traitant du patrimoine immatériel de la région, du livre amazigh et de sa promotion ainsi que de l’histoire du couscous. Des tableaux de peinture d’un artiste et une conférence sur yennayer faisaient également partie du programme.

Des objets de l’artisanat sont aussi exposés : tapisserie, poterie, vannerie, costume traditionnel, bijoux, forge, objets traditionnels, art culinaire traditionnel, produits agricoles du terroir local (huile d’olive, miel, figues sèches, légumes secs), plantes médicinales et livres. Ainsi, yennayer demeure un patrimoine culturel immatériel, que personne ne peut nier.

a cette occasion d’ailleurs, l’APW de Béjaïa a lancé une initiative consistant à doter les établissements scolaires (primaires, CEM et lycées) de livres en tamazight édités par les éditions Tira et Afriwen, en présence du directeur de l’éducation, du représentant de la direction de l’administration locale de la wilaya de Béjaïa, des élus APW, des élus nationaux et des deux éditeurs de la wilaya, Rachid Oulebsir et Brahim Tazaghart. Plus de 11 000 ouvrages pédagogiques, romans, contes et nouvelles seront choisis par une commission constituée d’élus, de représentants de

l’administration locale, du directeur de l’éducation et de celui de la culture. Ces ouvrages seront remis à la direction de l’éducation, qui les répartira au profit des établissements scolaires de la wilaya. Selon l’APW, «cette première initiative s’inscrit dans l’engagement et la volonté de l’APW de promouvoir l’effort de production et de promotion du livre amazigh».

Pour sa part, la direction de l’action sociale (DAS) a participé à une exposition des activités productives des femmes rurales, initiée par la cellule de proximité de solidarité d’Amizour. A Ighil Ali, l’association Khloulaf N’Soummam et l’Association de Tibouananine (Seddouk) ont célébré yennayer par des activités culturelles et artistiques dans l’esprit de sauvegarde du patrimoine immatériel de la région.

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