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Op-Ed

Ya dbayli ana El wahrani.

Après un débit touristique considérable, à encourager, car encourageant, à donner matière inspiratrice aux pouvoirs publics dans une région qui a vu couler le bonheur de l’autoroute ouest avec son flot humain important, la région a fait sa rentrée culturelle. Quelque effort intellectuel émerge enfin du néant annuel !
El wahrani. Le film de la rentrée.

Pour la parenthèse, Al Wahrani, pour nous c’était du bon patrimoine qui a fait notre jeunesse. C’était Ahmed Wahbi dans ses titres éternels chantant les lions d’Oran. C’était Blawi el Houari, très select et très engagé dans ses thèmes. Al Wahrani c’était ya dbayli ana aala zabana. Quelle classe dans le gosier de l’interprète, mouillé par la candeur toute simple ! La sincérité tout juste sincère. Des accords musicaux tout simples. Un synthé bon marché certainement qui fait un vibraphone à deux balles, une guitare sèche, une flûte tristounette, un diki improvisé certainement pour faire office de studio, tous les ingrédients de la simplicité s’entendent dans l’enregistrement… tout s’entend, tout se fond en sourire, en pardon dans la simplicité de cette voix à l’emprunte vocale de Sinatra. Une voix sereine confortée par la gloire de ceux qui ont combattu la colonisation. Ya dbayli yana ! « Pour Zabana, je bâtirais une statue en or à Sidi Blal. En diamant ses yeux, une main armée. Pour glorifier cette jeunesse qui a dit ana à la mort pour que le peuple ait une histoire, une indépendance, une liberté, une gloire, une unité … Ya dbayli ana », dit la chanson.

El Wahrani ! Celui là c’était le vrai. Le blawi qui n’a pas vu l’bla l’atteindre, lui et les siens, lui et nous tous. En douce. L’bla. Le malheur. La confusion. L’égarement. Lui désaccorder le luth. Et la nôtre. La flûte et la nôtre. Le synthétiseur et le nôtre. La voix, la voie… et les nôtres, ya dbayli ana.

El Wahrani a changé. Il devient un message flou véhiculé par un film cofinancé par les assassins de Zabana… ya dbayli ana. 
Aujourd’hui, El Wahrani est un autre poète, un autre philosophe, avec des moyens sophistiqués mais vidés de la pensée. Il devient le titre du film de la rentrée. Ou de notre sortie à tous.

Le film qui fait le cinéma de notre appartenance française, turque, vandale, berbère… zoulou et que sais-je encore ?
Le film qui fait claudiquer notre identité sans aucune rasion.
Le film qui refait à sa manière l’Algérie française sans aucune raison… ya dbayli yana aala Madame de Fontenay qui a dissimulé sa tête de turque sous son chapeau ravi du musée de l’évolution de la porte dorée confié à Benji Stora. 

Le film de la honte pour tous ces novembristes qui regardent, sans force, sans pouvoir, désolés de la grande débâcle qui fait notre ambiance. De Ghardaïa à Tizi, en passant par El Wahrani, ne trouvant bel ordre que d’être une communauté de Bonobos pour l’Algérie, même si l’Algérie souffre de ses ragn… Ya dbayli yana !
Tapons sur le ballon aujourd’hui ou sur la malle ou sur la plage avant de remonter sur l’arbre… Ya dbayli yana.

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