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Nationale

Vol AH5017: La chute de l’avion d’Air Algérie reste inexpliquée

Vol AH5017: La chute de l’avion d’Air Algérie reste inexpliquée

Les experts du Bureau français d’enquêtes et analyses (BEA) n’ont pas pu décrypter les données de la boîte noire qui contenait les enregistrements audio des conversations tenues dans le cockpit du vol AH-5017. « Pour l’instant, les enquêteurs ont pu en extraire la bande magnétique. Or, les données sont inexploitables en raison du dysfonctionnement de la boîte noire », a déclaré avant-hier Rémi Jouty, directeur du BEA. Le responsable a précisé que « les enregistrements se révèlent à ce jour inexploitables en raison vraisemblablement d’un défaut de fonctionnement sans lien avec les dommages résultant de l’accident ». 


M. Jouty a ajouté qu’« il y a du signal sonore enregistré sur la bande, mais ce signal est inintelligible à ce stade », ajoutant que le BEA « s’est tourné vers les meilleurs experts pour tenter de lire le signal ». La boîte noire décryptée qui a enregistré les paramètres du vol a permis aux enquêteurs de retracer la trajectoire de l’appareil depuis son décollage de l’aéroport de Ouagadougou au Burkina-Faso à 1h15 (heure locale), en direction d’Alger. Selon le BEA, l’avion a commencé à ralentir et à perdre de l’altitude deux minutes après avoir atteint sa vitesse de croisière.


M. Jouty a révélé que l’avion « a viré ensuite à gauche, avant de perdre rapidement de l’altitude, avec des changements d’inclinaison et d’assiette très importants ». Et d’ajouter que « la rotation vers la gauche continue jusqu’à la fin de l’enregistrement, et le dernier point enregistré, une seconde avant l’impact, l’appareil se trouve à 500 mètres du sol et sa vitesse est de 740 k/h », a-t-il détaillé. Ainsi, la trajectoire du vol, telle que reconstituée par le BEA, s’est achevée par une descente en spirale et à très grande vitesse.


D’après les enquêteurs, la trajectoire du McDonnell Douglas 83, « conduit à penser que l’avion ne s’est pas désintégré en plusieurs morceaux en vol », et qu’« il a été pulvérisé à son impact au sol après avoir perdu de la vitesse et viré à gauche pour une raison encore indéterminée », a estimé M. Jouty. « Je ne pense pas que l’on puisse, à ce stade, exclure la thèse d’une action délibérée, mais on ne peut pas en dire plus pour l’instant », a-t-il dit. A ce propos, les enquêteurs du BEA n’écartent aucune piste, et s’intéressent également au niveau d’expérience de l’équipage espagnol, ainsi qu’à son éventuelle fatigue au moment du drame.

Par ailleurs, le directeur du BEA indique que cette enquête est « purement technique et n’a pas pour objectif de déterminer d’éventuelles responsabilités pénales ». A ce titre, une enquête a été ouverte par le parquet d’Alger, où le personnel d’Air Algérie est auditionné depuis mercredi dernier. En outre, un rapport d’étape sera publié à la mi-septembre par la commission d’enquête malienne. Quant à l’identification des 116 victimes, le colonel Patrick Touron, chargé de mener une enquête judiciaire, a fait savoir qu’il y a de « fortes probabilités d’identifier les corps de toutes les victimes du crash grâce aux prélèvements retrouvés sur le lieu du drame ».

Pour rappel, le vol AH5017 d’Air Algérie, qui reliait Ouagadougou à Alger, s’est écrasé le 24 juillet dernier à Gossi dans le nord du Mali 50 minutes après son décollage. Au total, rappelons-le, 116 personnes ont péri dans le crash. L’avion avait été loué auprès de la société espagnole Swift Air.

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