-- -- -- / -- -- --
Nationale

Y a-t-il un remède à la hantise de l’abstention ?

Y a-t-il un remède à la hantise de l’abstention ?

Que faut-il faire pour crédibiliser davantage les élections législatives ? Comment renouer avec une participation honnête et un taux acceptable ? Il est bien évident que pour le gouvernement, l’essentiel de l’enjeu de ce scrutin, est la participation de l’électorat.

Comme plus personne ne se soucie des sondages sur des intentions de vote, aussi les pouvoirs publics que les grands partis politiques, la hantise de l’abstention est là, vivante comme jamais, tel un épouvantail qui fait peur aux acteurs de ces élections.

Dans certains QG des partis en lice, on mesure déjà l’ampleur des dégâts engendrés par les affaires et les scandales. Des affaires de corruption avérées, des dénonciations des témoins, des achats « légaux » de signatures pour valider des candidatures, voire d’intrusion dans les têtes de listes des hommes riches, bourgeois et de multimilliardaires, ont créé un effet « repoussoir » sur l’électorat. L’atmosphère de ces élections est délétère, confuse et pratiquement souillée.

Aucune campagne électorale, aucun affichage, aucune publicité, même dans les réseaux sociaux et l’Internet ne pourrait changer la donne aussi facilement.
Pour une bonne partie de l’opinion publique, ces législatives sont, soit une occasion de promotion sociale, une opportunité unique de réaliser une rente appréciable et d’enrichir ses réseaux administratifs pour conclure des affaires, soit une question de prestige social.

Dans l’inconscient collectif des Algériens, depuis la colonisation, être membre d’une Assemblée parlementaire est synonyme de notabilité, de respect social et surtout de pouvoir. Doublé des avantages de la fameuse « immunité », le statut de député attire presque tout le monde, aussi bien les riches et les nantis que les pauvres et les petits fonctionnaires, aussi bien les universitaires et autres intellectuels que les recalés du système scolaire et les « victimes » de la déperdition scolaire.

Or, rien de répréhensible dans cet attirail des ambitions, c’est dans la nature de toute démocratie. Déjà que les partis politiques trouvent des difficultés énormes pour faire le tri, en raison du nombre impressionnant des candidats.

Mais le problème central est ailleurs, car déposer une candidature est un acte facile, mais voter lors des législatives algériennes est devenu un acte difficile.

Tous les chiffres vont le diront. Depuis les scandales de la fraude « massive » en 1997, les législatives sont les élections les plus « honnies » par l’électorat national, les plus mésestimées et les plus dévalorisées.

C’est vrai qu’on parle de 46% en 2002, de 42% en 2012 ou 36% en 2007, mais des témoignages doutent encore de ces taux, et des observateurs ont vécu et constaté une grande désaffection dans les bureaux de vote durant toute la journée lors des scrutins. Seules l’élection présidentielle et les communales semblent intéresser les Algériens à l’image de la présidentielle de 2004 et de 2009.

Dans les réseaux sociaux, une campagne fait rage en vue de convaincre de ne pas « rajouter de l’eau à la mer », ou d’aider quelqu’un à gagner 30 ou 40 millions de centimes sans contrepartie aucune. Il est de notoriété publique que l’APN ne gouverne pas, ne légifère pas, et ne produit même pas des ministres politisés.

Elle est perçue par le citoyen lambda comme une caisse de résonance, le Parlement est réduit à sa plus simple expression, avec une image « noircie » par des turpitudes et des soumissions au pouvoir exécutif ou aux directions nationales des partis politiques.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le vote, dans les législatives, doit avoir une « profondeur idéologique ».

Dans toutes les démocraties les plus affirmées, ce vote est un vote militant ou citoyen. Ce n’est pas le cas chez nous. Sauf une seule fois, lors des premières élections pluralistes en décembre 1991, qui ont vu une mobilisation incroyable des militants de l’ancien parti islamiste radical, aujourd’hui dissous et disparu.

Nos législatives ne sont pas encore convaincantes, et rien n’a été fait pour les rendre plus « attirantes » à l’électorat. En plus des récents scandales d’achat des places sur les listes, voilà que le ministre de l’Intérieur révèle que la moitié des candidats n’a pas le niveau du BAC et que le tiers n’a pas achevé le cycle moyen.

De quoi « couronner » la mauvaise réputation de nos législatives, censées accoucher de députés aguerris qui produiront des lois et des législations et qui « contrôleront » l’action du gouvernement et des ministres. Dans une atmosphère pareille, sordide et pénible, les législatives de la cuvée 2017 ont pris un mauvais départ.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email