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Nationale

Yakouren : Un interminable trajet vers l’école

Yakouren : Un interminable trajet vers l’école

Comme tous les ans, la rentrée scolaire se fait dans des conditions très difficiles pour de nombreux élèves, et ce au grand dam de leurs parents. Aussi, la réalité du terrain contraste grandement avec le discours optimiste, sinon carrément démagogue et mensonger des responsables de la direction de l’éducation de la wilaya de Tizi Ouzou, où dans de nombreuses localités les établissements scolaires n’ont d’école que le nom. C’est le cas des villages Ahmil et Boumanseur dans la commune de Yakouren. Leurs structures sont si fragiles qu’elles risquent à tout moment de s’écrouler. Et pour éviter le pire pour les les écoliers, leurs parents, en commun accord avec les autorités, ont décidé de les inscrire à l’école se trouvant au chef-lieu de commune. Les parents ayant la chance d’avoir un véhicule assurent eux-mêmes le transport de leurs enfants. Pour les autres, leurs enfants font le trajet à pied (3 km pour ceux habitant le village Boumanseur).

Sachant que durant la saison hivernale il neige beaucoup dans la région de Yakouren, il est à se demander comment ces écoliers pourraient marcher sur des chemins enneigés sur une telle distance. La direction de l’éducation de la wilaya n’a pas eu l’intelligence nécessaire de décider et d’ordonner les travaux de réfection nécessaires de ces écoles se trouvant aux villages d’Ahmil et Boumanseur. A l’école du village de Boukses, dans la même commune de Yakouren, la situation n’est guère mieux. Si elle accueille toujours les élèves, les conditions d’enseignement laissent toutefois grandement à désirer. En effet, les problèmes au niveau de cette école sont nombreux. Tout d’abord, il y a un manque flagrant d’encadrement, d’enseignants notamment. Pour pallier cette lacune, les responsables de la direction de l’éducation nationale ont proposé à ce que les élèves du préparatoire et ceux de la première année suivent les cours dans la même classe et en même temps. Une telle proposition est naturellement rejetée par les parents d’élèves. Pour ce qui est de la restauration, faute d’espace on a aménagé la cuisine et le réfectoire dans un simple couloir de l’école.

C’est du jamais vu dans les annales de l’école publique. A cela s’ajoute la détérioration avancée de l’ensemble de la structure éducative. En définitive, cette école du village de Boukses nécessite non seulement de grands travaux de restauration, mais aussi une sérieuse extension pour répondre aux besoins en matière de pédagogie, et ce en plus de son renforcement en ressources humaines. Car il n’y a pas de raison qu’en cette fin de deuxième décennie du troisième millénaire, des enseignants viennent à manquer dans une école, surtout lorsqu’on sait que des centaines de milliers de jeunes diplômés universitaires ne demandent qu’à faire carrière dans l’enseignement. Il convient de signaler par ailleurs qu’au niveau du collège d’enseignement moyen (CEM) Mahyouz-Ahcène de Larbaâ-Nath-Irathen, la situation est catastrophique. Cet établissement éducatif accueille pas moins de 500 élèves lesquels sont issus de 14 villages. Cependant, ce n’est pas tant ce nombre très excessif de collégiens qui cause problème, mais plutôt les structures de l’établissement. Les murs des classes et autres blocs en dur sont fissurés à plusieurs endroits. La peinture s’y détache en grandes couches laissant découvrir la couche

cimentée. Cela est déjà une preuve matérielle que la dernière opération de badigeonnage remonte à très loin. Quand il pleut, de nombreuses classes et autres espaces subissent des infiltrations. Pour absence d’étanchéité sur les toits des bâtiments par ailleurs, ce CEM n’est pas alimenté en gaz naturel. Pourtant, la conduite principale de ce combustible est passée en 2012 juste devant le portail d’entrée. Il est à se demander comment ni la direction de l’éducation ni l’APC de Larbaâ-Nath-Irathen n’ont pas eu l’idée d’alimenter la structure éducative en gaz naturel, notamment la cuisine.

C’est complètement ubuesque. Aussi, vu la situation intenable qui prévaut au CEM Mahyouz-Ahcène de Larbaâ-Nath-Irathen, les parents d’élèves ont dès la rentrée scolaire, soit le 4 du mois en cours, essayé de tirer la sonnette d’alarme. En effet, dans un document cosigné, l’association nationale des parents d’élèves et l’association de wilaya des parents d’élèves ont essayé d’attirer l’attention des autorités sur l’urgence des solutions à arrêter pour mettre fin à cette situation désastreuse. Ce document, dont nous détenons une copie, date du 4 septembre 2019. Et selon des informations en notre possession, aucune commission d’enquête ne s’est déplacée sur les lieux pour constater ne serait-ce que le bien-fondé ou non du contenu de ce document.

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